Mardi de la 29ème semaine du Temps de l'Eglise
Il suffit parfois d’un coup de sonnette pour déclencher une agitation extraordinaire dans une maison : on débarrasse rapidement la table, on pousse quelques objets dans une pièce dont on ferme soigneusement la porte, et l’on accueille le visiteur avec un grand sourire. Tout est prêt… du moins, ce que le visiteur est censé voir !
Jésus nous parle aujourd’hui d’une autre manière de nous tenir prêts : « Restez en tenue de service, votre ceinture autour des reins, et vos lampes allumées. » Il ne s’agit pas de préparer une maison impeccable pour une visite annoncée, mais de vivre de telle sorte que le Seigneur puisse venir à tout moment. La vigilance chrétienne n’est pas une inquiétude permanente, comme si Dieu risquait de nous surprendre en faute. C’est ne pas remettre toujours à demain l’amour que nous pouvons donner aujourd’hui. Et voici la surprise de l’Évangile : lorsque le maître arrive, il fait asseoir ses serviteurs et se met à les servir. Celui que nous attendons n’est pas un contrôleur venu vérifier si tout est en ordre. Il est le Seigneur qui s’approche pour nous donner sa vie. L’attendre, c’est donc déjà apprendre à vivre à sa manière.
La lettre aux Éphésiens nous dit justement ce que le Christ vient accomplir : ceux qui étaient loin sont devenus proches ; les murs de séparation sont abattus. « Il est notre paix. » Ceux qui étaient étrangers deviennent concitoyens des saints, membres de la famille de Dieu, pierres vivantes d’une même construction. Le pape Léon XIV le rappelait dans son homélie du dimanche des Rameaux 2026 : le Christ, Roi de paix, vient embrasser l’humanité et détruire les barrières qui nous séparent de Dieu et de notre prochain.
Alors, comment garder nos lampes allumées ? Pas seulement en multipliant les prières ou en attendant des signes extraordinaires. Le psaume nous donne une magnifique image de cette attente : « Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent. » Voilà ce qui arrive lorsque Dieu vient habiter notre vie : la vérité ne sert plus à humilier, la justice ne cherche plus à écraser, et la paix devient possible.
Nous ne connaissons ni le jour ni l’heure de la venue du Seigneur. Mais nous savons déjà comment nous préparer : en laissant le Christ abattre les murs qui nous séparent et en devenant, à notre tour, des serviteurs de la paix. Que, lorsqu’il viendra, il trouve nos lampes allumées et nos portes ouvertes à nos frères.
Pour les peuples déchirés par la guerre, les haines anciennes et les murs de méfiance : que les artisans de paix trouvent le courage de renouer le dialogue, de rechercher la justice et de préparer des chemins de réconciliation. Seigneur, nous te prions.
Pour celles et ceux qui se sentent étrangers, rejetés ou sans place dans notre société : qu’ils rencontrent des communautés qui les accueillent non comme des inconnus, mais comme des frères et des sœurs. Seigneur, nous te prions.
Pour notre communauté et pour chacun de nous : que le Seigneur nous trouve éveillés dans le service, attentifs aux personnes oubliées et prêts à poser les gestes qui rétablissent la confiance et la paix. Seigneur, nous te prions.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...

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