Samedi avant l'Épiphanie
Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !
Le lendemain, voyant Jésus venir vers lui, Jean le Baptiste déclara : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ; c’est de lui que j’ai dit : L’homme qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. Et moi, je ne le connaissais pas ; mais, si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour qu’il soit manifesté à Israël. » Alors Jean rendit ce témoignage : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui. Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : “Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint.” Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. »
Il y a des rencontres qui marquent une vie. Parfois, on croise quelqu’un et on se dit : « Celui-là, je m’en souviendrai. » Jean le Baptiste, lui, ne se contente pas de dire : « J’ai rencontré quelqu’un de bien. » Il dit : « Voici l’Agneau de Dieu. » Autrement dit : voici Celui qui donne sens à tout le reste.
Jean voit Jésus venir vers lui. Mais il ne se contente pas de regarder : il reconnaît. Et reconnaître, dans la Bible, ce n’est pas identifier extérieurement ; c’est confesser intérieurement. Jean ne dit pas : voici un prophète, voici un sage, voici un homme admirable. Il dit : « Voici l’Agneau de Dieu, celui qui enlève le péché du monde. » L’Agneau, c’est la figure du don, de la douceur, du sacrifice offert non par contrainte mais par amour. Dès le début de l’Évangile, tout est déjà là : le salut ne passera pas par la domination, mais par l’offrande de soi. La foi commence quand le regard se laisse convertir : voir Jésus non seulement comme un personnage du passé, mais comme Celui qui porte le poids du monde et de ma propre vie.
La première lettre de saint Jean nous conduit plus loin encore : « Voyez quel grand amour nous a donné le Père : nous sommes appelés enfants de Dieu – et nous le sommes. » Il ne s’agit pas d’un titre honorifique. Être enfant de Dieu, ce n’est pas un badge religieux, c’est une nouvelle manière d’exister. Jean est très clair : ce que nous sommes déjà dépasse ce que nous voyons encore. La vie chrétienne se situe dans cette tension : déjà sauvés, mais pas encore pleinement révélés. Et c’est là que réside une vraie liberté spirituelle : nous n’avons plus à construire notre valeur, nous avons à vivre à partir de l’amour reçu. La sainteté, dans ce texte, n’est pas une performance morale, mais la cohérence d’une vie qui demeure dans l’amour reçu.
Un mot revient sans cesse chez saint Jean : demeurer. Demeurer en Dieu, demeurer dans le Christ, demeurer dans l’amour. Demeurer, ce n’est pas s’installer confortablement ; c’est rester relié, branché à la source. Comme un téléphone sans batterie : il est magnifique… mais inutile s’il n’est pas connecté. Jean le Baptiste, lui, demeure dans sa mission : montrer le Christ et s’effacer. Il ne cherche pas à capter l’attention sur lui. Et c’est peut-être là une des formes les plus pures de la foi.
Jean le Baptiste aurait fait un très mauvais influenceur sur les réseaux : il passe son temps à dire : « Regardez l’autre, pas moi ! »
Pour l’Église, afin qu’elle désigne toujours le Christ comme Jean le Baptiste, non elle-même, mais Celui qui enlève le péché du monde. Seigneur, nous t’en prions.
Pour le monde blessé par la violence, la peur et les divisions, que l’Agneau de Dieu apporte réconciliation et paix véritable. Seigneur, nous t’en prions.
Pour ceux qui doutent de leur valeur ou de leur dignité, qu’ils découvrent qu’ils sont aimés et appelés enfants de Dieu. Seigneur, nous t’en prions.
Pour notre communauté, afin que notre vie quotidienne témoigne de l’amour reçu et partagé. Seigneur, nous t’en prions.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …

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