Accéder au contenu principal

 

Vendredi de la 30ème semaine du Temps de l'Eglise

 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !

 Un jour de sabbat, Jésus était entré dans la maison d’un chef des pharisiens pour y prendre son repas, et ces derniers l’observaient. Or voici qu’il y avait devant lui un homme atteint d’hydropisie. Prenant la parole, Jésus s’adressa aux docteurs de la Loi et aux pharisiens pour leur demander : « Est-il permis, oui ou non, de faire une guérison le jour du sabbat ? » Ils gardèrent le silence. Tenant alors le malade, Jésus le guérit et le laissa aller. Puis il leur dit : « Si l’un de vous a un fils ou un bœuf qui tombe dans un puits, ne va-t-il pas aussitôt l’en retirer, même le jour du sabbat ? » Et ils furent incapables de trouver une réponse.

Il y a des règlements qui ont été imaginés pour faciliter la vie, mais qui finissent parfois par la compliquer sérieusement. On a tous fait l'expérience d'appeler tel ou tel service : on vous explique très poliment que votre problème n’entre pas dans la bonne catégorie, et l’on vous renvoie vers un autre service ! Tout est parfaitement organisé, sauf qu’au bout du compte, personne ne vous aide.

N'est-ce pas un peu l'évangile d'aujourd'hui ? Jésus est invité à la table d’un chef des pharisiens, un jour de sabbat. On l’observe attentivement. Un homme atteint d’hydropisie se trouve devant lui, et Jésus pose une question simple : « Est-il permis, oui ou non, de faire une guérison le jour du sabbat ? » Silence général. Alors Jésus guérit cet homme et le renvoie libre. Le problème n’est pas que le sabbat soit inutile. C'est une excellent règle.  Elle rappelle que le temps est un don de Dieu, un temps pour se souvenir que l’homme ne vit pas seulement de travail et qu’il est appelé à entrer dans le repos de Dieu. Mais comment respecter le jour consacré au Seigneur tout en refusant de secourir celui qui souffre ? La règle, qui devrait protéger la vie, devient absurde lorsqu’on s’en sert pour justifier l’indifférence.

Le pape François distinguait deux chemins* : celui qui s’attache à la lettre en oubliant la justice et l’amour, et celui de la charité, qui conduit à un discernement plus juste. Jésus, disait-il, commence par s’approcher de l’homme et le prendre par la main. La vraie fidélité à Dieu passe par cette proximité avec celui qui a besoin de nous.

C’est exactement ce que Paul demande aux Philippiens : que leur amour « progresse de plus en plus dans la pleine connaissance et en toute clairvoyance ». L’amour chrétien n’est pas une gentillesse vague qui dirait toujours oui. Il apprend à discerner ce qui fait réellement grandir l’autre, ce qui est juste, ce qui libère. Et c'est plus facile de suivre une loi que de réfléchir à ce qui est bon pour l'autre ... Mais il ne suffit pas non plus d’avoir de bonnes intentions : il faut encore chercher comment le bien peut devenir concret. Le psaume nous invite à contempler les œuvres du Seigneur : sa justice demeure à jamais, et ses merveilles révèlent un Dieu de tendresse et de pitié. Il donne nourriture à ses fidèles. Voilà aussi l’esprit qui doit inspirer notre manière de vivre la foi : non pas une application froide des règles, mais une fidélité qui nourrit, soutient et relève la vie, en bref, qui remet debout, qui ressuscite.

Le Christ nous invite à une fidélité profonde : garder le cap de la vérité, mais laisser l’amour éclairer nos décisions. Car une règle qui oublie la personne peut enfermer ; l’amour, lui, cherche un chemin pour la remettre debout. Demandons cette grâce : que notre amour grandisse en discernement, et que notre discernement ne perde jamais la tendresse.

* méditation du 31 octobre 2014, consacrée précisément à Lc 14, 1-6 et au lien entre la loi, la justice et la charité.

Pour ton Église : que sa fidélité à ta Parole ne se réduise jamais à des règles appliquées sans discernement, mais qu’elle témoigne de ta justice et de ta miséricorde par une attention toujours renouvelée aux personnes. Seigneur, nous te prions.

Pour celles et ceux qui souffrent et qui se heurtent à l’indifférence, aux procédures ou aux portes fermées : suscite près d’eux des personnes capables de les écouter, de les prendre par la main et de leur ouvrir un chemin. Seigneur, nous te prions.

Pour les responsables politiques, les éducateurs et ceux qui exercent une autorité : donne-leur la sagesse de discerner le bien véritable, afin que les règles et les décisions servent la dignité humaine et la vie de tous. Seigneur, nous te prions.

Pour notre communauté : fais grandir notre amour en connaissance et en clairvoyance ; apprends-nous à dépasser nos habitudes lorsque la charité nous appelle à un geste nouveau. Seigneur, nous te prions.

Pour chacun de nous : délivre-nous de la facilité de juger et de l’indifférence qui se cache parfois derrière les principes ; donne-nous un cœur attentif aux besoins concrets de nos frères et sœurs. Seigneur, nous te prions.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...

Aujourd’hui, repère une situation où tu pourrais te réfugier derrière une règle, une habitude ou un « ce n’est pas mon problème ». Demande-toi si tu peux faire un pas de plus pour aider réellement la personne concernée.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

  Mercredi de la 1ère semaine du Temps de l'Eglise   Mettons-nous en    présence de Dieu :   Dieu, viens à mon aide ;   Seigneur, à notre secours ! En ce temps-là, aussitôt sortis de la synagogue de Capharnaüm, Jésus et ses disciples allèrent, avec Jacques et Jean, dans la maison de Simon et d’André. Or, la belle-mère de Simon était au lit, elle avait de la fièvre. Aussitôt, on parla à Jésus de la malade. Jésus s’approcha, la saisit par la main et la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait. Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal ou possédés par des démons. La ville entière se pressait à la porte. Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies, et il expulsa beaucoup de démons ; il empêchait les démons de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était. Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube. Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il ...
  Lundi de la 2ème semaine du Temps de l'Eglise    Mettons-nous en    présence de Dieu :   Dieu, viens à mon aide ;   Seigneur, à notre secours ! En ce temps-là, comme les disciples de Jean le Baptiste et les pharisiens jeûnaient, on vint demander à Jésus : « Pourquoi, alors que les disciples de Jean et les disciples des pharisiens jeûnent, tes disciples ne jeûnent-ils pas ? » Jésus leur dit : « Les invités de la noce pourraient-ils jeûner, pendant que l’Époux est avec eux ? Tant qu’ils ont l’Époux avec eux, ils ne peuvent pas jeûner. Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors, ce jour-là, ils jeûneront. Personne ne raccommode un vieux vêtement avec une pièce d’étoffe neuve ; autrement le morceau neuf ajouté tire sur le vieux tissu et la déchirure s’agrandit. Ou encore, personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; car alors, le vin fera éclater les outres, et l’on perd à la fois le vin et les outres. À vin n...
  Fini ...   Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours ! Jésus disait : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé. Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ; mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé. Il y a des cadeaux qu’on reçoit et qu’on range quelque part. Une jolie boîte, un souvenir de vacances… et puis, au bout de quelques mois, on ne sait plus très bien où on l’a mis ! Il ne faudrait surtout pas que cela arrive avec la paix reçue pendan...