Saint Charles Borromée
Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !
Il nous est probablement déjà arrivé de nous inscrire à une activité avec enthousiasme, avant de découvrir, en lisant les conditions, tout ce que cela allait nous demander ! Nous aimons les belles promesses, mais nous sommes parfois moins enthousiastes lorsqu'il faut en payer le prix.
L'Évangile d'aujourd'hui ne cherche pas à nous vendre un christianisme facile. Jésus voit les foules qui marchent avec lui et leur adresse des paroles étonnamment exigeantes : le suivre suppose de préférer le Christ à ses attachements les plus légitimes, de porter sa croix et de renoncer à ce que l'on possède. Franchement, on ne peut pas dire que ce soit très engageant … Puis il raconte deux petites histoires : celle d'un homme qui veut construire une tour et celle d'un roi qui part en guerre. Tous deux doivent d'abord s'asseoir et réfléchir.
Jésus ne nous demande pas de le suivre sur un coup de tête, dans l'enthousiasme d'un moment. Il nous invite à mesurer ce que signifie réellement être son disciple. Et cette exigence ne consiste pas à mépriser sa famille, à rechercher la souffrance ou à tout abandonner par principe. Elle consiste à ne rien placer au-dessus de lui, pas même nos sécurités, nos habitudes ou notre besoin de tout maîtriser. Le Christ doit devenir le centre à partir duquel nous apprenons à aimer tout le reste.
Saint Charles Borromée a vécu ce choix. Issu d'une grande famille, promis aux honneurs et à une existence confortable, il aurait pu se contenter d'une carrière ecclésiastique brillante. Mais il a choisi de se donner entièrement au service de l'Église et de son peuple. Il a engagé une profonde réforme, en commençant par sa propre vie : prière, dépouillement, pénitence et disponibilité. Lors de la peste qui frappa Milan en 1576, il ne s'est pas protégé derrière sa dignité d'archevêque. Il est resté auprès des malades, des pauvres et des mourants, dépensant ses propres ressources pour les secourir.
Benoît XVI souligne que la réforme de Charles Borromée a commencé par sa conversion personnelle : il n'a pas attendu que les autres changent pour commencer lui-même. Voilà une leçon précieuse. Nous sommes parfois très habiles pour dresser la liste de ce qui devrait changer autour de nous, dans l'Église, dans la paroisse, dans notre famille ou dans la société. Mais acceptons-nous de commencer par nous-mêmes ?
Paul nous donne justement une clé : « C'est Dieu qui agit pour produire en vous la volonté et l'action, selon son projet bienveillant. » L'exigence de l'Évangile n'est donc pas une performance que nous devrions accomplir à la seule force de nos poignets. Sinon, on tombe dans le volontarisme et dans le burn out spirituel. Dieu nous donne la force de répondre à son appel. Il nous précède et travaille en nous.
Le psaume nous fait dire : « Le Seigneur est ma lumière et mon salut, de qui aurais-je crainte ? » Voilà ce qui permet de tout miser sur le Christ : non pas la certitude de ne rien perdre, mais la confiance de ne jamais perdre celui qui nous aime. Et ça, par contre, cela nous fait du bien !
À l'école de saint Charles, commençons par un petit renoncement, pas en tant que tel, nous ne sommes pas masochistes ; mais un petit renoncement qui ouvre un espace à l'amour. Car le véritable coût du disciple n'est pas de perdre sa vie : c'est de consentir à la donner. Ce que Jésus fera au soir du Jeudi-Saint …
Pour les pasteurs de ton peuple : qu’à l’exemple de saint Charles Borromée, ils gardent leurs lampes allumées dans la prière, leurs mains ouvertes au partage et leurs pas proches de ceux qui peinent sur la route. Seigneur, nous te prions.
Pour les hommes et les femmes éprouvés par la maladie, la solitude ou le dénuement : que, dans la nuit de leur détresse, se lèvent des frères et des sœurs pour leur apporter le pain, la présence et la tendresse dont ils ont besoin. Seigneur, nous te prions.
Pour ceux qui traversent des heures de choix et de renoncement : que ta lumière éclaire leurs chemins et que ta présence leur donne la force de préférer l’amour à la facilité, le don de soi à l’égoïsme. Seigneur, nous te prions.
Pour notre communauté : détache nos cœurs de ce qui les encombre ; apprends-nous à nous faire proches, à partager nos dons et à devenir, jour après jour, une demeure où ta bonté peut habiter. Seigneur, nous te prions.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...

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