Lundi de la 29ème semaine du Temps de l'Eglise
Il existe des gens qui ne jettent rien. On garde « au cas où », on remplit les armoires, on range soigneusement… jusqu’au jour où il faut acheter une nouvelle armoire pour ranger ce qu’on ne sait plus où mettre ! Nous sourions, mais cette manie de tout conserver révèle parfois une inquiétude plus profonde : et si, demain, nous manquions de quelque chose ?
L’homme de la parabole ressemble à cela. Sa récolte est exceptionnelle ; il pourrait s’en réjouir, remercier Dieu, penser à ceux qui manquent du nécessaire. Mais il ne parle qu’à lui-même : « Que vais-je faire ? » Puis il répond : agrandir mes greniers, y entasser mes biens, et me reposer. Tout est prévu… sauf l’essentiel : la vie ne lui appartient pas.
Jésus ne condamne pas le travail, les économies ni le souci de préparer l’avenir. Il nous met en garde contre une illusion : croire que l’accumulation peut nous donner la sécurité absolue. Cet homme a des greniers pleins, mais son horizon est vide. Il possède beaucoup de choses, sans se demander ce qui donne du poids et du goût à sa vie.
La première lecture nous ramène à la source : « C’est bien par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. » Avant nos mérites et nos réussites, il y a un don que nous n’avons pas fabriqué : Dieu nous a aimés et nous a fait vivre avec le Christ. Nous ne sommes pas les propriétaires de notre existence, mais les bénéficiaires d’une grâce. Et Paul ajoute que nous sommes créés pour accomplir les œuvres bonnes que Dieu a préparées pour nous. La grâce reçue devient donc une vie donnée.
Le pape François, commentant cette parabole, nous invite à nous demander où nous investissons : dans des richesses qui passent ou dans ce qui demeure devant Dieu. Il rappelle que l’amour du prochain et le soin des pauvres sont de véritables richesses.
Le psaume nous donne une autre manière d’habiter le monde : « Reconnaissez que le Seigneur est Dieu : il nous a faits, et nous sommes à lui. » Notre sécurité ultime ne se trouve pas dans ce que nous possédons, mais dans Celui auquel nous appartenons.
Alors, aujourd’hui, une question peut nous accompagner : qu’est-ce que je cherche à garder à tout prix, alors que je pourrais le partager ? Du temps, de l’argent, une compétence, une attention, une place laissée à quelqu’un ? Nous ne pouvons pas tout emporter, mais nous pouvons déjà faire de notre vie un trésor pour les autres. C’est ainsi que l’on devient riche en vue de Dieu.
Pour les personnes qui craignent l’avenir, celles que la précarité inquiète et celles qui se sentent seules devant leurs difficultés : qu’elles rencontrent des frères et des sœurs qui partagent avec elles leur pain, leur temps et leur espérance. Seigneur, nous te prions.
Pour les responsables économiques et politiques : qu’ils mettent les richesses de la terre au service de tous, en particulier des plus fragiles, et qu’ils recherchent le bien commun plutôt que le profit à tout prix. Seigneur, nous te prions.
Pour notre communauté et pour chacun de nous : apprends-nous à rendre grâce pour ce que nous avons reçu, à nous détacher de ce qui nous enferme et à faire fructifier nos dons au service des autres. Seigneur, nous te prions.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...

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