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Mardi de la 16ème semaine du Temps de l'Église 

 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !

 En ce temps-là, comme Jésus parlait encore aux foules, voici que sa mère et ses frères se tenaient au-dehors, cherchant à lui parler. Quelqu’un lui dit : « Ta mère et tes frères sont là, dehors, qui cherchent à te parler. » Jésus lui répondit : « Qui est ma mère, et qui sont mes frères ? » Puis, étendant la main vers ses disciples, il dit : « Voici ma mère et mes frères. Car celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. »

On raconte volontiers qu'un Belge sait très bien répondre à cette question : « Vous êtes Flamand ou Wallon ? » Il répond : « Oui ! » Il y a un peu d'humour dans cette réponse, mais aussi une vérité. Notre pays nous apprend, parfois difficilement, qu'on peut appartenir à plusieurs réalités à la fois. Être attaché à sa région. À sa langue. À son histoire. Et pourtant appartenir à quelque chose de plus grand.

L'Évangile d'aujourd'hui nous invite justement à élargir nos appartenances. Pendant que Jésus parle, on vient lui dire : « Ta mère et tes frères sont là. » Et Jésus répond par une parole qui a parfois été mal comprise : « Celui qui fait la volonté de mon Père, celui-là est pour moi un frère, une sœur et une mère. » Il ne repousse pas Marie. Bien au contraire. Il révèle pourquoi Marie est si proche de lui. Non d'abord parce qu'elle lui a donné naissance. Mais parce qu'elle a accueilli la volonté de Dieu avec toute sa vie. Comme le disait admirablement saint Augustin : « Marie est plus heureuse d'avoir accueilli la foi du Christ que d'avoir conçu la chair du Christ. » Marie devient la première des disciples. La première de cette immense famille que Jésus est venu rassembler. Et cette famille ne connaît ni frontières, ni langues, ni classes sociales. Elle est faite de tous ceux qui cherchent, souvent humblement, à accomplir la volonté du Père.

La première lecture nous montre quel est ce Père. Michée ose poser une question extraordinaire : « Quel Dieu est semblable à toi ? » Et il répond : « Il pardonne la faute... il prend plaisir à manifester sa fidélité. » Voilà ce qui distingue Dieu. Il trouve sa joie dans la miséricorde. Si Dieu agit ainsi, comment pourrions-nous construire notre société autrement ? En ce jour de fête nationale, il est bon de rendre grâce pour notre pays. Non parce qu'il serait parfait. Il ne l'est pas. Mais parce qu'il est une école quotidienne de coexistence. Nous savons combien il est difficile de vivre ensemble. Dans une famille. Dans une paroisse. Dans une commune. Dans un pays. Et pourtant... chaque fois que nous faisons un pas vers l'autre, chaque fois que nous préférons le dialogue au mépris, chaque fois que nous choisissons la réconciliation plutôt que le ressentiment, c'est déjà le Royaume de Dieu qui grandit. La Belgique est parfois comparée à une mosaïque. Une mosaïque n'est pas un bloc uniforme : elle est faite de pierres différentes, parfois de couleurs opposées. Ce qui fait sa beauté, ce n'est pas que toutes les pierres se ressemblent ; c'est qu'elles sont unies par un même ciment. Pour nous chrétiens, ce ciment porte un nom : la charité. Sans elle, nous ne sommes qu'un tas de pierres. Avec elle, nous devenons une cathédrale où Dieu aime habiter.

Finalement, Jésus ne demande pas : « De quelle famille viens-tu ? » Il demande : « Es-tu prêt à entrer dans la mienne ? » Et sa famille a ceci de merveilleux : plus on y accueille de frères et de sœurs, plus elle s'agrandit.


Prions pour notre Roi Philippe, dans l’exercice de sa mission d’encouragement. Qu’il soit éclairé et animé de l’esprit de concorde et de paix ; qu’il puisse, avec la Reine Mathilde, promouvoir par l’exemple le respect et la confiance mutuelle entre tous les citoyens. Prions également pour tous les membres de la Famille Royale.
 
Prions pour nos représentants élus qui conduisent notre État fédéral, nos Régions, nos Communautés, nos Provinces et nos Cités. Ils doivent faire face à des problèmes ardus et prendre des décisions urgentes et difficiles alors que des nuages noirs se sont levés dans notre ciel. Que tous soient animés du souci de travailler au service de la paix et du meilleur « Vivre ensemble ».

Prions pour les magistrats et agents de la justice, pour les responsables de la sécurité des citoyens, pour les policiers, pour les membres de la Protection Civile pour les Forces Armées de notre pays. Prions aussi pour les Pompiers en ces temps où tant de leurs collègues œuvrent 
au cœur des incendies qui ravagent le Sud de l’Europe. Que l’esprit de prudence et de force les anime. Qu’ils puissent aider et protéger toutes les victimes et les personnes fragiles.

Prions pour tous les soignants qui se dévouent sans compter, dans des conditions souvent difficiles, ainsi que pour toutes celles et ceux qui travaillent et agissent afin que les services essentiels soient assurés.

Prions pour toutes celles et ceux qui travaillent à la cohésion de l’Europe, par-delà la diversité des cultures nationales et des situations politiques ou économiques dégradées.Prions en particulier pour l’Ukraine. Au-delà de l’Europe, prions pour la paix dans les terres que le Christ a foulées et dans tout le Moyen-Orient.

Prions pour les enseignants, depuis l’école maternelle jusqu’à l’Université et les Hautes Écoles. Prions pour les élèves et les étudiants qui les fréquentent et pour celles et ceux qui, à divers titres, sont au service de l’éducation.

Prions pour les citoyennes et les citoyens de notre pays, de tous âges, de toutes conditions, de toutes langues, origines ou cultures, en particulier nos jeunes; prions pour les émigrés et réfugiés qui partagent notre vie quotidienne ; que la dignité de chacun soit reconnue et honorée ; que nos peurs n’empêchent pas notre créativité de se déployer pour construire l’avenir.

Prions pour notre Belgique ; que chacun soit conscient de sa propre responsabilité pour qu’elle continue à être un pays de paix et d’harmonie, un pays de progrès et de bien-être, un pays d’accueil et d’ouverture dans le respect de l’autre.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...

En cette fête nationale, poser un geste simple de citoyenneté évangélique : prendre le temps d'une conversation bienveillante avec une personne que l'on connaît peu, ou avec laquelle on est souvent en désaccord, en cherchant d'abord à comprendre avant de répondre.

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