Jeudi de la 30ème semaine du Temps de l'Eglise
Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !
En ce jour-là, quelques pharisiens s’approchèrent de Jésus pour lui dire : « Pars, va-t’en d’ici : Hérode veut te tuer. » Il leur répliqua : « Allez dire à ce renard : voici que j’expulse les démons et je fais des guérisons aujourd’hui et demain, et, le troisième jour, j’arrive au terme. Mais il me faut continuer ma route aujourd’hui, demain et le jour suivant, car il ne convient pas qu’un prophète périsse en dehors de Jérusalem. Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous n’avez pas voulu ! Voici que votre temple est abandonné à vous-mêmes. Je vous le déclare : vous ne me verrez plus jusqu’à ce que vienne le jour où vous direz : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! »
Nous vivons à une époque où l’on aime se sentir protégé : serrures renforcées, alarmes, mots de passe de plus en plus compliqués… Il faut parfois presque un diplôme pour ouvrir son propre téléphone ! Mais toutes ces protections nous mettent-elles à l’abri de ce qui menace vraiment notre cœur : la peur, le découragement, la colère ou la tentation de répondre au mal par le mal ? Saint Paul nous invite à revêtir « l’équipement de combat donné par Dieu ». Il énumère la vérité comme ceinture, la justice comme cuirasse, la foi comme bouclier, le salut comme casque et la Parole de Dieu comme épée. Mais attention : notre combat, précise-t-il, n’est pas contre des êtres de chair et de sang. Il ne s’agit pas de désigner des ennemis à abattre, mais de résister à tout ce qui défigure l’homme et nous éloigne de Dieu. L’armure chrétienne n’est pas faite pour blesser : elle nous aide à tenir debout dans la vérité, à rester fidèles à la justice et à annoncer l’Évangile de la paix.
L’Évangile semble pourtant nous présenter un Jésus combatif. Il appelle Hérode « ce renard » et affirme qu’il poursuivra sa route vers Jérusalem. Il ne se laisse pas intimider par les menaces. Mais quelle est sa véritable force ? Elle apparaît dans cette image bouleversante : « Combien de fois j’ai voulu rassembler tes enfants comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes ! » Face au renard, Jésus se fait protecteur. Il expose sa propre vie pour mettre les siens à l’abri.
Le pape François, commentant ce passage, parlait de l’« impuissance » de Dieu, incapable de cesser d’aimer, même lorsque son amour est refusé*. Voilà le paradoxe de notre Dieu : il ne renonce jamais à aimer, même devant la résistance de l’homme. Et Jésus sait pourtant que Jérusalem le rejettera. Il avance sans naïveté, mais sans haine.
Paul nous rappelle que notre première tâche est de tenir debout, enracinés dans la vérité, protégés par la foi et chaussés du zèle à annoncer l’Évangile de la paix. Le psaume nous fait chanter que Dieu est notre force et notre libérateur. Nous n’avons donc pas à nous fabriquer une toute-puissance. Nous avons à nous appuyer sur lui pour ne pas céder à la peur et pour ne pas devenir semblables au mal que nous combattons.
Que le Christ nous apprenne à tenir bon sans durcir notre cœur, à protéger les plus fragiles sans haïr personne, et à rester, même dans l’épreuve, sous les ailes de son amour.
* méditation matinale du 29 octobre 2015, « Comme la poule »
Pour ton Église : qu’elle revête l’armure de la vérité, de la justice et de la foi, non pour combattre les personnes, mais pour résister au mal et annoncer avec courage l’Évangile de la paix. Seigneur, nous te prions.Pour les peuples ravagés par la guerre et la violence : que les puissants renoncent à la logique du renard qui cherche sa proie ; que les artisans de paix trouvent la force de protéger les innocents et de reconstruire la fraternité. Seigneur, nous te prions.
Pour celles et ceux qui protègent les plus fragiles, parfois au péril de leur vie : les soignants, les humanitaires, les défenseurs des victimes et tous ceux qui refusent l’indifférence ; fortifie leur courage et garde-les dans ton amour. Seigneur, nous te prions.
Pour les personnes blessées par la haine, l’injustice ou l’abandon : qu’elles trouvent sous tes ailes un refuge, et sur leur chemin des hommes et des femmes capables de les accueillir sans les juger. Seigneur, nous te prions.
Pour chacun de nous : lorsque la peur ou la colère nous gagnent, apprends-nous à tenir debout dans la foi, à parler avec vérité et à combattre le mal sans jamais renoncer à aimer. Seigneur, nous te prions.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...
Aujourd’hui, face à une contrariété ou à une personne qui t’agace, prends le temps de répondre
Commentaires
Enregistrer un commentaire