Samedi de la 26ème semaine du Temps de l'Église
« Ouf, j’ai enfin compris comment les choses fonctionnent. » Et puis il suffit parfois d’un événement imprévu, d’une personne qui nous déroute ou d’une épreuve qui arrive sans prévenir pour nous rappeler que nous ne maîtrisons pas grand-chose ! Job vient justement de faire cette expérience. Pendant des chapitres, il a cherché à comprendre : pourquoi cela m’arrive-t-il ? Où est Dieu ? Pourquoi le juste souffre-t-il ? Et aujourd’hui, il arrive au bout de son chemin : « Je reconnais que tu peux tout… J’ai parlé sans les comprendre, de merveilles qui me dépassent et que je ne connais pas. » Job ne reçoit pas toutes les réponses. Il reçoit quelque chose de plus important : il découvre que Dieu est plus grand que ses questions. Le pape François disait à propos de Job que Dieu ne lui donne pas une explication de toute sa souffrance, mais qu’il lui révèle « le mystère de sa tendresse ». C’est une différence importante. Dans la vie, nous voudrions souvent des explications. Dieu nous donne parfois une présence.
Et l’Évangile nous montre une autre forme de cette tentation de tout maîtriser. Les 72 reviennent tout joyeux : « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom ! » Ils ont réussi ! Ça marche ! Ils ont des résultats ! On pourrait presque imaginer leur compte rendu de mission : objectifs atteints, statistiques excellentes, satisfaction maximale ! Jésus ne les rabroue pas. Mais il déplace leur joie : « Ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous de ce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. » Autrement dit : ne fondez pas votre joie sur ce que vous réussissez pour Dieu, mais sur ce que Dieu est pour vous.
Cela change beaucoup de choses. Car nous aussi, nous pouvons mesurer notre vie à nos réussites : ce que nous avons construit, ce que nous avons accompli, ce que les autres pensent de nous. Et lorsque cela ne marche plus, que reste-t-il ? Jésus répond : il reste votre nom dans le cœur de Dieu.
Voilà pourquoi il peut dire ensuite : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! » La foi nous apprend à regarder autrement : non pas tout comprendre, mais reconnaître une présence ; non pas tout réussir, mais demeurer dans la confiance. Peut-être que cette journée nous demande simplement cela : cesser de vouloir tout maîtriser et recommencer à recevoir. Comme Job : « Maintenant mes yeux t’ont vu. » Et comme les disciples : Seigneur, je ne veux pas seulement me réjouir de ce que je fais pour toi. Je veux me réjouir de savoir que, avant même mes réussites et malgré mes échecs, tu me connais, tu m’aimes et mon nom est dans ton cœur.
Pour ceux qui cherchent des réponses à ce qui leur arrive : les personnes éprouvées, les familles blessées, ceux qui ne comprennent plus le sens de leur vie. Que Dieu leur donne des frères et des sœurs capables d’être présents sans chercher à tout expliquer. Seigneur, nous te prions.
Pour ceux qui connaissent aujourd’hui la réussite : qu’ils sachent recevoir leurs succès avec gratitude, sans oublier que tout don reçu est aussi une responsabilité envers les autres. Seigneur, nous te prions.
Pour ceux qui connaissent l’échec ou le découragement : qu’ils ne mesurent jamais leur valeur à leurs résultats, mais découvrent qu’ils sont aimés de Dieu avant toute chose. Seigneur, nous te prions.
Pour chacun de nous : apprends-nous à te faire confiance lorsque nous ne comprenons pas, et à trouver notre joie non seulement dans ce que nous accomplissons, mais dans la certitude d’être connus et aimés de toi. Seigneur, nous te prions.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...
Commentaires
Enregistrer un commentaire