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Mardi de la 7ème semaine de Pâques 

 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !

En ce temps-là, Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie. Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés. Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ.
Moi, je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire. Et maintenant, glorifie-moi auprès de toi, Père, de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe. J’ai manifesté ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner. Ils étaient à toi, tu me les as donnés, et ils ont gardé ta parole. Maintenant, ils ont reconnu que tout ce que tu m’as donné vient de toi, car je leur ai donné les paroles que tu m’avais données : ils les ont reçues, ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé. Moi, je prie pour eux ; ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi. Tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi ; et je suis glorifié en eux. Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi. »

Vous venez d’entendre : « La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ. » Voilà une phrase immense, une phrase qui pourrait nous accompagner toute la vie. Et donc, cela veut dire que la vie éternelle commence déjà maintenant. La vie éternelle, selon Jésus, ce n’est pas seulement “vivre longtemps”. Parce qu’honnêtement, vivre éternellement sans café, sans chocolat ou sans vacances risquerait d’inquiéter certaines personnes. La vie éternelle, c’est entrer dans une relation vivante avec Dieu. C’est laisser Dieu habiter notre existence.

Et c’est sans doute, le fond du texte des Actes où nous venons d’entendre Paul qui fait ses adieux aux anciens d’Éphèse. On sent presque son émotion. Paul regarde son chemin : les combats, les larmes, les fatigues, mais aussi la fidélité de Dieu. Et il peut dire : « Je n’ai rien négligé de ce qui était utile. » Quelle belle phrase pour une vie : une vie donnée. Paul parle comme un pasteur, comme quelqu’un qui a aimé profondément. Et l’on découvre une vérité très simple : l’Évangile grandit surtout par des hommes et des femmes qui aiment réellement.

Le psaume aujourd’hui, le même qu’hier nous fait lever les yeux : « Royaumes de la terre, chantez pour Dieu ! » Toute la création est appelée à entrer dans cette joie immense du Ressuscité. Même si parfois nous chantons un peu faux. Ce qui, dans certaines paroisses, est aussi une vraie expérience communautaire de l’humilité chrétienne. Mais Dieu, heureusement, écoute davantage le cœur que la justesse musicale. Et cela sauve beaucoup d’entre nous.

Dans l’Évangile, Jésus prie pour ses disciples. C’est bouleversant de penser que, juste avant sa Passion, Jésus ne pense pas d’abord à lui-même. Il se tourne vers son Père. « Je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire. » Jésus regarde sa vie non comme une réussite humaine, mais comme une offrande d’amour. Il nous révèle que la gloire de Dieu n’est pas la puissance qui écrase, mais l’amour qui se donne jusqu’au bout. Etonnamment, Jésus n’a pas “fait beaucoup de choses” au sens où notre monde l’entend parfois.
Il n’a écrit aucun livre. Il n’a dirigé aucune armée. Il n’a fondé aucune entreprise. Et pourtant, il a changé le monde. Parce qu’il a aimé jusqu’au bout. Voilà sans doute ce que signifie glorifier Dieu : laisser l’amour de Dieu passer à travers sa vie. Parfois, nous nous demandons : “Ai-je réussi ma vie ?”
Alors que l’Évangile pose peut-être une autre question : “Ai-je aimé ?”  “Ai-je laissé Dieu agir en moi ?” Et Jésus n’est pas venu remplir sa mission par contrainte, mais par amour.  François de Sales écrivait : « Il faut tout faire par amour, et rien par force. » La vraie fécondité vient d’un cœur habité.

Et Jésus parle aujourd’hui de sa gloire. Mais la gloire, dans l’Évangile selon saint Jean, n’est jamais une gloire brillante ou écrasante. La gloire de Dieu se révèle dans le lavement des pieds, dans le don total de soi. Augustin écrit, dans le langage de son époque : « Toute la vie du Christ fut une instruction pour nos mœurs. » Autrement dit : le Christ ne nous sauve pas seulement par des paroles, mais par une manière de vivre.
Et cela change profondément notre regard sur nos propres vies.
Peut-être que glorifier Dieu aujourd’hui, ce sera simplement visiter une personne seule, écouter avec patience, pardonner discrètement, accomplir humblement son travail, continuer d’aimer même quand cela coûte.

Entre l’Ascension et la Pentecôte, l’Église apprend justement cela : vivre tourné vers le Père dans la fidélité quotidienne, en attendant l’Esprit Saint.

Oui, viens Esprit Saint en nos cœurs et renouvelle la face de la terre.  Amen ! Alléluia !

 Seigneur Jésus, toi qui gardes ton Église dans l’amour du Père, soutiens le pape, les évêques, les prêtres, les diacres et tous les fidèles appelés à servir ton peuple. Qu’ils deviennent des artisans d’unité et de paix, animés par la joie de l’Évangile. Seigneur, nous te prions.

Seigneur Jésus, toi qui veux rassembler les peuples dans une même espérance, regarde notre monde blessé par les conflits, les violences et les divisions. Fais lever des hommes et des femmes capables de bâtir des ponts là où grandissent les murs. Seigneur, nous te prions.

Seigneur Jésus, toi qui connais les fatigues cachées du cœur humain, viens rejoindre les malades, les personnes seules, les endeuillés et tous ceux qui traversent une nuit intérieure. Que ta présence fidèle devienne pour eux lumière et consolation. Seigneur, nous te prions.

Seigneur Jésus, toi qui as prié pour l’unité de tes disciples, apprends à nos communautés la patience, l’écoute mutuelle et la douceur fraternelle. Que l’Esprit Saint fasse de ton Église une maison accueillante pour tous. Seigneur, nous te prions.

Seigneur Jésus, toi qui mets dans le cœur des hommes le désir de te suivre, éveille des vocations sacerdotales, religieuses et missionnaires. Donne à ceux que tu appelles la liberté de répondre avec confiance et générosité. Seigneur, nous te prions.

Seigneur Jésus, toi qui nous invites déjà à goûter la vie éternelle, fais de nous des témoins lumineux de ton amour. Que nos vies deviennent des paroles d’espérance pour ceux qui cherchent un sens à leur existence. Seigneur, nous te prions.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ;
monde que nous déréglons si souvent 
en ne le respectant pas : Notre Père ...

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...


Aujourd’hui : accomplir une chose simple avec un grand amour. Un appel que l’on reporte. Une visite. Un travail fait avec soin plutôt qu’en vitesse.
Et avant de le faire, prendre intérieurement quelques secondes pour dire : « Seigneur, que cela puisse te glorifier. »

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