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Samedi de la 3ème semaine de carême

 Mettons-nous en  présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ;  Seigneur, à notre secours !

En ce temps-là, à l’adresse de certains qui étaient convaincus d’être justes et qui méprisaient les autres, Jésus dit la parabole que voici : « Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L’un était pharisien, et l’autre, publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts). Le pharisien se tenait debout et priait en lui-même : “Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes – ils sont voleurs, injustes, adultères –, ou encore comme ce publicain. Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne.” Le publicain, lui, se tenait à distance et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : “Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis !” Je vous le déclare : quand ce dernier redescendit dans sa maison, c’est lui qui était devenu un homme juste, plutôt que l’autre. Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. »

Deux hommes, croyants tous les deux.  Deux hommes en prière au Temple comme tout bon juif doit le faire trois fois l’an.

Le premier a un bon début : il rend grâce à Dieu.  Mais, petit détail, il le fait debout.  C’est normal, c’est la manière de prier des Juifs, mais en faisant cela « il prend de la place » ; il se met presque à l’égal de Dieu.  S’il commence bien, cela tourne ensuite très mal.  Tout d’abord, il rend grâce pour lui.  A Dieu sans doute, mais pour lui.  De nouveau, il se fait Dieu.  Et enfin, il plonge dans la morale en disant que les autres, eux, ne sont pas bons.  Re-re-belote : de nouveau, il se présente comme l’égal de Dieu.  Et comme pour s’en convaincre, il parle et parle encore.

Le second est prostré et commence par une requête ; une requête face à sa condition : « prends pitié ».  C’est très court, sa prière.  Lui a compris qu’il n’était pas Dieu ; il ne se compare pas aux autres non plus.  La question n’est pas de savoir qui il est par rapport aux autres, mais qui il est face à Dieu.  Car s’il demande à Dieu de le prendre en pitié, c’est parce qu’il est convaincu que le Seigneur le prend en pitié, littéralement qu’il est ému dans ses entrailles.  Il se reconnaît homme pécheur devant Dieu, mais surtout il se reconnaît homme pécheur, infiniment aimé, devant Dieu.

Moralité : le premier qui était debout par lui-même reste dans l’état dans lequel il se trouvait ; le second, lui qui était prostré est désormais justifié, remis debout, ressuscité.  Vivre le carême sans aucun misérabilisme, c’est oser être prostré pour avoir la joie d’être remis debout.  Il ne s’agit pas de vouloir se prostrer, mais de reconnaître que nous ne pouvons pas nous ressusciter nous-mêmes et alors, alors seulement, goûter la joie de l’Evangile.

Par toi, Jésus Sauveur, l’aveugle a vu la lumière ; dévoile à nos yeux ta présence.

R/ Toi, notre ami, exauce-nous !

Tu as délié la langue du muet,
apprends-nous à célébrer ta louange.

Tu as ouvert les oreilles du sourd,
garde-nous attentifs à ta parole.

Tu as guéri le paralytique,
donne-nous de courir dans la voie de ton amour,

Tu as fait sortir Lazare de son tombeau,
ramène à la vie ceux que le péché retient dans la mort.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …

Les catéchumènes vivent les scrutins en ces dimanches de Carême. S’il y en a dans ma paroisse, je pourrai les entourer de ma prière et leur offrir une croix, par exemple.

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