Saint Jérome
Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !
Nous continuons notre cheminement avec Job. Comme lui, nous aimons comprendre les choses : Pourquoi cela m’arrive ? Pourquoi cette maladie ? Pourquoi cette rencontre ? Pourquoi cette épreuve ? Et quand on a trouvé une explication, nous sommes rassurés… même si elle est complètement fausse ! Job, aujourd’hui, est dans cette situation. Il souffre, et surtout, il ne comprend pas. Il voudrait pouvoir discuter avec Dieu, lui poser ses questions, obtenir des réponses. Mais il découvre quelque chose de difficile : Dieu n’entre pas dans nos petites cases. « Comment l’homme serait-il juste devant Dieu ? » demande-t-il. Dieu est plus grand que ce que nous pouvons comprendre. Et cela ne signifie pas qu’il ne faut pas poser de questions. La foi n’interdit pas le « pourquoi ? ». Elle nous apprend simplement qu’il existe des moments où nous n’aurons pas la réponse. Et c’est peut-être justement là que commence la confiance.
L’Évangile nous montre des hommes qui, eux aussi, veulent suivre Jésus… mais chacun avec une petite condition. « Je te suivrai partout où tu iras. » Très belle déclaration ! Mais Jésus répond en quelque sorte : « Es-tu sûr de savoir où je vais ? » Un autre dit : « Seigneur, permets-moi d’abord d’aller enterrer mon père. » Un troisième : « Je te suivrai, Seigneur, mais laisse-moi d’abord faire mes adieux aux gens de ma maison. » Nous sommes assez doués, nous aussi, pour les « oui, mais… ». « Seigneur, oui, je veux bien… mais plus tard. » « Oui, je voudrais prier davantage… quand j’aurai le temps. » « Oui, je voudrais pardonner… mais pas tout de suite. »
Jésus ne méprise pas nos hésitations. Mais il nous rappelle que suivre le Christ ne consiste pas à attendre que toutes les conditions soient réunies. Sinon, nous risquons d’attendre toute notre vie !
Et voilà pourquoi saint Jérôme est si bien placé aujourd’hui. Il a consacré sa vie à chercher, étudier, traduire, comprendre la Parole de Dieu. Mais toute cette recherche avait un but : rencontrer le Christ. Il écrit : « L’ignorance des Écritures, c’est l’ignorance du Christ. » Le pape François rappelait que Jérôme ne cherchait pas seulement à connaître les textes : il voulait qu’ils le conduisent au Christ. C’est une belle leçon pour nous. Nous pouvons passer notre vie à vouloir comprendre Dieu. Mais l’Évangile nous invite surtout à le suivre. Il y aura des choses que nous ne comprendrons pas. Des souffrances sans explication. Des événements qui nous dérouteront. Des appels dont nous ne verrons pas immédiatement le sens. Mais peut-être que la question essentielle n’est pas toujours : « Seigneur, explique-moi pourquoi. » Elle peut devenir : « Seigneur, montre-moi simplement le prochain pas. »
Job nous apprend à faire confiance même lorsque nous ne comprenons pas. Jésus nous apprend à avancer même lorsque nous ne savons pas tout. Et Jérôme nous rappelle où doit nous conduire notre recherche : vers le Christ. Alors aujourd’hui, ne cherchons peut-être pas à tout résoudre. Demandons simplement la grâce de faire le prochain pas.
Pour ceux qui traversent une épreuve qu’ils ne comprennent pas, pour les malades, les personnes endeuillées et celles qui cherchent en vain une réponse à leur souffrance : que leur foi soit plus forte que leurs questions, prions le Seigneur.
Pour ceux qui hésitent devant un appel, afin qu’ils ne remettent pas toujours à demain les pas qu’ils peuvent poser aujourd’hui, prions le Seigneur.
Pour ceux qui consacrent leur vie à l’étude et à la transmission de la foi, afin que leur recherche de la vérité demeure toujours au service de la rencontre avec le Christ, prions le Seigneur.
Pour chacun de nous, afin que lorsque nous ne comprenons pas le chemin, nous sachions demander non pas toutes les réponses, mais la lumière nécessaire pour faire le prochain pas, prions le Seigneur.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...

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