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Jeudi après l'Épiphanie 

 Mettons-nous en  présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ;  Seigneur, à notre secours !

En ce temps-là, lorsque Jésus, dans la puissance de l’Esprit, revint en Galilée, sa renommée se répandit dans toute la région. Il enseignait dans les synagogues, et tout le monde faisait son éloge. Il vint à Nazareth, où il avait été élevé. Selon son habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture. On lui remit le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit : L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur. Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui. Alors il se mit à leur dire : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. » Tous lui rendaient témoignage et s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche.

Saint Jean ne parle pas aujourd’hui de l’ordre d’aimer, mais de l’origine de notre capacité à aimer : « L’amour consiste en ceci : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés. »  Autrement dit, l’amour de Dieu n’est pas de l’ordre de la morale, c’est d’abord et avant tout une puissance intérieure qui transforme la vie. J’ai une ancienne paroissienne qui adore quand le pilote d’avion met les gaz à fond pour pouvoir décoller.  C’est de cet ordre-là  : Dieu met les gaz à fond pour nous faire décoller en nous sachant aimés.  
Saint Jean ose une affirmation forte : « Tout être qui est né de Dieu est victorieux du monde. » La foi n’est donc pas d’abord un sentiment ni une performance spirituelle, mais une naissance nouvelle, une manière différente d’habiter le monde. Pour un hospitalier, cela change profondément la perspective : le service n’est pas seulement un engagement généreux, il devient le signe visible d’une vie déjà touchée par l’amour de Dieu. Vous êtes, en un certain sens le signe des gaz à fond du Seigneur pour eux. On ne sert pas pour devenir fort, on sert parce que l’amour reçu nous rend capables d’avancer, de décoller.
Laisse-toi aimer : donc, non pas pour te reposer seulement, mais pour laisser cet amour devenir en toi une force tranquille, capable de traverser la fatigue, la routine, et même le découragement.

Dans l’Évangile, Jésus revient chez lui. Il lit la Parole, il annonce la Bonne Nouvelle… et il conclut : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture. » Ce mot aujourd’hui est fondamental. Pas seulement il y a 2.000 ans à Nazareth, pas déjà demain à Annecy, mais aujourd’hui à La Flatière. Dieu ne promet pas seulement pour demain : il se donne ici et maintenant. Mais cet aujourd’hui dérange. Car accueillir Jésus, ce n’est pas seulement admirer ses paroles, c’est accepter qu’il change notre manière de voir Dieu … et nous-mêmes.
Nazareth hésite. Et souvent, nous aussi : quand Dieu ne correspond pas à nos attentes, quand son amour est trop gratuit, quand il nous aime là où nous ne nous aimons pas encore.

Saint Jean est très clair : « L’amour parfait bannit la crainte. » Beaucoup de nos peurs spirituelles viennent de là : peur de ne pas être assez bons, peur de ne pas tenir dans la durée, peur de ne plus aimer comme avant. Mais la foi chrétienne n’est pas un examen à réussir. C’est une relation – rappelez-vous la première lettre de la Bible, le Bèth, la lettre de la relation -, une relation à accueillir.
À Lourdes, vous êtes souvent le visage de cet amour pour les malades. Mais Jésus vous dit aujourd’hui : « Avant d’être mon serviteur, sois mon bien-aimé. »

Finalement, Dieu nous aime déjà… même quand nous pensons devoir encore « faire nos preuves », Quelle expression horrible … C’est un soulagement : il n’a pas besoin de CV spirituel !

 Pour l’Église, afin qu’elle annonce avec clarté et douceur l’amour gratuit de Dieu pour tous. Seigneur, nous te prions.

Pour les hospitaliers de Lourdes, afin que leur service jaillisse d’un cœur nourri par la prière et la confiance. Seigneur, nous te prions.

Pour les malades, les personnes fragiles et découragées, afin qu’elles se sachent aimées et accompagnées dans leurs épreuves Seigneur, nous te prions.

Pour chacun de nous en retraite, afin que nous osions déposer nos résistances et accueillir pleinement l’amour de Dieu. Seigneur, nous te prions.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …


Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …

Aujourd’hui, prendre un temps gratuit avec Dieu, sans demande, sans action. Simplement lui dire dans le silence : « Seigneur, je me laisse aimer. » Et accueillir ce qui vient.

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