32ème dimanche du Temps ordinaire A
Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !
Il suffit parfois de constater que la batterie de notre téléphone est presque vide pour que nous devenions nerveux. À 5 %, nous cherchons désespérément une prise, nous vérifions si quelqu'un n'aurait pas un chargeur. Nous avons horreur de tomber en panne au mauvais moment ! Mais prenons-nous autant de précautions pour entretenir ce qui fait vivre notre foi ? Jésus nous raconte l'histoire de dix jeunes filles qui attendent l'arrivée de l'époux. Toutes ont une lampe. Toutes s'endorment lorsque l'attente se prolonge. Mais cinq ont prévu une réserve d'huile, les autres non. Et lorsque l'époux arrive, il est trop tard pour aller en chercher.
Remarquons que les jeunes filles sages aussi se sont endormies. La vigilance dont parle Jésus n'est donc pas une agitation permanente, ni l'obligation de vivre dans la crainte d'une mauvaise surprise. Elle consiste à avoir pris soin de ce qui permet à notre lampe de rester allumée, même lorsque la nuit se prolonge. Mais quelle est cette huile ? Le pape François nous donne une réponse très concrète : « Pour cette rencontre, la lampe de la foi ne suffit pas, il faut aussi l'huile de la charité et des bonnes œuvres » (Angélus du 8 novembre 2020). Autrement dit, la foi ne peut pas rester une simple conviction ou une habitude religieuse. Elle doit devenir une manière de vivre : pardonner, partager, prendre soin, consoler, faire place à l'autre. Cette huile-là ne s'improvise pas au dernier moment. Elle se constitue jour après jour, dans les gestes ordinaires de l'amour.
La première lecture nous dit que la Sagesse se laisse trouver par ceux qui la cherchent et qu'elle vient à la rencontre de ceux qui la désirent. Dieu ne se cache donc pas pour nous mettre à l'épreuve : il vient au-devant de nous. Encore faut-il garder le désir de le rencontrer, ne pas laisser les préoccupations de chaque jour éteindre en nous cette attente.
Et saint Paul ajoute une parole particulièrement importante lorsque nous pensons à ceux qui nous ont quittés : « Ne soyez pas abattus comme les autres, qui n'ont pas d'espérance. » Il ne nous demande pas de ne pas pleurer. Le chrétien connaît le manque, l'absence, la douleur de la séparation. Mais il sait que la mort n'a pas le dernier mot. Ceux qui sont morts dans le Christ ne sont pas perdus : nous les confions à celui qui a traversé la mort et qui nous promet de nous rassembler auprès de lui.
Le psaume exprime cette attente comme une soif : « Mon âme a soif de toi, Seigneur, mon Dieu ! » Voilà peut-être la véritable réserve d'huile : entretenir en nous le désir de Dieu, cette confiance qui nous permet de traverser la nuit sans éteindre notre espérance.
Alors, ne remettons pas toujours à demain les gestes d'amour que nous pouvons poser aujourd'hui. N'attendons pas une occasion extraordinaire pour pardonner, visiter, partager ou dire à quelqu'un qu'il compte pour nous. Car attendre le Seigneur, ce n'est pas regarder le ciel en comptant les heures. C'est garder sa lampe allumée en faisant grandir, jour après jour, l'amour. Et lorsque viendra l'époux, nous découvrirons que toute cette huile patiemment recueillie était déjà une manière de vivre avec lui.
Pour les peuples éprouvés par la guerre, la violence et l'incertitude : que se lèvent des artisans de paix, que les ténèbres reculent et que demeure, au cœur des épreuves, une petite flamme d'espérance. Seigneur, nous te prions.
Pour celles et ceux qui veillent auprès des malades, des personnes âgées et des mourants : que leur présence fidèle soit une lampe dans la nuit ; donne-leur la tendresse qui console et la force de ne jamais abandonner ceux qui leur sont confiés. Seigneur, nous te prions.
Pour ceux qui pleurent un être cher, pour les familles marquées par l'absence et pour tous ceux qui ont peur de la mort : que la promesse de la résurrection éclaire leur chemin et qu'ils trouvent auprès de toi la consolation et la paix. Seigneur, nous te prions.
Pour notre communauté : apprends-nous à remplir chaque jour nos lampes de gestes de partage, de pardon et de fraternité ; que notre attente de ton Royaume nous rende plus attentifs à ceux qui croisent aujourd'hui notre route. Seigneur, nous te prions.
Pour chacun de nous : lorsque la nuit se prolonge et que la fatigue nous gagne, renouvelle en nous la soif de ta présence et garde nos cœurs tournés vers la joie de ta rencontre. Seigneur, nous te prions.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...

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