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Mercredi de la 7ème semaine de Pâques 

 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !

En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, garde mes disciples unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes. Quand j’étais avec eux, je les gardais unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné. J’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu, sauf celui qui s’en va à sa perte de sorte que l’Écriture soit accomplie. Et maintenant que je viens à toi, je parle ainsi, dans le monde, pour qu’ils aient en eux ma joie, et qu’ils en soient comblés. Moi, je leur ai donné ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu’ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi je n’appartiens pas au monde. Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais. Ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi, je n’appartiens pas au monde.
Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité. De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. Et pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. »

Nous venons d’entendre le testament spirituel de Jésus. Des paroles prononcées juste avant la Passion, comme si le cœur du Christ s’ouvrait entièrement devant ses disciples. Et que dit-il dans sa prière ? « Père saint, garde-les unis dans ton nom. » Quelle demande bouleversante ! Au moment où la Croix approche, Jésus ne prie pas d’abord pour le succès de l’Église, ni pour son influence, ni même pour son efficacité. Il prie pour l’unité. Parce qu’il sait combien les hommes peuvent facilement se disperser. Et il faut reconnaître que l’être humain possède un vrai talent pour cela. Il suffit parfois d’un conseil paroissial ou du choix des chants du dimanche… et soudain, l’expérience de Babel redevient très concrète. Mais Jésus continue malgré tout à croire en nous. Et c’est peut-être déjà un miracle pascal.

Dans les Actes des Apôtres, saint Paul fait ses adieux aux anciens d’Éphèse. C’est un texte d’une grande tendresse. Paul parle comme un père. Il sait que l’Église traversera des combats, des tensions, des fragilités. Et pourtant il remet tout entre les mains de Dieu : « Je vous confie à Dieu et à la parole de sa grâce. » Voilà la vraie sécurité de l’Église : la grâce de Dieu.

Jésus ajoute dans l’Évangile : « Ils sont dans le monde sans être du monde. » Phrase délicate. Cela ne veut pas dire fuir le monde. Le Christ ne nous demande pas de devenir des extraterrestres liturgiques flottant dans l’encens. Même si parfois certains visages pendant certaines longues homélies semblent déjà vivre une expérience de décorporation spirituelle. Non. Être “dans le monde sans être du monde”, c’est vivre au cœur de la société avec une autre manière d’aimer, de regarder, de servir. Un saint peu connu, Diadoque de Photicé écrivait : « Celui qui s’aime lui-même ne peut aimer Dieu ; mais celui qui aime Dieu s’oublie lui-même. » L’unité naît toujours de cet oubli de soi. Lorsque chacun veut absolument avoir raison, dominer ou briller… la communion s’abîme. Mais quand l’amour devient plus grand que l’ego, alors l’Esprit Saint peut circuler. Et saint Basile de Césarée écrit magnifiquement : « L’Esprit Saint établit entre tous une harmonie. » Quelle belle définition de la Pentecôte. L’Esprit ne supprime pas les différences. Il les accorde comme les voix d’un même chant. Nous savons communiquer instantanément avec la planète entière… mais parfois plus difficilement avec notre voisin de palier. Nous avons des milliers de “contacts”… et tant de solitudes.

Alors Jésus prie encore : « Qu’ils soient un. » Non pas une unité forcée. Mais une communion habitée par l’amour.
Entre l’Ascension et la Pentecôte, l’Église apprend justement cela : devenir un cœur disponible à l’Esprit. Car l’Esprit Saint ne crée pas seulement des croyants individuels. Il crée un peuple. Une fraternité. Une maison vivante. Bref, l’Église. Et n’oublions que les saints ne changent pas le monde par le bruit. Ils le transforment par la charité.

Viens Esprit Saint et renouvelle la face de la terre.  Amen, Alléluia !

 Seigneur Jésus,
toi qui gardes ton Église dans l’amour du Père,
fais grandir entre les chrétiens l’unité, la patience et la communion fraternelle.
Que ton Esprit fasse de ton peuple
un signe vivant de paix au milieu du monde.
Seigneur, nous te prions.

Seigneur Jésus,
toi qui connais les blessures des nations,
viens visiter les peuples déchirés par la guerre, la haine et la violence.
Là où les hommes construisent des murs,
fais naître des artisans de dialogue et de réconciliation.
Seigneur, nous te prions.

Seigneur Jésus,
toi qui pries pour ceux que le Père t’a confiés,
regarde les personnes seules, malades, découragées ou rejetées.
Que ta présence fidèle ravive en elles
la lumière de l’espérance.
Seigneur, nous te prions.

Seigneur Jésus,
toi qui sanctifies tes disciples dans la vérité,
apprends à nos communautés à vivre dans la simplicité, l’écoute et le pardon.
Prépare nos cœurs à accueillir le souffle nouveau de la Pentecôte.
Seigneur, nous te prions.

Seigneur Jésus,
toi qui appelles des hommes et des femmes à te suivre,
éveille dans le cœur des jeunes le désir de donner leur vie avec confiance et générosité.
Suscite dans ton Église des témoins joyeux de l’Évangile.
Seigneur, nous te prions.

Seigneur Jésus,
toi qui nous envoies dans le monde pour porter ta lumière,
fais de nous des semeurs de paix et de fraternité.
Que nos paroles réconcilient,
que nos gestes relèvent,
et que notre joie annonce déjà ton Royaume.
Seigneur, nous te prions.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ;
monde que nous déréglons si souvent 
en ne le respectant pas : Notre Père ...

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...


Aujourd’hui : poser un geste concret de communion.
Car chaque petit geste d’unité prépare silencieusement la venue de l’Esprit Saint.

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