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Mercredi de la 28ème semaine du Temps de l'Eglise

 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !

 En ce temps-là, Jésus disait : « Quel malheur pour vous, pharisiens, parce que vous payez la dîme sur toutes les plantes du jardin, comme la menthe et la rue, et vous passez à côté du jugement et de l’amour de Dieu. Ceci, il fallait l’observer, sans abandonner cela. Quel malheur pour vous, pharisiens, parce que vous aimez le premier siège dans les synagogues, et les salutations sur les places publiques. Quel malheur pour vous, parce que vous êtes comme ces tombeaux qu’on ne voit pas et sur lesquels on marche sans le savoir. » Alors un docteur de la Loi prit la parole et lui dit : « Maître, en parlant ainsi, c’est nous aussi que tu insultes. » Jésus reprit : « Vous aussi, les docteurs de la Loi, malheureux êtes-vous, parce que vous chargez les gens de fardeaux impossibles à porter, et vous-mêmes, vous ne touchez même pas ces fardeaux d’un seul doigt. »

Nous connaissons tous des personnes qui ont le sens du détail. Elles remarquent immédiatement une petite tache sur une nappe, un objet mal rangé, une faute dans un texte. C’est parfois bien utile ! Mais on peut aussi avoir l’œil très exercé pour les petits défauts des autres et devenir étonnamment aveugle à ce qui, dans notre propre cœur, mériterait d’être nettoyé.

C’est précisément ce que Jésus reproche aux pharisiens. Ils prélèvent soigneusement la dîme jusque sur les plantes aromatiques de leur jardin, mais ils négligent « la justice et l’amour de Dieu ». Jésus ne leur dit pas que les petits gestes religieux sont inutiles. Il leur reproche de prendre soin des détails en oubliant l’essentiel. On peut être irréprochable dans les pratiques et dur dans ses jugements ; fidèle aux rites et peu généreux dans ses relations ; attentif à ce qui se voit et indifférent à la souffrance qui se cache.

Le danger n’est pas de soigner l’extérieur, mais de croire que l’extérieur suffit. Une belle célébration, une prière fidèle, un geste de dévotion ont toute leur place, à condition qu’ils nous conduisent davantage vers Dieu et vers nos frères. Sinon, notre religion risque de devenir une belle façade derrière laquelle le cœur reste fermé.

Saint Paul nous indique le chemin dans la lettre aux Galates : « Marchez sous la conduite de l’Esprit. » Et il en donne les fruits : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi. Voilà un examen de conscience bien plus exigeant que de vérifier si tout est en ordre en apparence ! Non pas : « Est-ce que j’ai l’air d’un bon chrétien ? », mais : « Ceux qui me rencontrent font-ils l’expérience d’un peu plus de bonté, de paix et de justice ? » Le pape François le rappelait en commentant cette lettre : la liberté chrétienne ne consiste pas à faire tout ce qui nous plaît ; elle s’accomplit dans l’amour et le service des autres. La liberté donnée par le Christ nous libère précisément de l’esclavage de notre égoïsme.

Le psaume compare celui qui s’attache à la Parole de Dieu à un arbre planté près d’un ruisseau : il porte du fruit en son temps. Un arbre ne porte pas de fruits parce qu’il les affiche sur ses branches, mais parce qu’il puise à une source vivante.
Demandons donc au Seigneur non pas seulement de rendre notre vie chrétienne plus présentable, mais de l’enraciner plus profondément en lui. Que notre foi se reconnaisse moins à ce que nous montrons qu’aux fruits qu’elle fait mûrir : une justice qui relève, une bonté qui accueille et un amour qui devient concret.

Pour ton Église : qu’elle ne cherche pas seulement à être admirée pour ses œuvres et ses paroles, mais qu’elle révèle ton visage par la justice, la douceur et l’attention aux plus petits. Seigneur, nous te prions.

Pour celles et ceux qui exercent une responsabilité dans la société : qu’ils ne s’arrêtent pas aux discours et aux apparences, mais travaillent au bien commun, à la dignité de chacun et à la paix. Seigneur, nous te prions.

Pour les personnes qui souffrent de l’indifférence, de l’injustice ou du jugement des autres : qu’elles rencontrent des hommes et des femmes capables de les écouter, de les défendre et de leur rendre espérance. Seigneur, nous te prions.

Pour notre communauté : que notre prière et nos célébrations portent des fruits dans notre manière de vivre ensemble ; que la patience l’emporte sur l’irritation, le pardon sur le ressentiment et la générosité sur l’indifférence. Seigneur, nous te prions.

Seigneur, tu as confié ton Église à des pasteurs appelés à veiller sur ton peuple. Que l’héritage laissé par Monseigneur Houssiau décédé hier soit comme une semence enfouie en terre, qui continue de porter du fruit. Soutiens celles et ceux qui poursuivent aujourd’hui la mission de l’Évangile,afin qu’ils soient des témoins de ta lumière et des serviteurs de la vie. Seigneur, nous te prions.

Pour chacun de nous : que ton Esprit nous donne de reconnaître ce qui, en nous, a besoin d’être converti, et le courage de poser aujourd’hui un geste concret de bonté. Seigneur, nous te prions.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...

Aujourd’hui, choisis un geste de bonté que personne ne remarquera peut-être : rendre un service sans le signaler, écouter jusqu’au bout une personne qui t’agace, retenir une critique ou reconnaître franchement le mérite de quelqu’un.

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