Accéder au contenu principal

 

Samedi de la 30ème semaine du Temps de l'Eglise

 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !

 Un jour de sabbat, Jésus était entré dans la maison d’un chef des pharisiens pour y prendre son repas, et ces derniers l’observaient. Jésus dit une parabole aux invités lorsqu’il remarqua comment ils choisissaient les premières places, et il leur dit : « Quand quelqu’un t’invite à des noces, ne va pas t’installer à la première place, de peur qu’il ait invité un autre plus considéré que toi. Alors, celui qui vous a invités, toi et lui, viendra te dire : “Cède-lui ta place” ; et, à ce moment, tu iras, plein de honte, prendre la dernière place. Au contraire, quand tu es invité, va te mettre à la dernière place. Alors, quand viendra celui qui t’a invité, il te dira : “Mon ami, avance plus haut”, et ce sera pour toi un honneur aux yeux de tous ceux qui seront à la table avec toi. En effet, quiconque s’élève sera abaissé ; et qui s’abaisse sera élevé. »

Les futurs mariés me disent souvent qu'une des choses les plus difficiles pour le jour de leur mariage, ce sont les places à table ... Qui sera à la table d’honneur ? Qui sera près de qui ? Et gare à celui qui découvre, en arrivant, qu’il est placé tout au fond alors qu’il se voyait déjà près des personnes importantes ! Nous sourions, mais cette petite comédie révèle quelque chose de profondément humain : nous aimons être reconnus, remarqués, considérés.

Jésus observe les invités qui choisissent les premières places et leur raconte une parabole. Il ne donne pas simplement un conseil de savoir-vivre pour éviter une humiliation publique. Il touche à une question plus profonde : pourquoi avons-nous tant besoin de nous placer au-dessus des autres ? Pourquoi notre valeur dépend-elle si souvent du regard qu’ils portent sur nous ? Le pape François le soulignait : « Cette course aux premières places fait mal à la communauté, tant civile qu’ecclésiale, parce qu’elle nuit à la fraternité. »* Si on recherche toujours la reconnaissance, l'autre finit par devenir un concurrent. 

Paul nous propose un tout autre regard. Il écrit depuis la prison et s’interroge sur la possibilité de mourir ou de continuer à vivre. « Pour moi, vivre c’est le Christ », affirme-t-il. Il pourrait désirer partir pour être auprès du Seigneur ; pourtant, il comprend que rester est nécessaire pour ses communautés. Il ne raisonne pas en fonction de ce qui lui apporterait le plus de prestige ou de satisfaction, mais de ce qui fera grandir la foi des autres. Epatant, non ?

Voilà une véritable humilité : non pas se mépriser, ni prétendre que nous ne valons rien. Ca, c'est du mésérabilisme ... Non, la vraie humilité, c'est de ne plus avoir besoin d’être au centre pour trouver notre joie. Paul sait ce qu’il désire, mais il est prêt à demeurer là où l’amour le rend utile. Il découvre que sa vie prend son sens lorsqu’elle devient un don.

Le psaume exprime cette même orientation à travers une soif profonde : « Mon âme a soif de Dieu, le Dieu vivant. » Peut-être est-ce là que se trouve la racine de notre agitation. Nous cherchons parfois dans les honneurs, les compliments et les premières places ce que seul Dieu peut nous donner : la certitude que notre vie a du prix. Quand nous nous savons aimés de lui, nous pouvons laisser à d’autres la place d’honneur sans avoir l’impression de perdre la nôtre. J'ai un prix incroyable aux yeux de Dieu ...  C'est bien plus, que la première place aux élections !

Jésus nous dit de choisir la dernière place. Il ne nous invite pas à jouer les modestes pour être finalement remarqués et appelés plus haut ! Il nous apprend à vivre sans calculer sans cesse notre rang. Dans le Royaume, la vraie grandeur consiste à se recevoir de Dieu et à se rendre disponible aux autres.

Celui qui n’a plus besoin de gagner toutes les premières places devient enfin libre d’aimer. Et cette liberté-là est déjà une joie du Royaume.

* Angélus du 1er septembre 2019

Pour ton Église : qu’elle ne recherche ni les honneurs ni les premières places, mais qu’elle trouve sa joie à servir, à accueillir et à faire grandir chacun dans la foi. Seigneur, nous te prions.

Pour celles et ceux qui se sentent oubliés, méprisés ou relégués aux dernières places de la société : qu’ils rencontrent des frères et des sœurs capables de reconnaître leur dignité et de leur rendre confiance. Seigneur, nous te prions.

Pour les responsables de nos communautés, de nos associations et de nos pays : qu’ils recherchent non leur prestige personnel, mais le bien de ceux qui leur sont confiés, particulièrement les plus fragiles. Seigneur, nous te prions.

Pour notre communauté : délivre-nous de la rivalité et du besoin d’être toujours reconnus ; apprends-nous à nous réjouir des dons des autres et à servir sans calculer ce que nous recevrons en retour. Seigneur, nous te prions.

Pour chacun de nous : lorsque notre âme a soif de reconnaissance, ramène-nous à la source de ton amour ; donne-nous la liberté de laisser à d’autres la première place et la joie de contribuer à leur bonheur. Seigneur, nous te prions.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...

Aujourd’hui, laisse volontairement la première place à quelqu’un : dans une conversation, en mettant en valeur le travail d’un autre, en laissant quelqu’un être félicité ... 

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

  Mercredi de la 1ère semaine du Temps de l'Eglise   Mettons-nous en    présence de Dieu :   Dieu, viens à mon aide ;   Seigneur, à notre secours ! En ce temps-là, aussitôt sortis de la synagogue de Capharnaüm, Jésus et ses disciples allèrent, avec Jacques et Jean, dans la maison de Simon et d’André. Or, la belle-mère de Simon était au lit, elle avait de la fièvre. Aussitôt, on parla à Jésus de la malade. Jésus s’approcha, la saisit par la main et la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait. Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal ou possédés par des démons. La ville entière se pressait à la porte. Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies, et il expulsa beaucoup de démons ; il empêchait les démons de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était. Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube. Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il ...
  Lundi de la 2ème semaine du Temps de l'Eglise    Mettons-nous en    présence de Dieu :   Dieu, viens à mon aide ;   Seigneur, à notre secours ! En ce temps-là, comme les disciples de Jean le Baptiste et les pharisiens jeûnaient, on vint demander à Jésus : « Pourquoi, alors que les disciples de Jean et les disciples des pharisiens jeûnent, tes disciples ne jeûnent-ils pas ? » Jésus leur dit : « Les invités de la noce pourraient-ils jeûner, pendant que l’Époux est avec eux ? Tant qu’ils ont l’Époux avec eux, ils ne peuvent pas jeûner. Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors, ce jour-là, ils jeûneront. Personne ne raccommode un vieux vêtement avec une pièce d’étoffe neuve ; autrement le morceau neuf ajouté tire sur le vieux tissu et la déchirure s’agrandit. Ou encore, personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; car alors, le vin fera éclater les outres, et l’on perd à la fois le vin et les outres. À vin n...
  Fini ...   Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours ! Jésus disait : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé. Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ; mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé. Il y a des cadeaux qu’on reçoit et qu’on range quelque part. Une jolie boîte, un souvenir de vacances… et puis, au bout de quelques mois, on ne sait plus très bien où on l’a mis ! Il ne faudrait surtout pas que cela arrive avec la paix reçue pendan...