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Vendredi de la 6ème semaine de Pâques 

 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : vous allez pleurer et vous lamenter, tandis que le monde se réjouira ; vous serez dans la peine, mais votre peine se changera en joie. La femme qui enfante est dans la peine parce que son heure est arrivée. Mais, quand l’enfant est né, elle ne se souvient plus de sa souffrance, tout heureuse qu’un être humain soit venu au monde. Vous aussi, maintenant, vous êtes dans la peine, mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira ; et votre joie, personne ne vous l’enlèvera. En ce jour-là, vous ne me poserez plus de questions. »

« Votre joie, nul ne vous l’enlèvera. » Faut oser, non ? Parce qu’honnêtement, il y a beaucoup de choses que la vie peut nous enlever : la santé, les certitudes, les projets, les guerres et parfois même le sommeil… surtout quand les moustiques ont une vocation missionnaire nocturne. Et pourtant Jésus parle d’une joie plus profonde. Une joie qui ne dépend pas uniquement des circonstances.

Dans les Actes des Apôtres, Paul arrive à Corinthe. Une ville immense, agitée, compliquée. Et Paul a peur. Oui, même saint Paul connaît le découragement. Cela nous rassure un peu : les saints ne sont pas des super-héros spirituels alimentés uniquement à l’eau bénite et aux vitraux. Alors, dans la nuit, le Seigneur lui dit : « Sois sans crainte. Continue de parler. Je suis avec toi. » Quelle parole magnifique. Le Ressuscité ne promet pas à Paul une vie facile. Il lui promet sa présence.

Le psaume aujourd’hui chante : « Dieu est le roi de toute la terre. » Non pas un roi dominateur ou lointain. Mais un Dieu qui accompagne son peuple, un Dieu qui demeure fidèle même quand nos chemins deviennent confus.

Et Jésus, dans l’Évangile, utilise l’image de l’enfantement : la femme souffre, mais lorsque l’enfant est né, la joie éclate.
C’est une image très forte. Le chrétien n’est pas quelqu’un qui nie les douleurs du monde. Il croit simplement que Dieu peut faire naître une vie nouvelle au cœur même des épreuves.

Saint Julienne de Norwich écrivait : « Tout sera bien, et toute chose sera bien. » Non parce que tout est facile. Mais parce que Dieu conduit l’histoire vers la vie.
Et vous connaissez la fameuse phrase : « Un saint triste est un triste saint. » J’aime beaucoup cette phrase. Parce que parfois nous donnons l’impression que la sainteté consiste à avoir l’air extrêmement préoccupé en permanence. Or l’Évangile respire la joie. Et si vous regardez le titre des principaux textes de notre Pape François, tous parlent de la joie !

Au lendemain de l’Ascension, l’Église entre dans ce temps étrange entre le départ visible du Christ et la venue de l’Esprit à la Pentecôte. Un peu comme les disciples : entre ciel et terre. Et peut-être que nous aussi, souvent, nous vivons dans cet “entre-deux” : entre fatigue et espérance, entre inquiétude et confiance, entre Vendredi Saint et matin de Pâques.
Mais Jésus nous dit aujourd’hui : « Je vous reverrai. »
Voilà notre foi. Le Christ ressuscité ne disparaît jamais vraiment. Il revient sans cesse : dans l’Eucharistie, dans la Parole, dans les pauvres, dans la paix déposée au fond du cœur.

Alors soyons des croyants habités par une joie profonde : le Christ vivant marche avec nous. Et cela… nul ne peut nous l’enlever.

Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité, Alléluia !

Seigneur Jésus,
toi qui accompagnes ton Église sur les routes du monde,
garde-la fidèle dans l’annonce de l’Évangile.
Quand viennent la lassitude ou le doute,
ravive en elle la joie simple des premiers disciples
et la confiance de ceux qui savent que tu marches avec eux.
Seigneur, nous te prions.

Seigneur Jésus,
toi qui connais les blessures de notre humanité,
regarde les peuples déchirés par la guerre, 
la peur et la violence.
Là où les hommes apprennent à se méfier les uns des autres,
fais grandir des artisans de paix,
patients comme des semeurs d’espérance.
Seigneur, nous te prions.

Seigneur Jésus,
toi qui promets une joie que nul ne peut enlever,
viens visiter ceux qui traversent l’épreuve, 
la maladie ou le deuil.
Quand leurs nuits deviennent trop lourdes,
dépose en eux la lumière discrète de ta présence fidèle.
Seigneur, nous te prions.

Seigneur Jésus,
toi qui as soutenu Paul dans sa mission,
fortifie les prêtres, les missionnaires, les catéchistes
et tous ceux qui donnent leur vie pour annoncer ton Nom.
Qu’ils deviennent des témoins paisibles de ton amour vivant.
Seigneur, nous te prions.

Seigneur Jésus,
toi qui connais les attentes secrètes du cœur humain,
regarde les jeunes qui cherchent leur vocation 
et leur chemin de vie.
Ouvre devant eux des horizons de confiance
et fais naître en eux le courage de répondre à ton appel.
Seigneur, nous te prions.

Seigneur Jésus,
toi qui nous rassembles aujourd’hui autour de ta table,
apprends-nous à porter au monde 
une joie humble et lumineuse.
Que nos paroles, nos gestes et notre manière de vivre
laissent transparaître quelque chose de ta résurrection.
Seigneur, nous te prions.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ;
monde que nous déréglons si souvent 
en ne le respectant pas : Notre Père ...

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, otre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...


Aujourd’hui : offrir un signe de joie à quelqu’un.
Parce qu’une joie portée humblement peut déjà devenir une annonce de l’Évangile.

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