Samedi après l'Épiphanie
Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !
En ce temps-là, Jésus se rendit en Judée, ainsi que ses disciples ; il y séjourna avec eux, et il baptisait. Jean, quant à lui, baptisait à Aïnone, près de Salim, où l’eau était abondante. On venait là pour se faire baptiser. En effet, Jean n’avait pas encore été mis en prison. Or, il y eut une discussion entre les disciples de Jean et un Juif au sujet des bains de purification. Ils allèrent trouver Jean et lui dirent : « Rabbi, celui qui était avec toi de l’autre côté du Jourdain, celui à qui tu as rendu témoignage, le voilà qui baptise, et tous vont à lui ! » Jean répondit : « Un homme ne peut rien s’attribuer, sinon ce qui lui est donné du Ciel. Vous-mêmes pouvez témoigner que j’ai dit : Moi, je ne suis pas le Christ, mais j’ai été envoyé devant lui. Celui à qui l’épouse appartient, c’est l’époux ; quant à l’ami de l’époux, il se tient là, il entend la voix de l’époux, et il en est tout joyeux. Telle est ma joie : elle est parfaite. Lui, il faut qu’il grandisse ; et moi, que je diminue. »
Quand on est hospitalier, on apprend vite une chose : on est souvent au premier plan, ne fût-ce que parce qu’on est debout, alors qu’ils sont assis ou couchés … on est au premier rang, mais sans jamais être la vedette. On pousse un fauteuil, on tient une main, on rassure et si tout va bien, on disparaît. Quand il n’a pas ou plus besoin de moi, je m’efface. Finalement, Jean-Baptiste aurait fait un excellent hospitalier.
Saint Jean affirme : « Nous avons auprès de Dieu cette assurance : si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute. » Ce n’est pas une promesse magique. C’est la description d’une relation de confiance. Celui qui se sait aimé ose parler, ose demander, ose se confier. Dans le service à Lourdes, on entend beaucoup de demandes : certaines très concrètes, d’autres plus profondes. Mais l’Évangile nous rappelle que la première demande, c’est celle que nous adressons à Dieu pour nous-mêmes : « Seigneur, apprends-moi à recevoir ton amour, à avoir cette humilité de me laisser aimer. » On est parfois plus à l’aise pour demander une chaise roulante que pour demander la paix du cœur, que de demander d’être dépendant – mais amoureusement – du Seigneur !
Dans l’Évangile, Jean-Baptiste fait face à une situation délicate : Jésus attire les foules, et lui … un peu moins. Lui qui attirait les foules au désert et au bord du Jourdain commence à vivre la faillite. Et pourtant, aucune jalousie, aucune amertume. Il dit cette phrase lumineuse : « Il faut qu’il grandisse, et que moi, je diminue. » Ce n’est pas de l’effacement triste. C’est la joie de celui qui a trouvé sa place. Jean ne disparaît pas : il se réjouit. Dans la vie spirituelle comme dans le service, on ne se réalise pas en occupant le centre, mais en laissant le Christ y demeurer. Se laisser aimer, c’est accepter d’être quelconques, comme dit la nouvelle traduction de la fameuse parabole de ce qu’on appelait les serviteurs inutiles, mais de ne pas être indispensable. Il ne s’agit pas, dans la vie spirituelle de se concentrer, mais de se décentrer.
La première lettre de Jean se conclut par un appel très concret : « Gardez-vous des idoles. » Les idoles ne sont pas toujours en or. Ce n’est pas nécessairement l’argent, le pouvoir après les élections. Parfois, les doles sont très intelligentes et portent de beaux habits : l’efficacité, le dévouement, la reconnaissance… Même le service peut devenir une idole s’il nous empêche de nous laisser aimer. Le psaume 149 nous rappelle que la joie du peuple de Dieu ne vient pas de ses performances, mais de la présence du Seigneur au milieu de lui. L’amour de Dieu ne se mérite pas. Il se reçoit. C’est le trésor que cette retraite nous laisse : « laisse-toi aimer ». « Arrête de te comparer, arrête de te culpabiliser. Arrête de vouloir être compétent, à la hauteur. Arrête de ne pas oser être toi-même de peur d’être rabaissé. Rappelle-toi que le Seigneur te connaît bien mieux que toi ; il connaît les 6 maris de la Samaritaine que tu as ; il connaît ton effort impuissant pour tenter de le rejoindre avec tes 6 cruches d’eau de purification à Cana ; il peut compter tous tes asticots … mais il t’aime. Il te redit aujourd’hui : ‘je t’aime d’un amour éternel, j’ai écrit ton nom sur les paumes de ma main, tu es à jamais, pour l’éternité dans mon cœur ; je t’aime, je t’aimais et je t’aimerai.’ » Amen
Pour l’Église, afin qu’elle soit toujours signe d’humilité et de joie, laissant le Christ grandir en elle. Seigneur, nous te prions.
Pour les hospitaliers de Lourdes, afin qu’ils trouvent leur joie non dans ce qu’ils font, mais dans l’amour qu’ils reçoivent. Seigneur, nous te prions.
Pour ceux qui se sentent inutiles ou oubliés, afin qu’ils découvrent qu’ils ont une place unique dans le cœur de Dieu. Seigneur, nous te prions.
Pour chacun de nous en retraite, afin que nous apprenions à dire avec confiance : « Seigneur, que ta volonté soit faite. » Seigneur, nous te prions.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …

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