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Samedi de la 7ème semaine de Pâques 

 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !

En ce temps-là, Jésus venait de dire à Pierre : « Suis-moi. » S’étant retourné, Pierre aperçoit, marchant à leur suite, le disciple que Jésus aimait. C’est lui qui, pendant le repas, s’était penché sur la poitrine de Jésus pour lui dire : « Seigneur, quel est celui qui va te livrer ? » Pierre, voyant donc ce disciple, dit à Jésus : « Et lui, Seigneur, que lui arrivera-t-il ? » Jésus lui répond : « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? Toi, suis-moi. » Le bruit courut donc parmi les frères que ce disciple ne mourrait pas. Or, Jésus n’avait pas dit à Pierre qu’il ne mourrait pas, mais : « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? »
C’est ce disciple qui témoigne de ces choses et qui les a écrites, et nous savons que son témoignage est vrai. Il y a encore beaucoup d’autres choses que Jésus a faites ; et s’il fallait écrire chacune d’elles, je pense que le monde entier ne suffirait pas pour contenir les livres que l’on écrirait.

Nous arrivons aujourd’hui presque au terme du temps pascal. Et les lectures ont une saveur de fin… mais une fin qui ouvre un commencement.

Dans les Actes des Apôtres, saint Paul arrive à Rome. Fatigué, et prisonnier. Et pourtant, la dernière phrase du livre est extraordinaire : « annonçait le règne de Dieu et il enseignait ce qui concerne le Seigneur Jésus Christ avec une entière assurance et sans obstacle. » Sans obstacle … alors qu’il est enchaîné ! Comme quoi les chaînes peuvent parfois entraver les poignets… mais pas le cœur ni l’Évangile. Le livre des Actes ne se termine pas vraiment. Il reste ouvert. Comme si saint Luc nous disait : “À vous maintenant de continuer l’histoire.” L’Évangile n’est pas un souvenir du passé. C’est une parole vivante qui cherche encore des témoins.

Le psaume proclamait : « Le Seigneur est dans son temple saint. » Au milieu des secousses du monde, Dieu demeure. Quand tout semble fragile, lui reste fidèle. Et cela donne une paix intérieure immense. Car notre espérance chrétienne ne repose pas sur les modes du moment, ni sur les succès visibles mais sur la fidélité de Dieu.

Et puis vient ce passage si humain de l’Évangile. Pierre vient d’entendre l’appel du Christ : « Suis-moi. » Mais immédiatement, Pierre regarde le disciple bien-aimé et demande : « Et lui, Seigneur, que lui arrivera-t-il ? » Autrement dit : “Et les autres alors ?” C’est très humain. Nous avons parfois une vocation… à comparer nos vocations. Pourquoi lui ? Pourquoi pas moi ? Pourquoi son chemin semble-t-il plus simple ? Pourquoi ses talents ? Pourquoi ses missions ? Les réseaux sociaux ont d’ailleurs transformé cela en discipline olympique. On peut désormais se comparer à la planète entière avant même le petit déjeuner.

Mais Jésus répond avec une grande liberté : « Que t’importe ? Toi, suis-moi. » Quelle parole libératrice. Le Christ ne nous demande pas de vivre la vie des autres. Il nous appelle personnellement. Quelqu’un a dit un jour  : « Commence par faire ce qui est nécessaire, puis ce qui est possible, et soudain tu feras l’impossible. » Cette phrase résume bien la fidélité chrétienne. Suivre le Christ, ce n’est pas réussir une existence spectaculaire. C’est avancer pas à pas dans l’amour. Et saint Thérèse de Lisieux écrivait : « Je comprends que l’amour seul fait agir les membres de l’Église. »

Puis saint Jean termine son Évangile avec une phrase presque souriante : « Le monde entier ne suffirait pas pour contenir les livres qu’on écrirait. » On sent presque l’émerveillement du vieux disciple. Comme quelqu’un qui dit : “Je n’ai pas assez de mots pour raconter Jésus.” Et c’est vrai. Le Christ dépasse toujours nos discours. Heureusement d’ailleurs. Sinon certains théologiens auraient déjà tout expliqué… et Dieu aurait probablement pris sa retraite.
Mais non : Dieu reste infiniment vivant, surprenant, débordant. Entre l’Ascension et la Pentecôte, l’Église apprend justement cela : ne pas tout maîtriser, mais suivre. Faire confiance. Continuer d’avancer même sans tout comprendre.
Comme Paul à Rome.
Comme Pierre sur le rivage.
Comme les disciples dans l’attente de l’Esprit.

Alors Jésus nous dit : « Ne passe pas ton temps à regarder le chemin des autres. Toi, suis-moi.”

Oui, viens Esprit et envoie du haut du ciel en rayon de ta gloire.  Amen ! Alléluia !

 Seigneur Jésus,
toi qui conduis ton Église à travers les siècles,
donne à ton peuple la fidélité joyeuse des apôtres.
Que l’annonce de l’Évangile demeure libre et courageuse
jusque dans les lieux d’épreuve.
Seigneur, nous te prions.

Seigneur Jésus,
toi qui vois les blessures des nations,
viens soutenir les peuples éprouvés par la guerre, 
la violence et les divisions.
Fais lever des artisans de paix 
capables d’ouvrir des chemins de réconciliation.
Seigneur, nous te prions.

Seigneur Jésus,
toi qui connais les inquiétudes cachées des cœurs,
regarde ceux qui se comparent, se découragent 
ou se sentent insuffisants.
Apprends-leur à découvrir la beauté unique de leur vocation.
Seigneur, nous te prions.

Seigneur Jésus,
toi qui as appelé Pierre à te suivre humblement,
fais grandir dans nos communautés la simplicité, 
la patience et la confiance mutuelle.
Prépare nos cœurs à accueillir le souffle de la Pentecôte.
Seigneur, nous te prions.

Seigneur Jésus,
toi qui continues d’appeler des témoins pour ton Royaume,
éveille dans le cœur des jeunes 
le désir de marcher à ta suite avec générosité.
Suscite des vocations rayonnantes de paix 
et de joie évangélique.
Seigneur, nous te prions.

Seigneur Jésus,
toi qui demeures vivant au milieu de ton peuple,
fais de nos vies des Évangiles ouverts 
où ton amour puisse encore se lire aujourd’hui.
Seigneur, nous te prions.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ;
monde que nous déréglons si souvent 
en ne le respectant pas : Notre Père ...

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...


Aujourd’hui : arrêter une comparaison inutile. Au lieu de regarder ce que les autres ont, réussissent ou vivent, prendre un moment pour remercier Dieu pour son propre chemin.


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