Accéder au contenu principal

  

Jeudi de la 17ème semaine du Temps de l'Eglise

 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !

 En ce temps-là, Jésus disait aux foules : « Le royaume des Cieux est encore comparable à un filet que l’on jette dans la mer, et qui ramène toutes sortes de poissons. Quand il est plein, on le tire sur le rivage, on s’assied, on ramasse dans des paniers ce qui est bon, et on rejette ce qui ne vaut rien. Ainsi en sera-t-il à la fin du monde : les anges sortiront pour séparer les méchants du milieu des justes et les jetteront dans la fournaise : là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. » « Avez-vous compris tout cela ? » Ils lui répondent : « Oui. » Jésus ajouta : « C’est pourquoi tout scribe devenu disciple du royaume des Cieux est comparable à un maître de maison qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien. » Lorsque Jésus eut terminé ces paraboles, il s’éloigna de là.

« Celui-là est incorrigible ! » Voilà une expression que Dieu n’emploiera jamais.  Je vous le disais il y a quelques jours : nous sommes dans le temps de la patience de Dieu. 

Jérémie reçoit aujourd'hui une étrange consigne : « Descends chez le potier. » Le prophète regarde des mains. L'argile tourne. Le vase se déforme. Alors le potier ne le jette pas. Il recommence.
Encore. Et encore. Quelle merveilleuse image de Dieu ! La Bible nous montre un Dieu artisan. Il ne compte pas nos fissures. Il cherche comment leur donner une beauté nouvelle.

Et voilà que l'Évangile semble changer complètement de registre. Le filet est tiré sur le rivage. Les poissons sont triés. Nous pourrions croire que Jésus veut maintenant nous faire peur. Mais ce serait oublier tout ce que nous venons de contempler chez Jérémie. Celui qui jugera à la fin est d'abord celui qui, toute notre vie, aura travaillé notre argile. Le jugement n'est pas le premier mot de Dieu. Le premier mot est toujours la miséricorde. 
Pendant toute notre vie, le Potier ne cesse de reprendre son ouvrage.

Il y a un détail que j'aime beaucoup. L'Évangile dit que le filet ramène des poissons de toute espèce. Quelle belle image de l'Église ! On le voyait déjà hier avec la sainte famille de Béthanie. L'Église est ce grand filet où Dieu rassemble des hommes et des femmes très différents. Non parce qu'ils sont déjà saints. Mais parce qu'il veut les conduire à la sainteté. Saint Augustin écrivait : « L'Église est maintenant mêlée de bons et de mauvais ; elle sera purifiée à la fin des temps. »

Cette phrase est très actuelle. Elle nous invite à beaucoup d'humilité. Et surtout à beaucoup d'espérance.

Aujourd'hui, l'Église fait aussi mémoire de saint Pierre Chrysologue. Son surnom signifie "la parole d'or". Pourtant, ce n'est pas l'éclat de son éloquence qui l'a rendu saint, mais la profondeur de son regard sur Dieu. Il écrivait : "La miséricorde est la mère de toutes les vertus." Voilà sans doute le secret du potier de Jérémie. Si Dieu reprend inlassablement son ouvrage, ce n'est pas parce qu'il est perfectionniste, mais parce que sa miséricorde est plus tenace que nos échecs.

Alors, où sommes-nous aujourd'hui ? Peut-être entre les mains du Potier. Peut-être encore dans le filet. Dans les deux cas, une seule certitude demeure : Dieu ne désespère jamais de son ouvrage. Il voit déjà, dans notre pauvre argile, le vase qu'il rêve depuis toujours. Et peut-être que notre travail de chrétien n'est rien d'autre que cela : Consentir, chaque jour, à rester entre ses mains.

Père très saint, veille sur ton Église. Qu'elle demeure entre tes mains comme une argile docile, afin que son visage reflète toujours davantage celui de ton Fils et que tous les peuples trouvent en elle une demeure d'espérance. 

Père de toute miséricorde, regarde les nations blessées par la guerre, les violences et les divisions. Là où les hommes dressent des frontières, jette le grand filet de ta paix ; là où les cœurs se sont durcis, fais couler l'eau vive de la réconciliation. 

Père fidèle, approche-toi de ceux qui se croient brisés, inutiles ou oubliés. Que tes mains de Potier redonnent forme à leur espérance et fassent renaître en eux la joie de vivre. 

Père de bonté, façonne notre communauté à l'image de ton Royaume. Que nous sachions accueillir nos différences sans nous juger, afin de devenir ensemble un seul peuple, pétri par ton Esprit. 

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...

Aujourd'hui, lorsque nous serons tenté de dire d'une personne — ou de moi-même — : « Il n'y a plus rien à faire », remplaçons cette pensée par cette simple prière : « Seigneur, continue ton œuvre de Potier. »

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

  Mercredi de la 1ère semaine du Temps de l'Eglise   Mettons-nous en    présence de Dieu :   Dieu, viens à mon aide ;   Seigneur, à notre secours ! En ce temps-là, aussitôt sortis de la synagogue de Capharnaüm, Jésus et ses disciples allèrent, avec Jacques et Jean, dans la maison de Simon et d’André. Or, la belle-mère de Simon était au lit, elle avait de la fièvre. Aussitôt, on parla à Jésus de la malade. Jésus s’approcha, la saisit par la main et la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait. Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal ou possédés par des démons. La ville entière se pressait à la porte. Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies, et il expulsa beaucoup de démons ; il empêchait les démons de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était. Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube. Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il ...
  Lundi de la 2ème semaine du Temps de l'Eglise    Mettons-nous en    présence de Dieu :   Dieu, viens à mon aide ;   Seigneur, à notre secours ! En ce temps-là, comme les disciples de Jean le Baptiste et les pharisiens jeûnaient, on vint demander à Jésus : « Pourquoi, alors que les disciples de Jean et les disciples des pharisiens jeûnent, tes disciples ne jeûnent-ils pas ? » Jésus leur dit : « Les invités de la noce pourraient-ils jeûner, pendant que l’Époux est avec eux ? Tant qu’ils ont l’Époux avec eux, ils ne peuvent pas jeûner. Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors, ce jour-là, ils jeûneront. Personne ne raccommode un vieux vêtement avec une pièce d’étoffe neuve ; autrement le morceau neuf ajouté tire sur le vieux tissu et la déchirure s’agrandit. Ou encore, personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; car alors, le vin fera éclater les outres, et l’on perd à la fois le vin et les outres. À vin n...
  Lundi de la troisième dimanche de l'Avent     Mettons-nous en    présence de Dieu :   Dieu, viens à mon aide ;   Seigneur, à notre secours ! En ce temps-là, Jésus était entré dans le Temple, et, pendant qu’il enseignait, les grands prêtres et les anciens du peuple s’approchèrent de lui et demandèrent : « Par quelle autorité fais-tu cela, et qui t’a donné cette autorité ? » Jésus leur répliqua : « À mon tour, je vais vous poser une question, une seule ; et si vous me répondez, je vous dirai, moi aussi, par quelle autorité je fais cela : Le baptême de Jean, d’où venait-il ? du ciel ou des hommes ? » Ils faisaient en eux-mêmes ce raisonnement : « Si nous disons : “Du ciel”, il va nous dire : “Pourquoi donc n’avez-vous pas cru à sa parole ?” Si nous disons : “Des hommes”, nous devons redouter la foule, car tous tiennent Jean pour un prophète. » Ils répondirent donc à Jésus : « Nous ne savons pas ! » Il leur dit à son tour : « Moi, je ...