Accéder au contenu principal

 

Notre-Dame du Rosaire 

 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !


 En ce temps-là, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. » Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je ne connais pas d’homme ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. Car rien n’est impossible à Dieu. » Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur : que tout m’advienne selon ta parole. » Alors l’ange la quitta.

Nous connaissons tellement bien certaines prières que nous pouvons parfois les réciter sans même savoir où nous en sommes ! Le chapelet a parfois ce petit danger : les lèvres continuent, les doigts avancent sur les grains… et la tête, elle, est déjà partie faire les courses ! Mais le Rosaire n’est pas une prière où l’on cherche à dire beaucoup de choses à Dieu. C’est une prière où l’on apprend à regarder avec Marie.

L’Évangile nous donne justement aujourd’hui la prière que Jésus transmet à ses disciples : « Père… que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne… Donne-nous le pain dont nous avons besoin… pardonne-nous… » Remarquons quelque chose : Jésus ne commence pas par nous apprendre à parler de nous-mêmes. Il nous apprend d’abord à nous tourner vers le Père. Avant nos problèmes, nos demandes, nos inquiétudes : Dieu. Son nom. Son règne. Sa volonté.

Et Marie a vécu cela avant nous. Elle a appris à accueillir Dieu avant de chercher à tout comprendre. C’est pourquoi le Rosaire est profondément évangélique. Saint Jean-Paul II disait qu’il nous conduit « à l’école de Marie » pour contempler le visage du Christ. Voilà le secret du chapelet : à force de répéter « Je vous salue Marie », nous ne cherchons pas à retenir Marie à la place de Jésus. Nous lui demandons de nous apprendre à regarder Jésus comme elle l’a regardé : dans la joie de Bethléem, dans l’inquiétude de Nazareth, dans la souffrance du Calvaire, dans la lumière de la Résurrection.

Et la première lecture nous rappelle que cette rencontre avec le Christ ne peut pas rester enfermée dans nos habitudes. Paul découvre que l’Évangile est destiné à tous. Il lui faut même défendre cette universalité auprès de ceux qui voudraient le réserver à quelques-uns.

Le Rosaire nous conduit donc dans deux directions : vers le cœur et vers le monde. Vers le cœur, parce que Marie nous apprend à accueillir le Christ. Vers le monde, parce que celui qui a vraiment rencontré le Christ ne peut pas garder cette lumière pour lui.

Le pape François priait Marie comme « femme de l’écoute » et lui demandait d’ouvrir nos oreilles pour entendre la parole de son Fils au milieu des « milliers de paroles de ce monde ». C’est peut-être l’un des grands besoins de notre époque : nous entendons tellement de choses que nous avons parfois du mal à écouter.

Alors, en cette fête de Notre-Dame du Rosaire, peut-être pouvons-nous retrouver la simplicité de cette prière. Pas pour réciter davantage. Mais pour écouter davantage. Prendre un mystère. Une dizaine. Quelques minutes. Et laisser une scène de l’Évangile entrer doucement dans notre vie. Parce que Marie ne nous apprend pas seulement à prier. Elle nous apprend à faire de notre vie une réponse à Dieu. Et peut-être qu’au bout d’un chapelet, nous ne serons pas devenus de grands mystiques. Mais si nous avons appris à regarder un peu plus comme Marie, à écouter un peu mieux Jésus, et à aimer un peu davantage ceux qui nous entourent, alors notre prière aura déjà commencé à porter du fruit.

Pour l’Église, afin qu’elle demeure fidèle à la Parole reçue, qu’elle ne l’enferme jamais dans ses habitudes et qu’elle l’annonce à tous les peuples comme une lumière qui ne s’éteint pas, Seigneur, nous te prions.

Pour les peuples de la terre, pour ceux que séparent les frontières, les langues, les religions ou les blessures de l’histoire : que l’Évangile ouvre des chemins de rencontre et que le nom du Père soit sanctifié dans la justice et la paix, Seigneur, nous te prions.

Pour ceux qui portent dans leur cœur une souffrance cachée, pour les malades, les familles éprouvées, les personnes seules et découragées : que Marie les accompagne de sa présence maternelle et leur apprenne à garder l’espérance au cœur de la nuit,
Seigneur, nous te prions.

Pour tous ceux qui prient le Rosaire, dans les familles, les communautés, les sanctuaires et dans le secret des maisons : que cette prière ne soit jamais une simple répétition de paroles, mais une école de contemplation, de confiance et de charité, Seigneur, nous te prions.

Pour chacun de nous, afin que nous sachions, comme Marie, accueillir la Parole, la garder dans notre cœur et la laisser devenir un geste de bonté, de pardon ou de paix, Seigneur, nous te prions.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...

Aujourd’hui, prendre une seule dizaine de chapelet — pas nécessairement tout le Rosaire — et la prier lentement. Avant de commencer, choisir une personne précise : quelqu’un qui souffre, qui est loin de Dieu, avec qui la relation est difficile, ou qui a simplement besoin d’être porté dans la prière. À chaque « Je vous salue Marie », ne pas chercher à penser à dix choses : simplement remettre cette personne entre les mains de Marie.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

  Mercredi de la 1ère semaine du Temps de l'Eglise   Mettons-nous en    présence de Dieu :   Dieu, viens à mon aide ;   Seigneur, à notre secours ! En ce temps-là, aussitôt sortis de la synagogue de Capharnaüm, Jésus et ses disciples allèrent, avec Jacques et Jean, dans la maison de Simon et d’André. Or, la belle-mère de Simon était au lit, elle avait de la fièvre. Aussitôt, on parla à Jésus de la malade. Jésus s’approcha, la saisit par la main et la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait. Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal ou possédés par des démons. La ville entière se pressait à la porte. Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies, et il expulsa beaucoup de démons ; il empêchait les démons de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était. Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube. Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il ...
  Lundi de la 2ème semaine du Temps de l'Eglise    Mettons-nous en    présence de Dieu :   Dieu, viens à mon aide ;   Seigneur, à notre secours ! En ce temps-là, comme les disciples de Jean le Baptiste et les pharisiens jeûnaient, on vint demander à Jésus : « Pourquoi, alors que les disciples de Jean et les disciples des pharisiens jeûnent, tes disciples ne jeûnent-ils pas ? » Jésus leur dit : « Les invités de la noce pourraient-ils jeûner, pendant que l’Époux est avec eux ? Tant qu’ils ont l’Époux avec eux, ils ne peuvent pas jeûner. Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors, ce jour-là, ils jeûneront. Personne ne raccommode un vieux vêtement avec une pièce d’étoffe neuve ; autrement le morceau neuf ajouté tire sur le vieux tissu et la déchirure s’agrandit. Ou encore, personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; car alors, le vin fera éclater les outres, et l’on perd à la fois le vin et les outres. À vin n...
  Fini ...   Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours ! Jésus disait : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé. Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ; mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé. Il y a des cadeaux qu’on reçoit et qu’on range quelque part. Une jolie boîte, un souvenir de vacances… et puis, au bout de quelques mois, on ne sait plus très bien où on l’a mis ! Il ne faudrait surtout pas que cela arrive avec la paix reçue pendan...