Lundi de la 26ème semaine du Temps de l'Église
Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !
Il y a des jours où l’on a l’impression que tout s’est donné le mot pour nous compliquer la vie. Un problème au travail, un coup de téléphone qui n’arrange rien, une mauvaise nouvelle… et parfois on se dit : « Pourquoi est-ce que cela tombe encore sur moi ? » Le livre de Job commence précisément par cette question. Job est un homme juste. Et pourtant, tout s’écroule : ses biens, ses enfants, son avenir. Et la première chose que nous devons entendre, c’est que la Bible ne nous dit pas : « Il a dû faire quelque chose de mal. » Job souffre, mais sa souffrance n’est pas la preuve de sa culpabilité. Jean-Paul II le rappelait clairement : « il n’est pas vrai […] que toute souffrance soit une conséquence de la faute et ait le caractère de punition ».
Cela change beaucoup de choses. Parce que devant la souffrance des autres, nous avons parfois une étrange tentation : chercher immédiatement une explication. « Il n’avait qu’à… » « C’est parce que… » Comme si expliquer la souffrance permettait de ne plus avoir à la porter avec l’autre. Mais Job ne comprend pas. Et pourtant, il continue de se tourner vers Dieu : « Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris : que le nom du Seigneur soit béni ! » Ce n’est pas la résignation d’un homme qui ne ressent plus rien. C’est la foi d’un homme qui, même lorsqu’il ne comprend plus Dieu, refuse de lui tourner le dos.
Et voilà que l’Évangile nous montre les disciples… en train de discuter pour savoir lequel est le plus grand ! Ils parlent de grandeur au moment même où Jésus marche vers sa Passion. Nous ne sommes pas si différents. Nous pouvons passer beaucoup de temps à nous demander qui compte le plus, qui est reconnu, qui a raison, qui a fait davantage… Jésus, lui, prend un enfant et le place auprès de lui : « Celui qui accueille cet enfant en mon nom, c’est moi qu’il accueille. » Le Royaume de Dieu renverse nos classements. La grandeur chrétienne ne consiste pas à être au-dessus, mais à savoir se tenir auprès.
Peut-être est-ce là le fil qui relie Job et l’Évangile. Job accepte de ne pas tout maîtriser. Les disciples sont invités à ne pas vouloir tout dominer. Dans les deux cas, il s’agit de faire de la place à Dieu. Quand je souffre, je n’ai pas toujours besoin d’une explication. J’ai parfois besoin d’une présence. Et quand je cherche à être reconnu, je n’ai peut-être pas besoin d’être davantage au centre. J’ai besoin de regarder celui qui est à côté de moi. Aujourd’hui, demandons simplement cette grâce : Seigneur, quand je ne comprends pas, apprends-moi à te faire confiance. Et quand je veux être le premier, apprends-moi à accueillir le plus petit.
Pour ceux qui accompagnent les personnes qui souffrent, afin qu’ils sachent écouter sans juger, rester présents sans chercher toujours des explications, et offrir une parole qui réconforte, prions le Seigneur.
Pour notre Église, afin qu’elle ne cherche pas d’abord les honneurs et la reconnaissance, mais qu’elle sache accueillir les petits, les pauvres, les fragiles et ceux qui n’ont personne, prions le Seigneur.
Pour nos communautés, afin que nous renoncions aux comparaisons, aux rivalités et aux jalousies, et que nous sachions nous réjouir du bien accompli par les autres, prions le Seigneur.
Pour chacun de nous, afin que, dans les moments où nous ne comprenons pas, nous sachions rester tournés vers Dieu, et que dans les moments où nous voulons être les premiers, nous sachions nous mettre au service, prions le Seigneur.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...

Commentaires
Enregistrer un commentaire