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Saints Simon et Jude

 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !

 En ces jours-là, Jésus s’en alla dans la montagne pour prier, et il passa toute la nuit à prier Dieu. Le jour venu, il appela ses disciples et en choisit douze auxquels il donna le nom d’Apôtres : Simon, auquel il donna le nom de Pierre, André son frère, Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques fils d’Alphée, Simon appelé le Zélote, Jude fils de Jacques, et Judas Iscariote, qui devint un traître. Jésus descendit de la montagne avec eux et s’arrêta sur un terrain plat. Il y avait là un grand nombre de ses disciples et une grande multitude de gens venus de toute la Judée, de Jérusalem, et du littoral de Tyr et de Sidon. Ils étaient venus l’entendre et se faire guérir de leurs maladies ; ceux qui étaient tourmentés par des esprits impurs retrouvaient la santé. Et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu’une force sortait de lui et les guérissait tous.

Quand il faut constituer une équipe, nous avons souvent le réflexe de choisir des personnes qui nous ressemblent. C’est plus confortable : on se comprend plus vite, on partage les mêmes idées et l’on risque moins de se disputer ! Mais une équipe où tout le monde pense exactement pareil finit peut-être par manquer d’imagination. Jésus, lui, ne semble pas avoir cherché la facilité. Avant de choisir les Douze, il passe toute la nuit en prière. Et parmi ceux qu’il appelle, il y a Simon, surnommé le Zélote, et Jude, dont nous connaissons finalement bien peu de choses. Simon paraît animé d’un attachement ardent à son peuple et à la Loi ; Matthieu, lui, avait été publicain, un métier mal considéré. Des sensibilités, des histoires et des tempéraments bien différents. Pourtant, Jésus les rassemble autour de lui.

Benoît XVI le soulignait lors d’une audience consacrée à ces deux apôtres : « Ce sont les personnes qui l’intéressent, pas les catégories sociales ou les étiquettes ! »* Voilà une bonne nouvelle pour notre Église : Jésus ne recrute pas des gens déjà parfaits, ni des personnes toutes faites sur le même modèle. Il appelle des hommes différents, avec leurs dons et leurs limites, et les unit par sa présence. Ouf !

Mais cette unité ne se construit pas toute seule. Paul nous dit que nous sommes « intégrés dans la construction qui a pour fondations les Apôtres et les prophètes », avec le Christ Jésus comme pierre angulaire. Une pierre angulaire ne remplace pas toutes les autres : elle leur permet de tenir ensemble. De même, l’unité chrétienne n’exige pas que nous ayons tous les mêmes goûts, les mêmes opinions ou les mêmes façons de faire. Elle demande que le Christ soit notre centre, celui qui nous apprend à nous accueillir et à dépasser nos oppositions.

Et regardons la suite de l’Évangile : Jésus descend de la montagne avec les Douze. Il ne les garde pas dans un cercle fermé, à l’abri des difficultés du monde. Une foule les attend, venue écouter et chercher la guérison. La prière conduit à la mission ; la communion conduit au service. L’Église ne se rassemble pas seulement pour vivre heureuse entre personnes qui s’entendent bien : elle est envoyée vers ceux qui ont besoin d’une parole, d’un secours ou d’une espérance.

Le psaume nous rappelle que les cieux proclament la gloire de Dieu, sans même avoir besoin de paroles. À notre tour, nous sommes appelés à faire entendre l’Évangile, non seulement par nos discours, mais par notre manière de vivre ensemble.

En cette fête de Simon et Jude, demandons au Seigneur de nous libérer de nos étiquettes et de nos réflexes de clan. Que nos différences ne deviennent pas des murs, mais des occasions d’apprendre les uns des autres. Et que notre communauté, fondée sur le Christ, soit assez fraternelle pour accueillir les personnes telles qu’elles sont et assez missionnaire pour aller vers celles qui attendent encore la guérison et la joie de l’Évangile.

* Audience générale du 11 octobre 2006.

Pour ton Église, fondée sur le témoignage des Apôtres et vivifiée par ton Esprit : qu’elle accueille la diversité des peuples, des cultures et des charismes, et qu’elle trouve dans le Christ sa véritable unité. Seigneur, nous te prions.

Pour les peuples divisés par les rivalités, les oppositions et les préjugés : que des hommes et des femmes de bonne volonté osent bâtir des ponts, écouter l’autre et travailler ensemble au service de la paix. Seigneur, nous te prions.

Pour ceux qui se sentent étrangers, différents ou rejetés : qu’ils trouvent dans nos communautés une maison où leur dignité est reconnue et où chacun peut apporter les dons qu’il a reçus. Seigneur, nous te prions.

Pour notre communauté : à l’exemple de Simon et Jude, apprends-nous à dépasser nos préférences et nos habitudes, afin que nous devenions une Église qui prie, qui accueille et qui se met au service de ceux qui souffrent. Seigneur, nous te prions.

Pour chacun de nous : que notre vie proclame ta gloire, même sans grands discours, par des gestes de fraternité, de réconciliation et de fidélité à l’Évangile. Seigneur, nous te prions.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...

Aujourd’hui, fais le premier pas vers une personne qui ne te ressemble pas ou avec laquelle tu as peu d’affinités

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