Samedi de la 25ème semaine du Temps de l'Église
Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !
Nous avons parfois une drôle de relation avec le temps. Quand on est jeune, on voudrait que les années arrivent plus vite. Puis, un jour, on aimerait bien leur dire : « Doucement ! Vous pourriez quand même attendre un peu… » Qohéleth, lui, regarde la vie avec beaucoup de réalisme : « Il y a un temps pour tout. » Un temps pour naître, un temps pour mourir, un temps pour rire, un temps pour pleurer, un temps pour garder, un temps pour jeter…
Le problème, c’est que nous aimerions choisir les temps qui nous plaisent et supprimer les autres ! Pourtant, la sagesse biblique nous invite à autre chose : recevoir chaque temps comme un temps qui peut être habité par Dieu. Jean-Paul II écrivait : « chaque âge a sa beauté et ses tâches ». Voilà une parole qui peut nous faire du bien. Nous passons notre temps à regretter ce que nous n’avons plus ou à attendre ce que nous n’avons pas encore. Et pendant ce temps, nous risquons de manquer le temps qui nous est donné aujourd’hui.
Et puis arrive l’Évangile. Jésus vient d’accomplir quelque chose de grand. Tout le monde est impressionné. Et pourtant, Jésus annonce à ses disciples : « Le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes. » Eux ne comprennent pas. Et surtout, ils n’osent pas lui poser de questions. C’est très humain. Nous acceptons volontiers les bonnes nouvelles de Dieu. Mais quand sa Parole vient toucher nos peurs, nos pertes, nos changements, nos fragilités, nous préférons parfois ne pas trop poser de questions.
Pourtant Jésus ne leur cache rien. Il leur annonce que son chemin passera par la souffrance et la mort. Parce que Dieu ne nous promet pas une vie où il n’y aurait que des « temps pour rire ». Il promet d’être présent dans tous les temps de notre vie. Il y aura des saisons que nous choisirons. Et d’autres que nous subirons. Il y aura des commencements, des séparations, des réussites, des échecs, des forces nouvelles et des fragilités. Mais aucun de ces temps n’est hors de la présence de Dieu.
Le psaume nous donne alors la prière essentielle : « Apprends-nous la vraie mesure de nos jours. » Non pas : « Seigneur, donne-moi les jours que je voudrais. » Mais : « Apprends-moi à vivre les jours que tu me donnes. » C’est très différent. Peut-être est-ce cela que Jésus nous demande aujourd’hui : ne pas passer notre vie à attendre que les circonstances deviennent enfin parfaites pour commencer à vivre.
Aujourd’hui est un temps de Dieu. Alors, si je suis dans un temps de joie : rendons grâce. Si je suis dans un temps d’épreuve : demandons la force. Si je suis dans un temps de changement : avançons avec confiance. Et si je ne comprends pas ce que Dieu est en train de faire, faisons comme les disciples : restons près de Jésus, même lorsque nous ne comprenons pas. Car il y a une chose que nous pouvons savoir : les temps changent, mais le Christ demeure. Et peut-être que la vraie sagesse n’est pas de maîtriser le temps. C’est d’apprendre à marcher avec Dieu à travers chacun de ses temps.
Pour ceux qui vivent un temps de souffrance, de maladie ou de solitude, afin qu’ils ne se sentent jamais abandonnés et trouvent auprès de toi courage et espérance, nous te prions.
Pour ceux qui vivent un changement qu’ils n’ont pas choisi : deuil, vieillissement, séparation, perte d’emploi ou fragilité nouvelle, afin qu’ils découvrent un chemin possible au cœur même de cette épreuve, nous te prions.
Pour les jeunes qui commencent leur vie, pour les familles qui grandissent, pour les personnes âgées qui relisent leur histoire, afin que chacun puisse reconnaître la beauté du temps qui lui est donné, nous te prions.
Pour chacun de nous, afin que nous cessions de regretter sans cesse hier ou de craindre demain, et que nous sachions recevoir avec confiance le jour présent, nous te prions.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...

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