Vendredi de la 27ème semaine du Temps de l'Eglise
Certaines maisons sont directement identifiées comme habitées. Une lumière allumée, quelques chaussures dans l’entrée, une tasse oubliée sur la table… Et puis il y a ces maisons parfaitement rangées, impeccables, mais où l’on se demande presque : « Est-ce que quelqu’un vit vraiment ici ? » L’Évangile de ce matin nous parle justement d’une maison. Un homme a été délivré d’un esprit mauvais. Sa maison est « balayée et bien rangée ». Tout semble aller mieux. Mais Jésus ajoute quelque chose d’étonnant : l’esprit revient et trouve la maison vide. Alors il revient avec d’autres esprits, plus mauvais encore.
Pourquoi Jésus nous dit-il cela ? Parce que le mal ne consiste pas seulement à faire quelque chose de mauvais. Il peut aussi consister à laisser un vide. On se débarrasse d’une mauvaise habitude, d’une colère, d’une addiction, d’une rancune… mais par quoi la remplace-t-on ? Car une vie simplement « nettoyée » ne suffit pas. Il faut encore qu’elle soit habitée.
Et c’est peut-être là que la première lecture rejoint magnifiquement l’Évangile. Paul rappelle aux Galates qu’ils ont commencé leur chemin avec Dieu par la foi. Et maintenant ils cherchent à tout accomplir par leurs propres forces. Comme si la vie chrétienne consistait à devenir suffisamment parfait pour que Dieu puisse enfin être content de nous ! Paul leur pose une question très simple : avez-vous commencé par l’Esprit pour finir par vos propres forces ?
Nous connaissons bien cette tentation. Nous voulons régler nos problèmes, nous corriger, devenir meilleurs… et même parfois nous réussissons à transformer la foi en programme de développement personnel ! Mais l’Évangile nous rappelle que le salut n’est pas d’abord une affaire de rangement intérieur. Ce n’est pas notre force qui chasse le mal : c’est la présence du Christ. Jésus parle de « l’homme plus fort » qui vient vaincre l’homme fort. Et le plus fort, c’est lui.
Le pape François, commentant précisément cet Évangile, insistait sur le discernement et la vigilance : il faut apprendre à reconnaître ce qui vient de Dieu et ce qui nous éloigne de lui. Alors la question n’est peut-être pas seulement : « De quoi dois-je me débarrasser ? » Mais : « Qu’est-ce qui habite aujourd’hui mon cœur ? »
La rancune ou le pardon ? La peur ou la confiance ? Le découragement ou l’espérance ? Le repli sur moi-même ou la présence du Christ ? La foi d’Abraham dont parle saint Paul n’est pas la foi d’un homme qui maîtrise tout. C’est la foi d’un homme qui fait confiance.
Peut-être qu’aujourd’hui, nous n’avons pas besoin de mettre toute notre vie en ordre. Peut-être avons-nous simplement besoin de laisser au Christ une vraie place. Car une maison peut être parfaitement rangée… et pourtant vide. Que notre cœur ne soit pas seulement débarrassé du mal : qu’il soit habité par Dieu.
Pour ceux qui sont enfermés dans une dépendance, une violence, une colère ou une souffrance intérieure : qu’ils rencontrent sur leur chemin une présence qui les aide à retrouver la liberté et l’espérance. Seigneur, nous te prions.
Pour les familles et les communautés divisées : là où les paroles ont blessé, là où les rancunes se sont installées, fais renaître le désir du pardon et de la réconciliation. Seigneur, nous te prions.
Pour chacun de nous : que nos cœurs ne soient jamais des maisons simplement nettoyées, mais des demeures ouvertes à ta présence, à ta Parole et à ton Esprit. Seigneur, nous te prions.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...
si tu as envie de critiquer quelqu’un, dis à la place une parole qui construit ;
si tu portes une rancune, prie une minute pour cette personne ;
si tu es découragé, prends deux minutes en silence devant Dieu ;
si tu t’es enfermé dans toi-même, envoie un message à quelqu’un qui pourrait avoir besoin de toi.

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