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Sainte Thérèse de Lisieux

 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !

 En ce temps-là, parmi les disciples le Seigneur en désigna encore 72, et il les envoya deux par deux, en avant de lui, en toute ville et localité où lui-même allait se rendre. Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales, et ne saluez personne en chemin. Mais dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : “Paix à cette maison.” S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous. Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous sert ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison. Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qui vous est présenté. Guérissez les malades qui s’y trouvent et dites-leur : “Le règne de Dieu s’est approché de vous.” Mais dans toute ville où vous entrerez et où vous ne serez pas accueillis, allez sur les places et dites : “Même la poussière de votre ville, collée à nos pieds, nous l’enlevons pour vous la laisser. Toutefois, sachez-le : le règne de Dieu s’est approché.” Je vous le déclare : au dernier jour, Sodome sera mieux traitée que cette ville. »

Quand on parle de mission, on imagine facilement quelqu’un avec une valise, un passeport, un billet d’avion… et parfois un moustique gros comme un hélicoptère ! On imagine un missionnaire qui part loin, qui apprend une langue inconnue, qui annonce l’Évangile à des gens qu’il ne connaît pas. Et puis l’Église nous présente aujourd’hui sainte Thérèse de Lisieux, patronne des missions.

Problème : Thérèse n’est jamais partie en mission ! Elle a vécu au Carmel, derrière une clôture, à quelques kilomètres de chez elle. Et pourtant, elle est patronne des missions avec saint François-Xavier.
C’est donc que Jésus veut nous apprendre quelque chose d’important sur la mission. Dans l’Évangile, Jésus envoie les soixante-douze disciples. Il leur dit : « La moisson est abondante, et les ouvriers sont peu nombreux. » La mission commence donc par un regard sur le monde. Il y a des hommes et des femmes qui attendent une parole, une présence, une espérance. Mais Jésus ne dit pas : « Allez partout et faites beaucoup de choses. » Il dit d’abord : « Priez le maître de la moisson. » La mission commence dans un cœur qui aime.

C’est exactement ce que Thérèse a découvert. Elle cherchait sa place dans l’Église. Elle voulait être missionnaire, mais elle était enfermée au Carmel. Et un jour, elle comprend : « Ma vocation, c’est l’Amour. Dans le cœur de l’Église, ma Mère, je serai l’Amour. » François rappelle que, pour Thérèse, l’amour est précisément ce qui fait agir l’Église et porte toutes les vocations. Voilà peut-être pourquoi sa fête ouvre le mois de la Mission universelle. La mission n’est pas d’abord une affaire de kilomètres. Elle commence dans la cuisine, au travail, dans une famille, dans une chambre d’hôpital, dans une maison de repos, dans une paroisse. Elle commence chaque fois que quelqu’un se demande : « Comment puis-je faire aimer le Christ aujourd’hui ? »

Et Job nous donne une autre lumière. Il traverse l’épreuve et dit : « Je sais, moi, que mon rédempteur est vivant. » Voilà ce que nous avons à porter dans le monde : pas une théorie, mais une espérance. Nous ne sommes pas envoyés parce que nous avons réponse à tout. Nous sommes envoyés parce que nous avons rencontré quelqu’un : le Christ. Et peut-être que notre mission aujourd’hui sera toute petite. Téléphoner à quelqu’un qui est seul. Écouter vraiment une personne qui souffre. Dire une parole d’espérance là où tout le monde se plaint. Prier pour quelqu’un qui ne prie plus. Faire découvrir, simplement par notre manière de vivre, que l’Évangile n’est pas une obligation supplémentaire, mais une joie.

Thérèse n’a pas parcouru le monde. Mais son amour, lui, a parcouru le monde. Alors, en ce début du mois missionnaire, demandons-lui quelque chose de très simple : Seigneur, montre-moi la personne vers laquelle tu m’envoies aujourd’hui. Elle est peut-être à dix mille kilomètres. Mais elle est peut-être aussi… à deux mètres de moi.

Pour l’Église universelle, afin qu’en ce mois consacré à la mission elle retrouve la joie d’annoncer l’Évangile et qu’elle sache rejoindre ceux qui cherchent une espérance, prions le Seigneur.

Pour les missionnaires qui ont tout quitté pour annoncer le Christ, pour ceux qui vivent dans des pays difficiles ou dangereux, afin que leur courage, leur fidélité et leur joie portent du fruit, prions le Seigneur.

Pour ceux qui ne connaissent pas encore le Christ, pour ceux qui se sont éloignés de l’Église ou qui ne trouvent plus de sens à leur vie : que l’Évangile puisse les rejoindre à travers des témoins humbles et fraternels, prions le Seigneur.

Pour nos communautés, afin que nous ne considérions jamais la mission comme l’affaire de quelques spécialistes, mais que chacun découvre comment, là où il vit, il peut faire aimer le Christ, prions le Seigneur.

Pour chacun de nous, à l’école de sainte Thérèse, afin que notre amour devienne mission et que notre prière, nos paroles et nos gestes puissent ouvrir un chemin vers Dieu à ceux que nous rencontrerons aujourd’hui, prions le Seigneur.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...

Aujourd’hui, je choisis une personne précise qui a besoin d’espérance : quelqu’un de seul, découragé, malade, éloigné de l’Église ou simplement fatigué par la vie. Je fais pour elle un geste concret : un appel, un message, une visite, une écoute ou une prière.
Avant de le faire, je peux dire simplement : « Sainte Thérèse, apprends-moi à aimer cette personne comme Jésus l’aime. » Car la mission commence peut-être beaucoup plus près que nous ne le pensons.

 




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