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Saint Philippe Néri

 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !

En ce temps-là, Pierre se mit à dire à Jésus : « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre. » Jésus déclara : « Amen, je vous le dis : nul n’aura quitté, à cause de moi et de l’Évangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple : maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle. Beaucoup de premiers seront derniers, et les derniers seront les premiers. »

Remarque très humaine que celle de Pierre : « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre. » N’est-ce pas aussi parfois ce que nous pensons ? Et derrière cette phrase, il y a presque une inquiétude : “Est-ce que cela vaut vraiment la peine ?”
Nous donnons… mais nous aimerions parfois un petit tableau récapitulatif céleste. « Seigneur, j’ai été patient trois fois hier. Vu que ‘était un jour férié, est-ce que ça compte double ? »
Et Jésus répond d’une manière étonnante : « Nul n’aura quitté maison, frères, sœurs, père, mère ou champs à cause de moi et de l’Évangile sans recevoir le centuple. »
Comprenons bien.  Jésus ne promet pas d’abord des biens matériels. Il promet une vie agrandie : « et dans le monde à venir, la vie éternelle ».  Et si vous avez bien écouté, vous avez remarqué ce que c’est cette vie éternelle, dès ici-bas.  Il dit d’abord qu’on a quitté maison, frères, sœurs, mère, père, enfants, terre et lorsqu’il parle de ce qu’on va recevoir : maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres.  Il n’y en a plus que 6 … le père.  On l’a compris, la vie éternelle, c’est d’être avec le Père ; on l’a déjà ici-bas, mais avec des persécutions.  

Et cela rejoint magnifiquement la première lecture. Saint Pierre nous parle du salut préparé depuis longtemps, désiré même par les prophètes. Comme si toute l’histoire humaine attendait secrètement la venue du Christ. Puis il ajoute une phrase de l’Ecriture : « Devenez saints dans toute votre conduite. Devenez saints, puisque je suis saint, moi le Père ». La sainteté n’est pas réservée à quelques statues dans les niches des églises. Elle est l’appel de chaque baptisé. Et heureusement, la sainteté n’est pas devenir triste. Sinon saint Philippe Néri aurait probablement quitté la salle très vite. Philippe Néri avait une profonde méfiance envers les visages spirituellement catastrophés. Il disait : « Soyez bons si vous le pouvez. » Et aussi : « La tristesse et la mélancolie, loin de ma maison ! » Chez lui, la sainteté passait par la joie, l’humilité et un humour désarmant. On raconte qu’il se rasait parfois à moitié avant de sortir, simplement pour éviter qu’on le prenne trop au sérieux.

Le psaume nous faisait chanter : « Chantez au Seigneur un chant nouveau. » Voilà exactement ce qu’est la vie chrétienne. Non pas répéter sans cesse les vieux refrains de la peur, du découragement ou du repli. Mais laisser Dieu mettre en nous un chant nouveau. Saint Augustin écrivait : « Chanter est le propre de celui qui aime. » Quand le cœur aime, il finit toujours par chanter. Même discrètement. Même au milieu des épreuves.

Or l’Évangile nous rappelle aussi une vérité importante : suivre le Christ coûte quelque chose. Il faut parfois quitter des sécurités, des habitudes. Mais Jésus promet : rien de ce qui est donné par amour n’est perdu. Le Royaume de Dieu ne fonctionne pas selon la logique du manque. On n’est pas dans la logique du manque, mais dans celle du don. « Il y a plus de joie à donner qu’à recevoir » dira Jésus par ailleurs

Et cela éclaire merveilleusement la figure de saint Philippe Néri.
Il n’a pas cherché les honneurs. l n’a pas voulu fonder une puissance. Il voulait simplement conduire les gens vers le Christ dans la joie. Il disait encore : « Un cœur joyeux se perfectionne plus facilement qu’un cœur triste. »
Et au fond, elle rejoint profondément l’Évangile d’aujourd’hui. Dieu ne veut pas des disciples crispés. Il veut des disciples vivants. La sainteté chrétienne n’est pas une grimace héroïque. C’est une existence peu à peu dilatée par l’amour. Un cœur qui devient plus libre. Plus simple. Plus fraternel.

Et Jésus termine par cette phrase mystérieuse : « Beaucoup de premiers seront derniers, et les derniers seront premiers. » Le Royaume de Dieu bouleverse nos classements humains. Dans l’Évangile, les plus grands sont souvent les plus humbles, les plus pauvres, les plus disponibles à la grâce.

Suivre le Christ, ce n’est pas perdre sa vie. C’est découvrir enfin pour quoi elle est faite. Amen

 Seigneur,
toi qui appelles ton Église à la sainteté et à la joie,
fais d’elle un peuple libre, humble et rayonnant,
capable d’annoncer l’Évangile avec simplicité et ferveur.
Seigneur, nous te prions.

Seigneur,
regarde les peuples éprouvés par les violences, 
les injustices et la peur.
Fais naître dans le cœur des nations
des artisans de paix capables de choisir le dialogue 
plutôt que la haine.
Seigneur, nous te prions.

Seigneur,
viens soutenir ceux qui vivent dans le découragement, 
la solitude ou l’épreuve.
Quand le poids de la vie devient trop lourd,
mets sur leur route des visages fraternels 
et des paroles qui relèvent.
Seigneur, nous te prions.

Seigneur,
bénis les prêtres, les éducateurs, 
les accompagnateurs spirituels
et tous ceux qui transmettent la foi avec patience et bonté.
Qu’à l’exemple de saint Philippe Néri,
ils sachent conduire les cœurs vers toi dans la joie.
Seigneur, nous te prions.

Seigneur,
éveille dans le cœur des jeunes 
le désir d’une vie belle et donnée.
Donne-leur le courage de répondre généreusement 
à ton appel
et de découvrir la vraie liberté dans le don d’eux-mêmes.
Seigneur, nous te prions.

Seigneur,
apprends-nous à quitter ce qui enferme notre cœur
pour recevoir le centuple de ton amour.
Et fais de nos communautés des lieux simples et lumineux
où l’on respire la joie de l’Évangile.
Seigneur, nous te prions.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ;
monde que nous déréglons si souvent 
en ne le respectant pas : Notre Père ...

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...


Aujourd’hui : poser un acte simple de joie évangélique. Faire sourire une personne isolée, et redire intérieurement : « Seigneur, apprends-moi la sainteté joyeuse. »




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