Sainte Thérèse de Lisieux
Quand on parle de mission, on imagine facilement quelqu’un avec une valise, un passeport, un billet d’avion… et parfois un moustique gros comme un hélicoptère ! On imagine un missionnaire qui part loin, qui apprend une langue inconnue, qui annonce l’Évangile à des gens qu’il ne connaît pas. Et puis l’Église nous présente aujourd’hui sainte Thérèse de Lisieux, patronne des missions.
Problème : Thérèse n’est jamais partie en mission ! Elle a vécu au Carmel, derrière une clôture, à quelques kilomètres de chez elle. Et pourtant, elle est patronne des missions avec saint François-Xavier.
C’est donc que Jésus veut nous apprendre quelque chose d’important sur la mission. Dans l’Évangile, Jésus envoie les soixante-douze disciples. Il leur dit : « La moisson est abondante, et les ouvriers sont peu nombreux. » La mission commence donc par un regard sur le monde. Il y a des hommes et des femmes qui attendent une parole, une présence, une espérance. Mais Jésus ne dit pas : « Allez partout et faites beaucoup de choses. » Il dit d’abord : « Priez le maître de la moisson. » La mission commence dans un cœur qui aime.
C’est exactement ce que Thérèse a découvert. Elle cherchait sa place dans l’Église. Elle voulait être missionnaire, mais elle était enfermée au Carmel. Et un jour, elle comprend : « Ma vocation, c’est l’Amour. Dans le cœur de l’Église, ma Mère, je serai l’Amour. » François rappelle que, pour Thérèse, l’amour est précisément ce qui fait agir l’Église et porte toutes les vocations. Voilà peut-être pourquoi sa fête ouvre le mois de la Mission universelle. La mission n’est pas d’abord une affaire de kilomètres. Elle commence dans la cuisine, au travail, dans une famille, dans une chambre d’hôpital, dans une maison de repos, dans une paroisse. Elle commence chaque fois que quelqu’un se demande : « Comment puis-je faire aimer le Christ aujourd’hui ? »
Et Job nous donne une autre lumière. Il traverse l’épreuve et dit : « Je sais, moi, que mon rédempteur est vivant. » Voilà ce que nous avons à porter dans le monde : pas une théorie, mais une espérance. Nous ne sommes pas envoyés parce que nous avons réponse à tout. Nous sommes envoyés parce que nous avons rencontré quelqu’un : le Christ. Et peut-être que notre mission aujourd’hui sera toute petite. Téléphoner à quelqu’un qui est seul. Écouter vraiment une personne qui souffre. Dire une parole d’espérance là où tout le monde se plaint. Prier pour quelqu’un qui ne prie plus. Faire découvrir, simplement par notre manière de vivre, que l’Évangile n’est pas une obligation supplémentaire, mais une joie.
Thérèse n’a pas parcouru le monde. Mais son amour, lui, a parcouru le monde. Alors, en ce début du mois missionnaire, demandons-lui quelque chose de très simple : Seigneur, montre-moi la personne vers laquelle tu m’envoies aujourd’hui. Elle est peut-être à dix mille kilomètres. Mais elle est peut-être aussi… à deux mètres de moi.
Pour les missionnaires qui ont tout quitté pour annoncer le Christ, pour ceux qui vivent dans des pays difficiles ou dangereux, afin que leur courage, leur fidélité et leur joie portent du fruit, prions le Seigneur.
Pour ceux qui ne connaissent pas encore le Christ, pour ceux qui se sont éloignés de l’Église ou qui ne trouvent plus de sens à leur vie : que l’Évangile puisse les rejoindre à travers des témoins humbles et fraternels, prions le Seigneur.
Pour nos communautés, afin que nous ne considérions jamais la mission comme l’affaire de quelques spécialistes, mais que chacun découvre comment, là où il vit, il peut faire aimer le Christ, prions le Seigneur.
Pour chacun de nous, à l’école de sainte Thérèse, afin que notre amour devienne mission et que notre prière, nos paroles et nos gestes puissent ouvrir un chemin vers Dieu à ceux que nous rencontrerons aujourd’hui, prions le Seigneur.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...
Avant de le faire, je peux dire simplement : « Sainte Thérèse, apprends-moi à aimer cette personne comme Jésus l’aime. » Car la mission commence peut-être beaucoup plus près que nous ne le pensons.

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