Mardi de la 28ème semaine du Temps de l'Eglise
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Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !
En ce temps-là, pendant que Jésus parlait, un pharisien l’invita pour le repas de midi. Jésus entra chez lui et prit place. Le pharisien fut étonné en voyant qu’il n’avait pas fait d’abord les ablutions précédant le repas. Le Seigneur lui dit : « Bien sûr, vous les pharisiens, vous purifiez l’extérieur de la coupe et du plat, mais à l’intérieur de vous-mêmes vous êtes remplis de cupidité et de méchanceté. Insensés ! Celui qui a fait l’extérieur n’a-t-il pas fait aussi l’intérieur ? Donnez plutôt en aumône ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous. »
Nous avons tous connu cela : une maison impeccable quand les invités arrivent, les coussins bien alignés, la table joliment dressée… et parfois une petite pièce où l’on a entassé en catastrophe tout ce qu’on ne voulait pas montrer ! L’essentiel, c’est que personne n’ouvre la mauvaise porte … Dans l’Évangile, Jésus est invité à manger chez un pharisien. Et son hôte s’étonne qu’il ne se soit pas lavé les mains avant le repas. Jésus saisit l’occasion pour poser une question qui dérange : A quoi sert de nettoyer l’extérieur si l’intérieur reste encombré ? Attention : Jésus ne critique pas l’hygiène ! Il parle de notre manière de vivre la foi. Nous pouvons être très attentifs aux gestes religieux, aux habitudes, à ce qui se voit… et oublier ce qui se passe dans notre cœur. Nous savons parfois donner une bonne image de nous-mêmes. Nous savons être polis, serviables, irréprochables en public. Mais qu’en est-il de nos pensées, de nos jugements, de notre manière de parler de ceux qui ne sont pas là ? Qu’en est-il de notre générosité quand personne ne nous regarde ? Jésus ne nous demande pas de devenir parfaits en apparence. Il nous invite à laisser Dieu travailler en profondeur.
Et sa proposition est étonnante : « Donnez plutôt en aumône ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous. » Comme si la pureté du cœur se vérifiait dans notre capacité à donner. Non pas seulement de l’argent, mais du temps, de l’attention, une parole qui relève, un pardon que nous retenions depuis trop longtemps. Le pape François rappelait que l’aumône ne consiste pas simplement à tendre une pièce, mais à s’arrêter pour regarder la personne qui demande de l’aide, à reconnaître en elle quelqu’un qui mérite notre attention. La miséricorde commence quand l’autre cesse d’être un problème et redevient un visage.
Saint Paul, dans la première lecture, nous parle d’une autre forme de liberté. « C’est pour que nous soyons libres que le Christ nous a libérés. » Il ne s’agit pas de faire ce que nous voulons, sans règles ni responsabilités. Il s’agit de ne plus vivre notre relation à Dieu comme une servitude, à force de vouloir mériter son amour. Nous ne faisons pas le bien pour acheter l’amour de Dieu ; nous faisons le bien parce que nous avons découvert que nous sommes aimés. Voilà ce qui peut transformer notre vie chrétienne : passer de l’obligation à la gratitude, de l’apparence à la vérité, du souci de paraître bon à la joie de faire du bien.
Alors, aujourd’hui, inutile de retourner toute la maison intérieure en une journée ! Mais ouvrons peut-être cette petite pièce que nous gardons fermée : une indifférence, une générosité toujours remise à demain. Et demandons au Seigneur de faire de notre cœur non pas une vitrine impeccable, mais une maison accueillante. Car la vraie pureté ne consiste pas à n’avoir rien à cacher, mais à laisser l’amour de Dieu transformer ce que nous n’osons pas encore lui ouvrir.
Pour ton Église, Seigneur : qu’elle ne se contente jamais de la beauté de ses rites et de ses paroles, mais qu’elle révèle ton visage par une charité attentive aux plus fragiles. Seigneur, nous te prions.
Pour ceux que le monde regarde sans vraiment les voir : les personnes sans abri, les pauvres, les exilés, ceux dont la solitude demeure cachée derrière un sourire. Que des mains fraternelles leur ouvrent un chemin de dignité. Seigneur, nous te prions.
Pour ceux qui sont prisonniers de leur image, de leurs réussites ou du jugement des autres : qu’ils découvrent la liberté de se tenir devant toi tels qu’ils sont, sans masque, dans la confiance de ton amour. Seigneur, nous te prions.
Pour notre communauté : que notre foi ne reste pas à la surface de nos habitudes, mais qu’elle descende dans nos choix, nos paroles et nos relations. Fais de nous des artisans discrets de bonté et de réconciliation. Seigneur, nous te prions.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...
Aujourd’hui, choisis une personne envers qui tu te montres habituellement correct, mais sans véritable attention : un collègue, un voisin, un membre de ta famille, quelqu’un que tu croises sans vraiment le regarder. Prends le temps de lui demander sincèrement comment elle va, écoute sa réponse sans regarder ton téléphone et, si tu le peux, propose-lui une aide concrète.
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