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Mardi de la 27ème semaine du Temps de l'Église

 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !


 En ce temps-là, Jésus entra dans un village. Une femme nommée Marthe le reçut. Elle avait une sœur appelée Marie qui, s’étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Quant à Marthe, elle était accaparée par les multiples occupations du service. Elle intervint et dit : « Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur m’ait laissé faire seule le service ? Dis-lui donc de m’aider. » Le Seigneur lui répondit : « Marthe, Marthe, tu te donnes du souci et tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée. » 

Il y a des journées où nous avons l’impression d’avoir couru du matin au soir… et, au moment de nous coucher, nous nous demandons : « Mais qu’est-ce que j’ai vraiment fait aujourd’hui ? » Nous avons répondu à des messages, réglé des problèmes, fait des courses, travaillé, organisé… Bref, nous avons été très occupés. Mais avons-nous été vraiment présents ? C’est un peu la scène de l’Évangile. Marthe accueille Jésus. Et c’est déjà magnifique. Elle ouvre sa maison, elle se met au service, elle veut que tout soit bien. Mais peu à peu, elle ne voit plus Jésus : elle ne voit plus que tout ce qu’il faut faire. Marie, elle, « s’assit aux pieds du Seigneur et écoutait sa parole ». Jésus ne dit pas que servir est mauvais. Il ne reproche pas à Marthe de préparer le repas, peut-être des boulets à la liégeoise et des lacquemants comme dessert ! Je suis sûr que Jésus devait aimer la cuisine liégeoise. Il lui dit quelque chose de beaucoup plus profond : « Marthe, Marthe, tu te donnes du souci et tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. »

Le problème n’est pas de faire beaucoup. Le problème est de ne plus savoir pourquoi nous faisons ce que nous faisons. Nous pouvons même être très actifs dans notre vie chrétienne : organiser, préparer, rendre service, participer, prendre des responsabilités… et finir par ne plus prendre le temps d’être avec Celui pour qui nous faisons tout cela. Nous pouvons travailler beaucoup pour le Seigneur, mais sans le Seigneur. Le pape François l’avait joliment exprimé : « Il faut apprendre à rester avec Jésus, à demeurer avec lui, à écouter sa parole. » C’est de cette présence que notre action peut ensuite recevoir sa justesse.

La première lecture nous montre quelque chose de semblable chez Paul. Il raconte sa vie d’avant : il était « démesurément attaché » aux traditions de ses pères. Il avait de l’énergie, des convictions, de l’engagement. Mais il n’avait pas encore rencontré le Christ de cette manière nouvelle qui allait réorienter toute son existence.

Et voilà peut-être le lien entre Paul, Marthe et Marie : une vie peut être pleine d’activité et pourtant avoir besoin d’être recentrée. Nous connaissons tous cela. Il y a des moments où nous faisons tellement de choses que nous n’avons plus le temps de nous demander : « Seigneur, qu’est-ce que tu attends vraiment de moi ? »

Marie nous rappelle que l’essentiel commence par l’écoute. Et cela ne signifie pas devenir passif. Au contraire : celui qui a vraiment écouté peut ensuite mieux agir. Celui qui s’est laissé rejoindre par le Christ peut servir sans se croire indispensable. Celui qui a reçu peut donner sans s’épuiser à tout contrôler.

Peut-être que Jésus nous invite aujourd’hui à faire moins… mais à faire plus profondément. À accomplir une tâche ordinaire en nous souvenant de Celui pour qui nous la faisons. Car la sainteté ne consiste pas à remplir toutes les cases. Elle consiste à ne pas passer à côté de Celui qui est là. Marthe avait Jésus dans sa maison. Marie avait Jésus dans son cœur. Et nous ? Au milieu de nos occupations, savons-nous encore nous asseoir quelques instants à ses pieds ?

Pour l’Église : qu’au milieu de ses nombreuses activités, elle sache toujours revenir à l’essentiel : écouter la Parole, demeurer auprès du Christ et annoncer son Évangile. Seigneur, nous te prions.

Pour ceux qui sont accaparés par les soucis de la vie : ceux qui travaillent trop, ceux qui portent une famille, une maladie ou une responsabilité lourde ; que le Seigneur leur donne des frères capables de les soutenir et des moments où leur cœur puisse enfin respirer. Seigneur, nous te prions.

Pour ceux qui cherchent leur chemin : pour les jeunes qui s’interrogent sur leur avenir, pour ceux qui connaissent un changement de vie, et pour ceux dont les certitudes se sont effondrées : que la lumière du Christ les rejoigne et les conduise. Seigneur, nous te prions.

Pour tous ceux qui servent les autres : soignants, parents, aidants, bénévoles, éducateurs et tous ceux qui donnent beaucoup d’eux-mêmes : que leur service demeure habité par la joie et ne devienne jamais épuisement ou amertume. Seigneur, nous te prions.

Pour notre communauté : que nous sachions accueillir le Seigneur dans nos maisons et dans nos vies, et que notre action trouve toujours sa source dans l’écoute de sa Parole. Seigneur, nous te prions.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...

Aujourd’hui, prendre dix minutes sans téléphone, sans écran et sans tâche à accomplir. S’asseoir simplement dans un endroit calme, ouvrir éventuellement l’Évangile du jour et relire lentement cette phrase : « Une seule chose est nécessaire. » Puis rester quelques instants en silence devant le Seigneur, sans chercher à « faire » une prière parfaite.

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