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Lundi après l'Épiphanie 

 Mettons-nous en  présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ;  Seigneur, à notre secours !

En ce temps-là, quand Jésus apprit l’arrestation de Jean le Baptiste, il se retira en Galilée. Il quitta Nazareth et vint habiter à Capharnaüm, ville située au bord de la mer de Galilée, dans les territoires de Zabulon et de Nephtali. C’était pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète Isaïe : Pays de Zabulon et pays de Nephtali, route de la mer et pays au-delà du Jourdain, Galilée des nations ! Le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu une grande lumière. Sur ceux qui habitaient dans le pays et l’ombre de la mort, une lumière s’est levée. À partir de ce moment, Jésus commença à proclamer : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. »
Jésus parcourait toute la Galilée ; il enseignait dans leurs synagogues, proclamait l’Évangile du Royaume, guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple. Sa renommée se répandit dans toute la Syrie. On lui amena tous ceux qui souffraient, atteints de maladies et de tourments de toutes sortes : possédés, épileptiques, paralysés. Et il les guérit. De grandes foules le suivirent, venues de la Galilée, de la Décapole, de Jérusalem, de la Judée, et de l’autre côté du Jourdain.

Après l’Épiphanie, on pourrait croire que tout est dit : les mages sont repartis, l’étoile s’est éclipsée, les cadeaux sont déballés… et Noël semble derrière nous. Et pourtant, l’Évangile d’aujourd’hui nous dit exactement le contraire : tout commence. Jésus commence sa vie publique. Il quitte Nazareth, change de lieu, change de rythme… Bref, comme beaucoup d’entre nous en début d’année : on déménage, on prend de nouvelles résolutions — avec plus ou moins de succès — mais surtout, on cherche un nouveau départ.

L’Évangile situe l’action en Galilée, terre mal vue, périphérie religieuse, région mélangée. Pas Jérusalem. Pas le Temple. Pas le centre. Dieu commence toujours par la périphérie. C’est une constante biblique : Dieu parle à Moïse dans un désert, il appelle David alors qu’il garde les moutons, il naît à Bethléem et commence sa mission en Galilée. Dieu ne nous attend pas idéalisés, mais réels. Il vient dans nos zones grises, nos compromis, nos lenteurs. La lumière ne méprise pas l’obscurité : elle la traverse.

Le premier mot public de Jésus est clair : « Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche. » La conversion biblique n’est pas d’abord morale, elle est relationnelle. Il ne dit pas : « Soyez parfaits », mais : « Tournez-vous vers Dieu, parce qu’il est là. » Saint Jean, dans la première lecture, insiste sur le discernement : tout esprit ne vient pas de Dieu. Autrement dit : tout ce qui nous traverse n’est pas forcément évangélique. Se convertir, c’est apprendre à reconnaître ce qui vient de Dieu et ce qui n’en vient pas : ce qui donne la paix ou ce qui enferme, ce qui ouvre ou ce qui durcit. Et soyons honnêtes : parfois, on préfère une petite obscurité confortable à une lumière qui dérange…

L’Évangile se termine par une série de guérisons. Là où Dieu règne : la vie reprend, les corps se relèvent, les cœurs respirent. La foi chrétienne n’est pas une idée à croire, mais une vie à recevoir. Et cette vie commence quand on accepte de se laisser toucher. Finalement, Jésus commence sa mission comme beaucoup d’entre nous commencent l’année : il change de lieu, annonce un programme simple… et surtout, il soigne les gens. Si toutes nos bonnes résolutions faisaient autant de bien, le monde irait déjà beaucoup mieux !

 Pour l’Église, afin qu’elle ose annoncer l’Évangile là où la foi semble fragile ou absente, et qu’elle demeure signe de lumière pour tous. Seigneur, nous t’en prions.

Pour les peuples qui vivent dans la violence, la guerre ou la peur, afin que la lumière du Christ éclaire leurs chemins de paix. Seigneur, nous t’en prions.

Pour ceux qui cherchent un sens à leur vie, qui doutent ou se sentent éloignés de Dieu, afin qu’ils découvrent que le Royaume est déjà tout proche. Seigneur, nous t’en prions.

Pour notre communauté, afin que notre foi ne soit pas seulement dite, mais vécue dans la charité, la vérité et le discernement. Seigneur, nous t’en prions.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …


Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …

Aujourd’hui, prendre un temps de discernement simple : se demander en fin de journée : « Qu’est-ce qui, aujourd’hui, m’a rapproché de Dieu ? Qu’est-ce qui m’en a éloigné ? » Et confier cela au Seigneur dans une courte prière.

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