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                                      Fête de la Dédicace des églises 

             dont on ne connaît pas la date de consécration

 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !

En ce temps-là, on célébrait la fête de la dédicace du Temple à Jérusalem. C’était l’hiver. Jésus allait et venait dans le Temple, sous la colonnade de Salomon. Les Juifs firent cercle autour de lui ; ils lui disaient : « Combien de temps vas-tu nous tenir en haleine ? Si c’est toi le Christ, dis-le nous ouvertement ! » Jésus leur répondit : « Je vous l’ai dit, et vous ne croyez pas. Les œuvres que je fais, moi, au nom de mon Père, voilà ce qui me rend témoignage. Mais vous, vous ne croyez pas, parce que vous n’êtes pas de mes brebis. Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, et personne ne les arrachera de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut les arracher de la main du Père. Le Père et moi, nous sommes UN. » 

« C’était l’hiver. » Saint Jean aurait pu se contenter de nous dire que Jésus se trouvait à Jérusalem pour la fête de la Dédicace. Mais il précise la saison. C’est peut-être l’occasion de nous demander ce que nous célébrons aujourd’hui : la consécration d’un édifice, ou bien mieux, le mystère d’un Dieu qui veut habiter parmi les hommes ?

La fête de la Dédicace commémorait la purification et la nouvelle consécration du Temple de Jérusalem. Et voilà que, dans ce Temple, on entoure Jésus et on lui demande : « Si c’est toi le Christ, dis-le-nous franchement ! » Au cœur même de la célébration, la question se pose donc : où Dieu veut-il désormais établir sa demeure ? Où pouvons-nous vraiment le rencontrer ? Jésus ne répond pas en désignant les pierres du sanctuaire. Il parle de ses brebis : « Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent. » La présence de Dieu prend un visage et une voix. Le véritable Temple, c’est le Christ lui-même, comme saint Jean l’expliquera ailleurs : "Jésus parlait du sanctuaire de son corps". En lui, Dieu vient demeurer parmi nous. En lui, nous sommes appelés à entrer dans la communion du Père. C'est fou, non ?

Faut-il en conclure que nos églises de pierre n’ont plus d’importance ? Certainement pas ! Mais elles trouvent tout leur sens dans le Christ. Le Catéchisme de l’Église catholique rappelle que, lorsque les fidèles se rassemblent, ce sont les « pierres vivantes » qui constituent l’édifice spirituel. Autrement dit : notre église est un signe précieux : elle accueille la communauté, rassemble la prière, abrite l’Eucharistie et nous ouvre à la présence du Seigneur. Mais les murs ne sont pas une fin en soi. Ils sont au service d’un peuple que Dieu veut faire vivre.

La lettre aux Hébreux nous transporte justement vers la Jérusalem céleste, vers l’assemblée des enfants de Dieu. Et l’Apocalypse nous fait entendre cette promesse extraordinaire : « Voici la demeure de Dieu avec les hommes. » Dieu essuiera toute larme de leurs yeux. Voilà l’horizon de notre consécration : non pas seulement un sanctuaire consacré, mais une humanité rassemblée, réconciliée, accueillie dans la vie de Dieu.

Alors, « C’était l’hiver »… Peut-être faut-il aussi nous demander si nos cœurs ne connaissent pas parfois leur hiver : lorsque la foi devient habitude, lorsque nos églises sont ouvertes mais que nos communautés se referment, lorsque nous célébrons la présence du Christ sans reconnaître sa voix dans nos frères. Le psaume chante : « De quel amour sont aimées tes demeures, Seigneur de l’univers ! » Aimons nos églises, prenons-en soin, transmettons-les. Mais faisons surtout en sorte que ceux qui en franchissent les portes rencontrent une communauté où ils se sentent attendus, écoutés et aimés. Que nos églises de pierre nous conduisent au Christ, véritable Temple vivant, et que nos vies deviennent à leur tour sa demeure. Alors, même au cœur de l’hiver, quelque chose de la lumière de Dieu pourra naître parmi les hommes.

Pour ton Église : qu’elle accueille la patience de Dieu comme une grâce et sache accompagner chacun sur son chemin, afin que les dons de tous contribuent à édifier un même Corps dans la foi et la charité. Seigneur, nous te prions.

Pour les victimes de la violence, des catastrophes et des injustices : que nous ne cherchions jamais à les accuser ou à expliquer leur souffrance, mais que nous sachions leur apporter notre présence, notre secours et notre fraternité. Seigneur, nous te prions.

Pour celles et ceux qui se sentent stériles, inutiles ou découragés : qu’ils découvrent qu’ils ont encore une place dans ton jardin et que leur vie peut porter des fruits inattendus. Seigneur, nous te prions.

Pour notre communauté : que chacun mette ses dons au service des autres et que la patience, le pardon et la générosité y préparent une terre féconde où ta Parole puisse grandir. Seigneur, nous te prions.

Pour chacun de nous : donne-nous de reconnaître ce qui doit être émondé dans notre vie et le courage de poser sans attendre un pas concret vers la conversion. Seigneur, nous te prions.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...

Aujourd’hui, choisis une petite terre à travailler : une relation qui a besoin de patience, une habitude qui t’éloigne de Dieu, ou un don que tu pourrais mieux mettre au service des autres.

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