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Jeudi de la 7ème semaine de Pâques 

 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !

En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi. Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes UN : moi en eux, et toi en moi. Qu’ils deviennent ainsi parfaitement un, afin que le monde sache que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, ils soient eux aussi avec moi, et qu’ils contemplent ma gloire, celle que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde. Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu, et ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé. Je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que moi aussi, je sois en eux. »

Les lectures de ce jour, à la suite de celles d’hier, ont la couleur des grands adieux. Il y a dans les paroles de saint Paul et dans la prière de Jésus quelque chose de tendre, de grave et de lumineux à la fois.
Comme lorsque le soleil descend lentement le soir, mais qu’il embrase encore tout le ciel.

Dans les Actes des Apôtres, Paul parle aux anciens d’Éphèse. Il sait que des épreuves attendent l’Église. Il sait que le chemin ne sera pas facile. Et pourtant, il ne parle ni avec amertume ni avec peur. Il parle avec amour. « Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir. »
Voilà peut-être l’une des phrases les plus révolutionnaires de tout l’Évangile. Parce que spontanément, nous croyons souvent le contraire. Notre époque nous répète : “Accumule, Garde pour toi.” Et Jésus répond : “Donne… et tu découvriras la joie.”

Saint Paul a compris cela. Sa vie n’a pas été confortable. Franchement, s’il avait laissé des avis sur ses déplacements missionnaires, ils auraient parfois ressemblé à : “Traversée maritime agitée, accueil mitigé, séjour en prison peu reposant.” Et pourtant, il rayonne intérieurement. Parce qu’il a découvert une joie que rien ne peut voler : celle de se donner.

Dans l’Évangile, Jésus prie : « Que tous soient un. » C’est bouleversant : avant sa Passion, Jésus prie pour nous. Oui, pour nous. Pour tous ceux qui croiront en lui à travers les siècles.
Et son plus grand désir, c’est l’unité ; il en parlait déjà hier. Pas une uniformité forcée, ce que certains voudraient sans doute : un Église où chacun penserait la même chose … Non, Jésus désire une communion née de l’amour, comme celle qu’il vit avec son Père et l’Esprit. Saint Cyprien de Carthage écrivait : « L’unité est le lien de la concorde et le ciment de la charité. » Le ciment de la charité… Car sans amour, tout se fissure : les familles, nos paroisses et parfois même nos propres cœurs.
Et Jésus ajoute : « Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée. » Quelle phrase incroyable. Nous pensons souvent que la gloire de Dieu est inaccessible. Mais pour Jésus, la gloire de Dieu, c’est l’amour partagé. Chaque fois qu’un homme pardonne, chaque fois qu’une personne relève une autre, chaque fois qu’un cœur choisit la paix plutôt que l’orgueil, la gloire de Dieu devient visible.
C’est saint Jean Chrysostome qui écrivait : « Si tu ne peux trouver le Christ dans le pauvre à la porte de l’église, tu ne le trouveras pas non plus dans le calice. » Le Christ ne se laisse pas enfermer dans des idées abstraites. Il nous attend dans l’amour concret.

Et puis Jésus dit encore : « Que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux. » Voilà le cœur de notre vie de chrétien : devenir habités par l’amour même de Dieu. Pas seulement admirer Jésus – beaucoup de nos contemporains le font -, mais laisser sa vie circuler en nous.  Et nous voilà déjà, en quelque sorte, à la Pentecôte : vis de l’intérieur ; attends l’Esprit Saint non comme une idée, mais comme une présence.  Dans les deux cas, un vent. Pour une idée, c’est un vent qui ne fait que passer, un « coup de vent » ; pour la présence, cela devient « un violent coup de vent » qui envoie le bateau de l’Église en pleine mer.  Cela fera sans doute tanguer un peu la barque, mais heureuse Église qui tangue, car elle sait que le Seigneur est dans la barque.

Viens Esprit Saint en nos cœurs et envoie du ciel un rayon de ta gloire.  Alléluia !

 Seigneur Jésus,
toi qui veilles tendrement sur ton Église,
garde les pasteurs et les fidèles dans la fidélité à l’Évangile.
Que ton Esprit fasse grandir entre les chrétiens
la communion des cœurs et la joie du service.
Seigneur, nous te prions.

🌍 Seigneur Jésus,
toi qui veux rassembler les peuples dans une même paix,
regarde notre monde blessé par les guerres, les violences et les divisions.
Là où la haine détruit, fais lever des artisans de réconciliation et d’espérance.
Seigneur, nous te prions.

Seigneur Jésus,
toi qui connais les larmes cachées des hommes,
viens rejoindre les personnes malades, seules, 
épuisées ou découragées.
Dépose dans leur nuit une lumière qui relève et une paix que rien ne peut enlever.
Seigneur, nous te prions.

Seigneur Jésus,
toi qui as prié pour l’unité de tes disciples,
apprends à nos communautés la douceur, 
l’écoute mutuelle et le pardon.
Que nos différences deviennent une richesse et non un motif de division.
Seigneur, nous te prions.

Seigneur Jésus,
toi qui appelles des ouvriers pour ta moisson,
éveille dans le cœur des jeunes le désir de te suivre avec confiance.
Suscite des vocations sacerdotales, religieuses et missionnaires
rayonnantes de joie évangélique.
Seigneur, nous te prions.

Seigneur Jésus,
toi qui nous révèles qu’il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir,
fais de nos vies des signes vivants de ta charité.
Que nos gestes quotidiens deviennent des semences de paix et de lumière.
Seigneur, nous te prions.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ;
monde que nous déréglons si souvent 
en ne le respectant pas : Notre Père ...

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...


Aujourd’hui : poser un geste gratuit de bonté comme encourager une personne fatiguée ou écouter avec une vraie attention.
Et intérieurement, redire cette parole de Jésus : « Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir. »

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