Saint Willibrord
Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !
J’ai connu un paroissien qui vérifiait son compte bancaire, parfois plusieurs fois par jour. On ne sait jamais : une bonne nouvelle pourrait s'y cacher ! C'était souvent l'inverse, et le voilà qui devenait inquiet .... Il avait beau dire et redire que l'argent ne fait pas le bonheur, il lui accordait tout de même une place considérable dans ses préoccupations.
La Parole de Dieu nous invite aujourd'hui à changer de regard sur nos richesses. Paul écrit aux Philippiens alors qu'il vit la précarité : le portefeuille est bien plar. Il leur dit qu'il connaît l'abondance comme le dénuement, la faim comme les repas copieux. Et il affirme : « Je peux tout en celui qui me donne la force. » Il ne prétend pas que l'argent ne sert à rien, ni que les difficultés matérielles sont agréables. Il a simplement découvert que sa sécurité profonde ne dépend pas de ce qu'il possède, mais de Celui qui l'habite.
Dans l'Évangile, Jésus nous invite à faire un usage intelligent de l'argent : « Faites-vous des amis avec l'argent malhonnête. » Il ne nous encourage évidemment pas à la malhonnêteté ! C’était déjà le cas dans l’évangile d’hier. Il nous demande de comprendre que l'argent est un moyen et non une fin. Il peut construire des murs entre l'Amérique et le Mexique, nourrir notre égoïsme et nous enfermer dans la peur de manquer. Mais il peut aussi devenir un instrument de partage, de solidarité et de fraternité. Nous pouvons en faire un moyen de rejoindre les autres et de nous préparer un trésor qui ne passe pas. Et Jésus termine par une parole sans équivoque : « Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l'argent. » Le problème n'est pas d'avoir de l'argent, mais de lui appartenir, de lui laisser décider de nos choix et de prendre dans notre cœur la place qui revient à Dieu. Nous pouvons finir par en devenir esclave.
Saint Willibrord a vécu le contraire : la liberté. Né à la frontière de l'Écosse, formé dans les monastères d'Angleterre et d'Irlande, il a quitté sa terre natale avec onze compagnons pour annoncer l'Évangile aux peuples de Frise, au Nord des Pays-Bas. Il a fondé à Echternach un monastère qui devint un foyer de rayonnement missionnaire vers nos régions et bien au-delà. Les ressources qui lui furent confiées, il les a mises au service de cette mission. Dans son calendrier, au terme de sa vie, il avait inscrit cette magnifique formule : « In Dei nomine feliciter » — « Au nom de Dieu, avec bonheur ».
Le psaume nous donne le portrait de cet homme juste : « À pleines mains, il donne au pauvre. » Voilà une richesse qui ne diminue pas lorsqu'on la partage : celle d'un cœur généreux, enraciné dans la confiance en Dieu.
À l'exemple de saint Willibrord, apprenons à vivre au nom de Dieu et avec bonheur, en faisant de tout ce que nous recevons une occasion de servir et d'aimer.
Pour les peuples que divisent la convoitise et les inégalités : que les richesses de la terre deviennent un pain partagé ; que les mains qui possèdent s'ouvrent à celles qui sont vides, et que nul ne soit oublié au festin de la vie. Seigneur, nous te prions.
Pour les missionnaires, les témoins de l'Évangile et tous ceux qui quittent leurs sécurités pour servir leurs frères : que la force du Christ soutienne leurs pas et que leur générosité fasse lever des semences d'espérance. Seigneur, nous te prions.
Pour ceux qui connaissent le manque, l'insécurité ou la peur du lendemain : que ta providence les accompagne et qu'ils trouvent sur leur route des cœurs capables de partager leur pain et de porter avec eux le poids des jours. Seigneur, nous te prions.
Pour notre communauté : délivre-nous de l'attachement aux biens qui passent ; apprends-nous à donner à pleines mains, à vivre dans la confiance et à faire de nos richesses des instruments de communion. Seigneur, nous te prions.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...

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