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Vendredi de la 7ème semaine de Pâques 

 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !

Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade. Quand ils eurent mangé, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. » Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. » Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Pierre fut peiné parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait : « M’aimes-tu ? » Il lui répond : « Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis. Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. » Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu. Sur ces mots, il lui dit : « Suis-moi. »

Ce matin, nous découvrons en même temps, et la fragilité des hommes et la fidélité inlassable de Dieu.

Dans les Actes des Apôtres, Paul est prisonnier. On discute de lui comme d’un dossier compliqué. Le gouverneur Festus semble presque dépassé : « Il s’agit de questions sur leur religion et d’un certain Jésus qui est mort, mais que Paul affirme être vivant. » Quelle magnifique définition involontaire du christianisme. Au fond, toute la foi chrétienne tient là : un certain Jésus, mort… mais vivant.
Et depuis deux mille ans, l’Église continue d’annoncer cette folie-là.
Paul est arrêté, et pourtant il demeure libre intérieurement. Parce qu’il sait que le Christ ressuscité est vivant. La résurrection de Jésus est pour Paul le signe de sa présence. 

Le psaume, aujourd’hui, nous faisait lever les yeux : « Le Seigneur a son trône dans les cieux. » Comprenons bien : un trône d’amour et de miséricorde, un trône depuis lequel Dieu ne cesse de bénir, relever et pardonner. Voilà exactement ce que Pierre expérimente dans l’Évangile. Le Christ ressuscité ne revient pas pour enfermer Pierre dans sa faute.

Pierre est là, devant Jésus ressuscité. Le même Pierre qui avait promis : « Même si tous tombent, moi je ne tomberai pas. »
Et quelques heures plus tard : trois reniements.
Comme quoi il faut toujours se méfier des discours très héroïques prononcés avant l’épreuve. Nous sommes parfois des champions spirituels… surtout en théorie. Mais Jésus ne vient pas humilier Pierre. Il vient le relever. Trois fois Pierre avait renié. Trois fois Jésus lui demande : « M’aimes-tu ? »
Et ici, dans le texte grec de saint Jean, il y a une nuance magnifique.
Les deux premières fois, Jésus demande à Pierre : « Simon, m’aimes-tu ? » Mais le verbe employé est agapân : un amour total, profond, inconditionnel, l’amour même de Dieu.
Et Pierre répond avec un autre verbe : philein, qui signifie l’amitié, l’affection fidèle, l’amour humblement humain.
Autrement dit, Jésus demande : “Pierre, m’aimes-tu d’un amour total ?” Et Pierre répond presque avec pudeur : “Seigneur… tu sais bien que je t’aime comme un ami.” Pierre n’ose plus promettre héroïquement. Il a appris sa fragilité.
Et alors vient la troisième question. Cette fois, Jésus descend jusqu’au verbe de Pierre. Il ne demande plus : agapâs me ? mais : phileis me ? Comme si le Christ disait : “Pierre, acceptes-tu au moins de m’aimer avec ce pauvre amour humain que tu peux offrir aujourd’hui ?” Et Pierre est bouleversé. Parce qu’il découvre que le Christ rejoint même son amour imparfait. Quelle merveille. Dieu ne nous aime pas seulement lorsque nous sommes forts. Il vient nous chercher jusque dans notre pauvreté. Saint Augustin écrivait : « Pierre est interrogé sur son amour et chargé de paître le troupeau. » Autrement dit : l’autorité dans l’Église naît de l’amour, d’un cœur qui accepte d’aimer humblement. Et cela est profondément consolant pour nous. Car beaucoup pensent : “Quand je serai meilleur, Dieu pourra m’aimer.” “Quand ma foi sera parfaite, je pourrai répondre à l’appel du Christ.” Mais l’Évangile dit exactement le contraire. Le Christ rejoint Pierre tel qu’il est.
Et c’est là que commence sa véritable mission.
Et Jésus ajoute : « Suis-moi. » Après le pardon vient toujours l’appel. Le Christ ne réduit jamais quelqu’un à son passé. Il ouvre un avenir.
Et tout se tient merveilleusement dans les lectures d’aujourd’hui :
Paul témoigne courageusement du Ressuscité ;
le psaume chante la miséricorde infinie de Dieu ;
Pierre découvre qu’il peut aimer malgré sa faiblesse.
Voilà l’Église. Non pas une assemblée de héros impeccables, mais des hommes et des femmes que le Christ relève sans cesse.
Car même notre pauvre amour peut devenir un lieu de grâce.

Viens Esprit Saint en nos cœurs et envoie du ciel un rayon de ta gloire.  Alléluia !

 Seigneur Jésus,
toi qui as confié ton troupeau à Pierre malgré sa fragilité,
soutiens ton Église dans sa mission.
Que les pasteurs et tous les baptisés servent 
avec humilité, douceur et fidélité.
Seigneur, nous te prions.

Seigneur Jésus,
toi qui es vivant pour les siècles des siècles,
viens visiter les peuples blessés 
par les guerres, les violences et les injustices.
Fais lever des artisans de paix capables 
de choisir le dialogue plutôt que la haine.
Seigneur, nous te prions.

Seigneur Jésus,
toi qui relèves ceux qui tombent,
regarde les personnes accablées 
par la culpabilité, l’échec ou le découragement.
Dépose dans leur cœur la certitude 
qu’aucune nuit n’est trop profonde pour ta miséricorde.
Seigneur, nous te prions.

Seigneur Jésus,
toi qui demandes à Pierre : « M’aimes-tu ? »,
apprends à nos communautés 
à vivre d’un amour vrai, patient et fraternel.
Que nos paroles et nos gestes 
deviennent des signes de ton Évangile.
Seigneur, nous te prions.

Seigneur Jésus,
toi qui continues d’appeler : « Suis-moi »,
éveille dans le cœur des jeunes 
le courage de répondre généreusement à ta voix.
Suscite dans ton Église des témoins rayonnants de ta joie.
Seigneur, nous te prions.

Seigneur Jésus,
toi qui connais nos pauvretés et nos désirs de lumière,
fais grandir en nous la confiance et la persévérance.
Que notre vie tout entière annonce que tu es vivant.
Seigneur, nous te prions.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ;
monde que nous déréglons si souvent 
en ne le respectant pas : Notre Père ...

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...


Aujourd’hui : poser un acte de réconciliation ou d’encouragement. Reprendre contact avec quelqu’un, encourager une personne découragée ou simplement dire avec sincérité : « Je suis heureux que tu sois là. »


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