Accéder au contenu principal

 

         Vendredi de la 29ème semaine du Temps de l'Eglise

 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !

En ce temps-là, Jésus disait aux foules : « Quand vous voyez un nuage monter au couchant, vous dites aussitôt qu’il va pleuvoir, et c’est ce qui arrive. Et quand vous voyez souffler le vent du sud, vous dites qu’il fera une chaleur torride, et cela arrive. Hypocrites ! Vous savez interpréter l’aspect de la terre et du ciel ; mais ce moment-ci, pourquoi ne savez-vous pas l’interpréter ? Et pourquoi aussi ne jugez-vous pas par vous-mêmes ce qui est juste ? Ainsi, quand tu vas avec ton adversaire devant le magistrat, pendant que tu es en chemin mets tout en œuvre pour t’arranger avec lui, afin d’éviter qu’il ne te traîne devant le juge, que le juge ne te livre à l’huissier, et que l’huissier ne te jette en prison. Je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier centime. »

Nous consultons la météo avant de sortir : quelques nuages sur l’application, et nous prenons un parapluie ; un rayon de soleil annoncé, et nous changeons de veste. Nous savons assez bien lire les signes du ciel quand il s’agit de ne pas être trempés. Mais sommes-nous aussi attentifs aux signes qui nous entourent et qui concernent notre manière de vivre ensemble ?

C’est la question que Jésus pose à ses contemporains. Ils savent interpréter l’aspect du ciel, mais ne discernent pas ce qui se joue au moment présent. Ils regardent les nuages, mais ne voient pas l’urgence de la conversion. Nous pouvons faire pareil : commenter les événements du monde, analyser les crises, déplorer les divisions… sans nous demander ce que ces réalités nous appellent à changer, personnellement et concrètement.

Le pape François, méditant précisément sur cet Évangile, rappelait que « les temps changent et nous chrétiens devons changer continuellement », tout en demeurant solides dans la foi au Christ et dans la vérité de l’Évangile. Il invitait à faire silence, à observer, à réfléchir et à prier pour reconnaître ce que Dieu nous demande à travers les événements. Discerner les signes des temps, ce n’est donc pas jouer aux devinettes : c’est laisser l’Évangile éclairer notre manière d’habiter le monde.

Et Jésus poursuit avec cette image de l’homme qui se rend devant un juge. Il l’invite à chercher un accord avant qu’il ne soit trop tard. Voilà un signe très concret à discerner : les tensions qui s’installent, les conflits que nous laissons traîner, les paroles blessantes que nous ne réparons pas. Nous savons parfois très bien reconnaître les torts des autres, mais nous tardons à faire le premier pas vers la réconciliation. Jésus nous presse : pourquoi attendre que le conflit se durcisse ? Pourquoi remettre à demain une parole qui pourrait ouvrir un chemin ?

Saint Paul nous indique comment avancer : « En toute humilité et douceur, avec patience, supportez-vous les uns les autres avec amour. » Il ne dit pas que nous devons être tous semblables, ni que les désaccords vont disparaître. Il nous rappelle que nous appartenons à un seul Corps, que nous avons un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême. L’unité n’est pas l’uniformité ; elle est un don à accueillir et une tâche à vivre. Elle demande de renoncer parfois à avoir le dernier mot pour préserver ce qui nous unit.

Le psaume pose alors une question décisive : « Qui peut gravir la montagne du Seigneur ? » Celui qui a les mains innocentes et le cœur pur. La foi ne consiste donc pas seulement à regarder vers Dieu, mais à laisser notre manière de traiter les autres devenir le lieu où nous le rencontrons.

Aujourd’hui, le Seigneur nous invite à ouvrir les yeux sur les signes qui nous entourent et sur les conversions qu’ils rendent nécessaires. Peut-être qu’un conflit attend un premier pas, qu’une habitude doit changer ou qu’une situation injuste demande notre attention. Ne nous contentons pas de prévoir le temps qu’il fera. Demandons à l’Esprit de nous apprendre à discerner le temps qu’il est venu de vivre : un temps pour écouter, pour nous réconcilier et pour faire grandir l’unité.

Pour ton Église : qu’à la lumière de l’Évangile, elle sache discerner les appels de notre temps, et qu’elle témoigne de l’unité non par l’uniformité, mais par l’accueil, l’humilité et la charité. Seigneur, nous te prions.

Pour les peuples divisés, les pays en guerre et les communautés déchirées par la haine : que des hommes et des femmes courageux sachent reconnaître l’heure du dialogue, chercher la justice et ouvrir des chemins de réconciliation. Seigneur, nous te prions.

Pour les personnes prisonnières d’un conflit, d’une rancune ou d’une parole qui a blessé : donne-leur la force de faire un premier pas, et place sur leur route des témoins capables d’écouter et de reconstruire la confiance. Seigneur, nous te prions.

Pour notre communauté : que nous ne nous contentions pas de déplorer ce qui nous sépare, mais que nous sachions discerner ce qui dépend de nous pour préserver l’unité et porter les fardeaux les uns des autres. Seigneur, nous te prions.

Pour chacun de nous : donne-nous des mains innocentes et un cœur disponible, afin que notre foi se traduise aujourd’hui par un geste de paix, de justice ou de réconciliation. Seigneur, nous te prions.


Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...

Aujourd’hui, ne laisse pas s’éterniser un petit conflit que tu pourrais contribuer à dénouer.

Commentaires

  1. Est-ce que le mot "hypocrite" à l'époque de Jésus a un sens différent qu'à notre époque?

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

  Mercredi de la 1ère semaine du Temps de l'Eglise   Mettons-nous en    présence de Dieu :   Dieu, viens à mon aide ;   Seigneur, à notre secours ! En ce temps-là, aussitôt sortis de la synagogue de Capharnaüm, Jésus et ses disciples allèrent, avec Jacques et Jean, dans la maison de Simon et d’André. Or, la belle-mère de Simon était au lit, elle avait de la fièvre. Aussitôt, on parla à Jésus de la malade. Jésus s’approcha, la saisit par la main et la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait. Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal ou possédés par des démons. La ville entière se pressait à la porte. Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies, et il expulsa beaucoup de démons ; il empêchait les démons de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était. Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube. Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il ...
  Lundi de la 2ème semaine du Temps de l'Eglise    Mettons-nous en    présence de Dieu :   Dieu, viens à mon aide ;   Seigneur, à notre secours ! En ce temps-là, comme les disciples de Jean le Baptiste et les pharisiens jeûnaient, on vint demander à Jésus : « Pourquoi, alors que les disciples de Jean et les disciples des pharisiens jeûnent, tes disciples ne jeûnent-ils pas ? » Jésus leur dit : « Les invités de la noce pourraient-ils jeûner, pendant que l’Époux est avec eux ? Tant qu’ils ont l’Époux avec eux, ils ne peuvent pas jeûner. Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors, ce jour-là, ils jeûneront. Personne ne raccommode un vieux vêtement avec une pièce d’étoffe neuve ; autrement le morceau neuf ajouté tire sur le vieux tissu et la déchirure s’agrandit. Ou encore, personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; car alors, le vin fera éclater les outres, et l’on perd à la fois le vin et les outres. À vin n...
  Fini ...   Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours ! Jésus disait : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé. Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ; mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé. Il y a des cadeaux qu’on reçoit et qu’on range quelque part. Une jolie boîte, un souvenir de vacances… et puis, au bout de quelques mois, on ne sait plus très bien où on l’a mis ! Il ne faudrait surtout pas que cela arrive avec la paix reçue pendan...