Accéder au contenu principal

 

Sainte Thérèse de Jésus (d'Avila)

 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !

 En ce temps-là, Jésus disait : « Quel malheur pour vous, parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes, alors que vos pères les ont tués. Ainsi vous témoignez que vous approuvez les actes de vos pères, puisque eux-mêmes ont tué les prophètes, et vous, vous bâtissez leurs tombeaux. C’est pourquoi la Sagesse de Dieu elle-même a dit : Je leur enverrai des prophètes et des apôtres ; parmi eux, ils en tueront et en persécuteront. Ainsi cette génération devra rendre compte du sang de tous les prophètes qui a été versé depuis la fondation du monde, depuis le sang d’Abel jusqu’au sang de Zacharie, qui a péri entre l’autel et le sanctuaire. Oui, je vous le déclare : on en demandera compte à cette génération. Quel malheur pour vous, docteurs de la Loi, parce que vous avez enlevé la clé de la connaissance ; vous-mêmes n’êtes pas entrés, et ceux qui voulaient entrer, vous les en avez empêchés. » Quand Jésus fut sorti de la maison, les scribes et les pharisiens commencèrent à s’acharner contre lui et à le harceler de questions ; ils lui tendaient des pièges pour traquer la moindre de ses paroles.

Il nous arrive parfois de compliquer singulièrement les choses. Nous voulons bien faire, nous cherchons la bonne méthode, nous multiplions les conseils… et, à force de vouloir tout maîtriser, nous finissons par oublier l’essentiel. Il en va parfois ainsi dans la vie spirituelle : nous pouvons tellement nous préoccuper de bien prier que nous en oublions de rencontrer Dieu ! Sainte Thérèse d’Avila, que nous fêtons aujourd’hui, connaissait bien ces détours. Réformatrice du Carmel, femme de prière et de caractère, elle savait que la rencontre avec Dieu ne consiste pas d’abord à multiplier les pratiques, mais à entrer dans une relation vivante avec lui.

La lettre aux Éphésiens nous donne aujourd’hui une perspective magnifique : Dieu nous a choisis dans le Christ, avant même la création du monde, pour que nous soyons ses enfants. Tout commence donc par une initiative de Dieu. Avant nos efforts, avant nos mérites, avant même que nous ayons réussi quoi que ce soit, nous sommes aimés et appelés à vivre en sa présence. Voilà qui change notre manière de vivre la foi. Nous ne prions pas pour convaincre Dieu de nous aimer. Nous prions parce que nous sommes aimés. Nous ne cherchons pas à gagner notre place auprès de lui : nous apprenons à habiter celle qu’il nous offre. Cela ne signifie pas que tout devient facile. Thérèse a connu les résistances, les incompréhensions et les épreuves. Mais elle a découvert que l’amitié avec le Christ pouvait devenir le cœur d’une existence, jusque dans ses combats et ses contrariétés.

Or, dans l’Évangile, Jésus adresse aux scribes et aux docteurs de la Loi une parole particulièrement sévère. Ils honorent les prophètes morts, mais leurs actes ressemblent à ceux de leurs ancêtres qui les ont persécutés. Ils entretiennent la mémoire des témoins de Dieu, tout en refusant d’entendre sa parole lorsqu’elle les dérange. Le risque est toujours actuel. Nous pouvons admirer les saints, célébrer leurs fêtes, citer leurs paroles et même défendre la tradition… sans laisser l’Évangile transformer nos habitudes. Il est plus facile de construire un monument à un prophète que d’écouter quelqu’un qui, aujourd’hui, nous dit une vérité désagréable !

La sainteté de Thérèse nous invite précisément à dépasser cette contradiction. La prière authentique ne nous éloigne pas de la réalité : elle nous y ramène avec un cœur renouvelé. Si nous rencontrons vraiment le Christ, quelque chose doit changer dans notre manière de parler, d’écouter, de décider et de traiter les autres.  

