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Vendredi de la 5ème semaine de Pâques

 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres. »

Parmi toutes les paroles de Jésus, il y en a certaines qui ne devraient pas arrêter de nous surprendre : « Je ne vous appelle plus serviteurs… je vous appelle mes amis. »
Mes amis. Pas simplement disciples. Pas collaborateurs bénévoles du Royaume. Pas employés du spirituel. Amis. Et cela change tout. Parce qu’un serviteur exécute, mais un ami partage le cœur.

Dans les Actes des Apôtres, nous découvrons justement une Église qui apprend à vivre cela. Depuis plusieurs jours, il y a des débats, des désaccords, des discussions. Autrement dit : le premier concile de l’histoire chrétienne, comme on l’appelle – le Concile de Jérusalem - n’était pas exactement un long fleuve tranquille. Ce qui peut rassurer tous ceux qui ont déjà vécu une réunion paroissiale ou une réunion de Chapitre un peu… vivante.
Mais au milieu de ces tensions, quelque chose de magnifique apparaît. Les apôtres écrivent : « L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé… » Quelle expression étonnante ! Pas : “Nous avons gagné,” comme aime à le répéter un chef d’État d’un grande puissance, mais “L’Esprit Saint et nous-mêmes…”
L’Église avance quand elle écoute plus grand qu’elle-même. Et le résultat de cette lettre est magnifique : « À sa lecture, tous se réjouirent du réconfort qu’elle apportait. »
Voilà ce que produit l’Esprit : non pas l’écrasement, mais la joie.

Et l’Évangile nous conduit encore plus loin. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. »
En ce 8 mai, cette phrase résonne autrement. Parce que nous pensons à ceux qui ont donné leur vie pendant la guerre, à ceux qui ont résisté à la haine, à ceux qui ont protégé, caché, secouru.
L’amour véritable coûte toujours quelque chose. Mais Jésus parle d’un amour encore plus profond : un amour qui va jusqu’à la Croix pour que l’homme retrouve la vie.

Le psaume chantait : « Ton amour est plus grand que les cieux. »  Oui, voilà la mesure de Dieu : un amour sans mesure. Le moine cistercien, saint Aelred de Rievaulx écrivait : « L’amitié est un avant-goût du paradis. » Et peut-être est-ce cela, au fond, la vie chrétienne : apprendre à vivre dès maintenant quelque chose du ciel dans notre manière d’aimer.

Mais soyons honnêtes. C’est beau tout ça, mais aimer comme Jésus aime… ce n’est pas toujours simple.
Parce qu’il est parfois plus facile d’aimer l’humanité entière qu’un habitant du building quand il perce un mur à l’heure de la sieste. Et pourtant, c’est là que l’Évangile devient concret. Dans nos paroles, dans nos pardons et dans notre patience.

Et Jésus ajoute quelque chose de bouleversant : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis. » Avant même que nous cherchions Dieu… Lui nous cherchait déjà. Avant même que nous l’aimions… Lui nous aimait déjà.
Et cela change notre regard sur nous-mêmes. Nous ne sommes pas tolérés par Dieu. Nous sommes désirés, aimés, choisis.

Alors aujourd’hui, peut-être pouvons-nous simplement accueillir cela : le christianisme n’est pas d’abord une morale, c’est une amitié. Une amitié qui transforme peu à peu le cœur humain et qui peut, réellement, changer le monde.
Parce que chaque fois qu’un homme choisit l’amour plutôt que la haine, le pardon plutôt que la vengeance, la paix plutôt que la violence, la Résurrection continue de traverser l’histoire.

Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité, Alléluia !

Pour ton Église,
appelée à témoigner de l’Évangile dans la joie,
qu’elle demeure attentive à l’Esprit Saint
et signe vivant de communion entre les peuples.
Seigneur, nous te prions.

Pour les nations de la terre,
en ce jour anniversaire de la fin de la guerre,
fais grandir entre les peuples des chemins de dialogue,
et apprends aux hommes à préférer la paix à la violence.
Seigneur, nous te prions.

Pour ceux qui portent encore les blessures de la guerre,
les exilés, les familles brisées, les victimes de la haine,
viens déposer sur eux la consolation de ta présence.
Seigneur, nous te prions.

Pour les responsables politiques et militaires,
donne-leur la sagesse de protéger la vie
et le courage de servir la justice et la paix.
Seigneur, nous te prions.

Pour ceux qui se sentent seuls ou rejetés,
qu’ils découvrent dans ton Église
des frères et des sœurs capables d’écoute et d’amitié vraie.
Seigneur, nous te prions.

Pour nous tous ici rassemblés,
apprends-nous à aimer comme toi,
à choisir le pardon plutôt que la rancune,
et à devenir des artisans de paix dans notre quotidien.
Seigneur, nous te prions.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...


Aujourd'hui, poser un geste concret d’amitié et de paix : prier quelques minutes pour un pays en guerre. Parce que la paix du monde commence souvent par un cœur qui choisit d’aimer.

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