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Samedi de la 26ème semaine du Temps de l'Église

 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !

 En ce temps-là, les 72 disciples que Jésus avait envoyés revinrent tout joyeux, en disant : « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom. » Jésus leur dit : « Je regardais Satan tomber du ciel comme l’éclair. Voici que je vous ai donné le pouvoir d’écraser serpents et scorpions, et sur toute la puissance de l’Ennemi : absolument rien ne pourra vous nuire. Toutefois, ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. » À l’heure même, Jésus exulta de joie sous l’action de l’Esprit Saint, et il dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance. Tout m’a été remis par mon Père. Personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père ; et personne ne connaît qui est le Père, sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler. » Puis il se tourna vers ses disciples et leur dit en particulier : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! Car, je vous le déclare : beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous-mêmes voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu. »

« Ouf, j’ai enfin compris comment les choses fonctionnent. » Et puis il suffit parfois d’un événement imprévu, d’une personne qui nous déroute ou d’une épreuve qui arrive sans prévenir pour nous rappeler que nous ne maîtrisons pas grand-chose ! Job vient justement de faire cette expérience. Pendant des chapitres, il a cherché à comprendre : pourquoi cela m’arrive-t-il ? Où est Dieu ? Pourquoi le juste souffre-t-il ? Et aujourd’hui, il arrive au bout de son chemin : « Je reconnais que tu peux tout… J’ai parlé sans les comprendre, de merveilles qui me dépassent et que je ne connais pas. » Job ne reçoit pas toutes les réponses. Il reçoit quelque chose de plus important : il découvre que Dieu est plus grand que ses questions. Le pape François disait à propos de Job que Dieu ne lui donne pas une explication de toute sa souffrance, mais qu’il lui révèle « le mystère de sa tendresse ». C’est une différence importante. Dans la vie, nous voudrions souvent des explications. Dieu nous donne parfois une présence.

Et l’Évangile nous montre une autre forme de cette tentation de tout maîtriser. Les 72 reviennent tout joyeux : « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom ! » Ils ont réussi ! Ça marche ! Ils ont des résultats ! On pourrait presque imaginer leur compte rendu de mission : objectifs atteints, statistiques excellentes, satisfaction maximale ! Jésus ne les rabroue pas. Mais il déplace leur joie : « Ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous de ce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. » Autrement dit : ne fondez pas votre joie sur ce que vous réussissez pour Dieu, mais sur ce que Dieu est pour vous.

Cela change beaucoup de choses. Car nous aussi, nous pouvons mesurer notre vie à nos réussites : ce que nous avons construit, ce que nous avons accompli, ce que les autres pensent de nous. Et lorsque cela ne marche plus, que reste-t-il ? Jésus répond : il reste votre nom dans le cœur de Dieu.

Voilà pourquoi il peut dire ensuite : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! » La foi nous apprend à regarder autrement : non pas tout comprendre, mais reconnaître une présence ; non pas tout réussir, mais demeurer dans la confiance. Peut-être que cette journée nous demande simplement cela : cesser de vouloir tout maîtriser et recommencer à recevoir. Comme Job : « Maintenant mes yeux t’ont vu. » Et comme les disciples : Seigneur, je ne veux pas seulement me réjouir de ce que je fais pour toi. Je veux me réjouir de savoir que, avant même mes réussites et malgré mes échecs, tu me connais, tu m’aimes et mon nom est dans ton cœur.

Pour l’Église : qu’au milieu de ses réussites comme de ses fragilités, elle mette sa confiance non dans ses propres forces, mais dans la fidélité de Dieu. Seigneur, nous te prions.

Pour ceux qui cherchent des réponses à ce qui leur arrive : les personnes éprouvées, les familles blessées, ceux qui ne comprennent plus le sens de leur vie. Que Dieu leur donne des frères et des sœurs capables d’être présents sans chercher à tout expliquer. Seigneur, nous te prions.

Pour ceux qui connaissent aujourd’hui la réussite : qu’ils sachent recevoir leurs succès avec gratitude, sans oublier que tout don reçu est aussi une responsabilité envers les autres. Seigneur, nous te prions.

Pour ceux qui connaissent l’échec ou le découragement : qu’ils ne mesurent jamais leur valeur à leurs résultats, mais découvrent qu’ils sont aimés de Dieu avant toute chose. Seigneur, nous te prions.

Pour chacun de nous : apprends-nous à te faire confiance lorsque nous ne comprenons pas, et à trouver notre joie non seulement dans ce que nous accomplissons, mais dans la certitude d’être connus et aimés de toi. Seigneur, nous te prions.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...

Aujourd’hui, lorsqu’une chose ne se passe pas comme prévu, au lieu de chercher immédiatement à comprendre, prendre une minute de silence et dire simplement : « Seigneur, je ne comprends pas tout, mais je te fais confiance. »




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