Aujourd’hui, ne cherchons pas nécessairement à faire davantage de choses pour Dieu. Prenons plutôt le temps de nous tenir devant lui, simplement, tels que nous sommes. Puis demandons-nous : si je prends au sérieux l’amour que Dieu me donne, qu’est-ce qui devrait changer concrètement dans ma journée ? C’est peut-être là que commence notre réforme intérieure. Et c’est peut-être ainsi que, comme Thérèse, nous laisserons Dieu faire de notre vie un lieu d’amitié avec lui et de rencontre avec les autres.

Pour l’Église, afin qu’elle ne se contente jamais de célébrer la mémoire des saints, mais qu’elle laisse leur témoignage renouveler sa manière d’annoncer l’Évangile et de servir les hommes. Seigneur, nous te prions.

Pour celles et ceux qui exercent des responsabilités, afin qu’ils sachent accueillir les paroles qui dérangent, reconnaître leurs erreurs et rechercher sincèrement le bien commun. Seigneur, nous te prions.

Pour les personnes éprouvées par les difficultés, le doute ou la solitude, afin qu’elles découvrent dans la prière une présence fidèle et trouvent auprès de leurs frères et sœurs le soutien dont elles ont besoin. Seigneur, nous te prions.

Pour notre communauté, à l’exemple de sainte Thérèse d’Avila, afin que notre prière nourrisse notre charité, transforme nos relations et nous rende disponibles aux appels de Dieu. Seigneur, nous te prions.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...

Aujourd’hui, orsque quelqu’un me fera une remarque désagréable ou me dira quelque chose que je n’ai pas envie d’entendre, je prendrai le temps de l’écouter jusqu’au bout, sans préparer ma défense pendant qu’il parle.
Je me demanderai ensuite, devant le Seigneur : Y a-t-il quelque chose de vrai que je peux accueillir dans cette parole ?

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

  Mercredi de la 1ère semaine du Temps de l'Eglise   Mettons-nous en    présence de Dieu :   Dieu, viens à mon aide ;   Seigneur, à notre secours ! En ce temps-là, aussitôt sortis de la synagogue de Capharnaüm, Jésus et ses disciples allèrent, avec Jacques et Jean, dans la maison de Simon et d’André. Or, la belle-mère de Simon était au lit, elle avait de la fièvre. Aussitôt, on parla à Jésus de la malade. Jésus s’approcha, la saisit par la main et la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait. Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal ou possédés par des démons. La ville entière se pressait à la porte. Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies, et il expulsa beaucoup de démons ; il empêchait les démons de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était. Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube. Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il ...
  Lundi de la 2ème semaine du Temps de l'Eglise    Mettons-nous en    présence de Dieu :   Dieu, viens à mon aide ;   Seigneur, à notre secours ! En ce temps-là, comme les disciples de Jean le Baptiste et les pharisiens jeûnaient, on vint demander à Jésus : « Pourquoi, alors que les disciples de Jean et les disciples des pharisiens jeûnent, tes disciples ne jeûnent-ils pas ? » Jésus leur dit : « Les invités de la noce pourraient-ils jeûner, pendant que l’Époux est avec eux ? Tant qu’ils ont l’Époux avec eux, ils ne peuvent pas jeûner. Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors, ce jour-là, ils jeûneront. Personne ne raccommode un vieux vêtement avec une pièce d’étoffe neuve ; autrement le morceau neuf ajouté tire sur le vieux tissu et la déchirure s’agrandit. Ou encore, personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; car alors, le vin fera éclater les outres, et l’on perd à la fois le vin et les outres. À vin n...
  Fini ...   Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours ! Jésus disait : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé. Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ; mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé. Il y a des cadeaux qu’on reçoit et qu’on range quelque part. Une jolie boîte, un souvenir de vacances… et puis, au bout de quelques mois, on ne sait plus très bien où on l’a mis ! Il ne faudrait surtout pas que cela arrive avec la paix reçue pendan...