Vendredi de la 25ème semaine du Temps de l'Église
Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !
Nous avons tous un petit problème avec le temps. Quand nous sommes jeunes, nous trouvons que les journées sont longues. Quand nous vieillissons, nous nous demandons qui a bien pu appuyer sur le bouton « accélérer » ! Qohéleth nous rappelle cette réalité avec beaucoup de réalisme : « Il y a un temps pour tout. » Un temps pour naître, un temps pour mourir, un temps pour rire, un temps pour pleurer, un temps pour parler, un temps pour se taire… Nous aimerions parfois choisir les temps qui nous arrangent et supprimer les autres ! Mais la vie ne fonctionne pas comme cela. Le psaume nous donne alors une belle prière : « Béni soit le Seigneur, mon rocher ! » Autrement dit : puisque je ne maîtrise pas tous les temps de ma vie, Seigneur, apprends-moi à m’appuyer sur toi.
Et voilà que l’Évangile nous conduit au cœur de cette question. Jésus est en prière avec ses disciples. Il ne leur demande pas : « Est-ce que vous avez bien compris mon enseignement ? » Il leur demande : « Pour vous, qui suis-je ? » C’est une question beaucoup plus personnelle. Et Pierre répond : « Le Christ de Dieu. »Mais Jésus ne s’arrête pas là. Il annonce aussitôt sa passion, son rejet, sa mort et sa résurrection. Comme si Jésus disait à Pierre : « Tu veux savoir qui je suis ? Alors regarde aussi le chemin que je vais prendre. »
Car nous aimerions parfois un Jésus qui enlève les difficultés, qui arrange les choses, qui empêche la souffrance. Mais Jésus ne promet pas une vie sans croix. Il promet de ne jamais nous laisser seuls sur le chemin. Le pape François disait que la question « Qui suis-je pour vous ? » n’appelle pas une réponse théorique, mais « une réponse vécue ». Et il ajoutait que connaître Jésus se fait « au cours d’une route, après une longue route », une route faite de grâce et même de péché. C’est important. Notre foi n’est pas une photographie prise un jour de notre vie. Elle est un chemin.
Il y a des moments où nous avons une foi solide. D’autres où nous doutons. Des moments où nous comprenons. D’autres où nous ne comprenons plus rien. Des moments où nous remercions Dieu, et d’autres où nous lui demandons : « Pourquoi ? » Mais à travers tous ces temps, une question demeure : « Pour toi, qui suis-je ? »
Peut-être qu’aujourd’hui, Jésus ne nous demande pas de tout comprendre. Il nous demande simplement de lui répondre avec notre vie. Tu es celui vers qui je me tourne quand j’ai peur. Tu es celui à qui je peux confier ceux que j’aime. Tu es celui qui reste quand beaucoup de choses passent. Tu es mon Seigneur.
Alors Qohéleth prend une lumière nouvelle. Oui, il y a un temps pour toute chose. Oui, beaucoup de choses passent. Mais au milieu de ce temps qui passe, il y a quelqu’un qui demeure. Et c’est peut-être cela, la sagesse : ne pas chercher à retenir le temps, mais apprendre à marcher avec le Christ à travers le temps. Aujourd’hui, Jésus nous pose à nouveau sa question. Pas à la foule. Pas aux autres. À nous.
« Pour toi, qui suis-je ? » Et peut-être que notre réponse la plus vraie ne sera pas une longue phrase. Simplement : « Seigneur, je ne comprends pas toujours tes chemins. Mais je veux continuer à marcher avec toi. »
Pour ceux qui traversent un temps de souffrance, de maladie ou de solitude, afin qu’ils découvrent que le Christ demeure près d’eux lorsque tout semble vaciller, nous te prions.
Pour ceux qui vivent un temps de changement ou d’incertitude, pour ceux qui ne savent pas encore quelle route prendre, afin qu’ils trouvent lumière, courage et confiance, nous te prions.
Pour ceux qui regardent leur passé avec regret ou leur avenir avec inquiétude, afin qu’ils puissent accueillir la grâce du jour présent et avancer avec le Christ, nous te prions.
Pour chacun de nous, afin que notre réponse à la question de Jésus ne reste pas seulement dans nos paroles, mais devienne une manière de vivre, d’aimer et de servir, nous te prions.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...

Commentaires
Enregistrer un commentaire