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Mardi après l'Épiphanie 

 Mettons-nous en  présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ;  Seigneur, à notre secours !

En ce temps-là, Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de compassion envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les enseigner longuement. Déjà l’heure était avancée ; s’étant approchés de lui, ses disciples disaient : « L’endroit est désert et déjà l’heure est tardive. Renvoie-les : qu’ils aillent dans les campagnes et les villages des environs s’acheter de quoi manger. » Il leur répondit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Ils répliquent : « Irons-nous dépenser le salaire de deux cents journées pour acheter des pains et leur donner à manger ? » Jésus leur demande : « Combien de pains avez-vous ? Allez voir. » S’étant informés, ils lui disent : « Cinq, et deux poissons. » Il leur ordonna de les faire tous asseoir par groupes sur l’herbe verte. Ils se disposèrent par carrés de cent et de cinquante. Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction et rompit les pains ; il les donnait aux disciples pour qu’ils les distribuent à la foule. Il partagea aussi les deux poissons entre eux tous. Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés. Et l’on ramassa les morceaux de pain qui restaient, de quoi remplir douze paniers, ainsi que les restes des poissons. Ceux qui avaient mangé les pains étaient au nombre de cinq mille hommes.

Nous connaissons tous cette scène : on ouvre le frigo, on espère un miracle… et il n’y a presque rien. Dans l’Évangile d’aujourd’hui, les disciples vivent exactement cela : une foule immense, cinq pains, deux poissons… et une question silencieuse : « Seigneur, tu es sûr de ton calcul ? » Et pourtant, c’est là que Dieu aime commencer.

Saint Jean ne dit pas : Dieu aime parfois, ni même Dieu aime beaucoup. Il ose cette parole vertigineuse : « Dieu est amour ». Cela change tout. L’amour n’est pas seulement ce que Dieu fait, c’est ce qu’Il est. Avant même que nous cherchions Dieu, l’amour nous a précédés. Avant nos efforts, nos prières, nos engagements, il y a ce don premier : « Il nous a aimés le premier. »
Dans le temps de Noël, nous ne contemplons pas un Dieu lointain, mais un Dieu qui se donne, qui se rend vulnérable, qui entre dans notre histoire. La foi chrétienne ne commence pas par un devoir, mais par un accueil.

Dans l’Évangile, Jésus voit la foule et il est saisi de compassion. Ce mot est fort : il signifie littéralement « être bouleversé jusque dans les entrailles ». Avant de nourrir les corps, Jésus nourrit les cœurs :
il enseigne, il prend du temps, il ne renvoie personne. Puis il pose un geste étonnant : il demande aux disciples de donner eux-mêmes à manger. Dieu ne remplace pas l’homme, il l’associe. Le miracle passe par la pauvreté offerte : cinq pains, deux poissons… et une confiance un peu tremblante. Dieu ne multiplie pas ce que nous gardons, il multiplie ce que nous remettons.

Le psaume annonce un roi qui prend soin des pauvres, qui rend justice, qui apporte la paix. Ce roi, nous le reconnaissons en Jésus. Après l’Épiphanie, la lumière ne s’éteint pas : elle se diffuse. Chaque geste de partage, chaque Eucharistie, chaque pain rompu prolonge la manifestation de Dieu au monde. Et soyons honnêtes : les disciples n’étaient pas prêts, les comptes ne tombaient pas juste, mais Dieu n’attend pas que tout soit parfait pour agir. Les disciples ont fait un inventaire très précis… Jésus, lui, a fait confiance. Comme quoi, même sans Excel, le Royaume avance !

 Pour l’Église, afin qu’elle soit signe vivant de l’amour premier de Dieu, attentive aux foules d’aujourd’hui, affamées de sens et de paix. Seigneur, nous te prions.

Pour les responsables des nations, afin qu’ils aient le souci des plus pauvres et travaillent à une justice qui nourrit vraiment la vie des peuples. Seigneur, nous te prions.

Pour celles et ceux qui manquent du nécessaire, nourriture, affection ou espérance, que la solidarité humaine et la compassion chrétienne leur ouvrent un avenir. Seigneur, nous te prions.

Pour notre communauté, afin que nous sachions offrir humblement ce que nous avons, convaincus que Dieu peut le transformer en bénédiction pour beaucoup. Seigneur, nous te prions.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …


Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …

Offrir quelque chose de simple aujourd’hui : un temps, une écoute, un service, un partage matériel, même modeste. Le remettre à Dieu avec cette prière : « Seigneur, multiplie ce que je t’offre. »

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