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Vendredi de la 16ème semaine du Temps de l'Église

 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !

 En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Écoutez ce que veut dire la parabole du semeur. Quand quelqu’un entend la parole du Royaume sans la comprendre, le Mauvais survient et s’empare de ce qui est semé dans son cœur : celui-là, c’est le terrain ensemencé au bord du chemin. Celui qui a reçu la semence sur un sol pierreux, c’est celui qui entend la Parole et la reçoit aussitôt avec joie ; mais il n’a pas de racines en lui, il est l’homme d’un moment : quand vient la détresse ou la persécution à cause de la Parole, il trébuche aussitôt. Celui qui a reçu la semence dans les ronces, c’est celui qui entend la Parole ; mais le souci du monde et la séduction de la richesse étouffent la Parole, qui ne donne pas de fruit. Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c’est celui qui entend la Parole et la comprend : il porte du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. »

Vous racontez quelque chose d'important à quelqu'un... et, au bout de quelques minutes, vous comprenez qu'il n'a rien entendu. Il était là, il hochait même la tête, mais son esprit était ailleurs. Nous avons tous fait cette expérience... et nous avons aussi tous été cette personne-là ! Entendre n'est pas écouter. C'est peut-être ce que nous dit l'Évangile d'aujourd'hui.

Dimanche dernier, Jésus nous montrait un semeur qui semait avec une générosité presque déraisonnable. Aujourd'hui, il nous révèle le secret de cette parabole : ce n'est pas la qualité de la semence qui est en cause ; c'est la manière dont elle est accueillie.  Autrement dit, la question n'est pas : « Dieu parle-t-il ? » La question est : « Mon cœur est-il disponible pour l'écouter ? »

Voilà pourquoi la première lecture est si belle. Dieu promet : « Je vous donnerai des pasteurs selon mon cœur. » On pourrait croire qu'il parle seulement des prêtres. Bien sûr, ils sont concernés. Mais, par le baptême, chacun de nous est appelé à conduire quelqu'un : un enfant, un petit-enfant, un ami, un collègue, un voisin... Et comment devient-on un pasteur selon le cœur de Dieu ? Certainement pas en parlant beaucoup. Mais en ayant d'abord appris à écouter. Le vrai pasteur, avant d'être une bouche, est d’abord une oreille. Il me revient une phrase de saint Benoît, au tout début de sa Règle, qui a façonné des générations de moines mais qui pourrait être le programme de toute vie chrétienne : « Écoute, mon fils, les préceptes du maître, et incline l'oreille de ton cœur. » J'aime beaucoup cette expression : l'oreille du cœur. Nous avons des oreilles sur la tête. Mais avons-nous une oreille dans le cœur ? Car c'est là que la Parole veut descendre.

Jésus décrit ensuite quatre terrains.  En réalité, nous sommes un peu les quatre. Il y a des jours où notre cœur est un chemin battu : tout glisse à la surface. Des jours où il est pierreux : nous nous enthousiasmons très vite... puis nous abandonnons tout aussi vite. Des jours où les ronces étouffent tout : les soucis, les écrans, les mille préoccupations qui remplissent nos journées. Et puis, heureusement, il y a aussi des moments où notre cœur devient une bonne terre.

L'Évangile ne nous demande pas d'être parfaits. Il nous demande simplement de labourer un peu notre terre. Un cultivateur ne crée pas la vie. Il enlève les pierres. Il coupe les ronces. Il laisse la pluie faire le reste. C’est la même chose pour nous. Nous ne faisons pas « pousser la grâce ». Nous pouvons seulement préparer le terrain. Le reste appartient à Dieu. Le pape François disait lors d’un Angelus sur la place Saint-Pierre : « La Parole de Dieu est une semence qui, en elle-même, est féconde et efficace. »
Notre rôle n'est donc pas de fabriquer la moisson. Notre rôle est de laisser la semence trouver une terre accueillante.

Jérémie va encore plus loin. Il annonce le jour où Jérusalem deviendra le lieu où toutes les nations viendront chercher le Seigneur. Quelle extraordinaire espérance ! Le peuple de Dieu n'est pas une forteresse fermée. Il est un jardin ouvert. Et peut-être est-ce là le plus beau fruit d'une bonne terre. Une terre féconde ne garde jamais sa récolte pour elle seule. Elle nourrit les autres. Une foi véritable ne se replie jamais sur elle-même. Elle donne envie de Dieu. Et c’est là un fameux programme !

Père, Berger de ton peuple, rassemble ton Église dispersée aux quatre vents. Donne-lui des pasteurs selon ton cœur, dont la voix naisse du silence de la prière et dont les mains sachent conduire chacun vers les pâturages de ton Royaume. 

Père, toi qui fais lever le blé sur les terres les plus pauvres, visite les peuples déchirés par la guerre, la violence ou la misère. Là où les hommes sèment la peur, fais germer la justice ; là où montent les cris, fais refleurir la paix. 

Père, regarde ceux dont le cœur est devenu un chemin battu, une terre pierreuse ou un champ envahi de ronces : les malades, les découragés, les prisonniers de leurs blessures, ceux qui n'attendent plus rien. Que la rosée de ton Esprit assouplisse leur terre intérieure et y fasse renaître la vie. 

Père, laboure aujourd'hui notre propre cœur. Arrache les pierres de nos peurs, les ronces de nos inquiétudes, les épines de notre orgueil. Fais de nous une bonne terre, où ta Parole pourra porter le fruit que tu attends depuis toujours. 

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...

Aujourd'hui, avant de commencer une activité importante, prendre une minute de silence et dire simplement : « Seigneur, je veux demeurer en toi avant d'agir pour toi. » Puis accomplir son travail avec paix, en cherchant moins l'efficacité que la fidélité.


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