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Vendredi après l'Épiphanie 


 Mettons-nous en  présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ;  Seigneur, à notre secours !

Jésus était dans une ville quand survint un homme couvert de lèpre ; voyant Jésus, il tomba face contre terre et le supplia : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. » Jésus étendit la main et le toucha en disant : « Je le veux, sois purifié. » À l’instant même, la lèpre le quitta. Alors Jésus lui ordonna de ne le dire à personne : « Va plutôt te montrer au prêtre et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit ; ce sera pour tous un témoignage. » De plus en plus, on parlait de Jésus. De grandes foules accouraient pour l’entendre et se faire guérir de leurs maladies. Mais lui se retirait dans les endroits déserts, et il priait.

Quand on est hospitalier à Lourdes, on apprend très vite une règle tacite : on touche avec respect, avec délicatesse, avec pudeur. Mais dans l’Évangile d’aujourd’hui, Jésus fait exactement ce qu’il ne faudrait pas faire : il touche un lépreux. Un geste interdit. Un geste risqué. Un geste d’amour. Et si cette scène nous révélait quelque chose de fondamental sur Dieu… et sur nous ? La foi qui sauve n’est pas une idée, mais une relation

Saint Jean affirme aujourd’hui : « La victoire sur le monde, c’est notre foi. » Mais de quelle foi parle-t-il ? Pas d’une foi intellectuelle, ni d’un simple assentiment à des vérités. Il parle d’une foi vivante, enracinée dans une relation : croire que Jésus est le Fils de Dieu, et se laisser rejoindre par lui.
Pour beaucoup d’hospitaliers, la foi s’est construite dans l’action : on croit en servant. Mais l’Évangile nous rappelle que la foi commence autrement : elle commence quand on accepte d’être rejoint, regardé, touché. Croire, ce n’est pas d’abord tenir debout, c’est accepter que Dieu s’approche de nos fragilités.

Le cœur de l’Évangile est là : Jésus ne guérit pas à distance. Il touche. Ce contact dit une vérité bouleversante : rien, dans notre vie, ne dégoûte Dieu. Ni la maladie, ni la fatigue, ni les échecs, ni les lassitudes du service.
Le lépreux ose dire : « Si tu le veux, tu peux me purifier. » Il ne doute pas de la puissance de Jésus, il doute seulement de sa volonté. Et Jésus répond : « Je le veux. » Voilà peut-être la parole la plus libérante de toute la Bible.
Le lépreux tend la main… Jésus aussi. Preuve que Dieu n’a jamais été très à l’aise avec les distances de sécurité !

Après la guérison, Jésus se retire pour prier. Il ne cherche pas la réussite, ni la reconnaissance. Il retourne à la source. Saint Jean nous rappelle que la vie éternelle commence maintenant : « Vous avez la vie éternelle, vous qui croyez. »
Pour un hospitalier, c’est une invitation claire : le service n’est fécond que s’il est nourri par la relation au Christ. Sinon, même l’amour peut s’épuiser. Se laisser aimer, ce n’est pas s’arrêter de servir. C’est permettre à Dieu de refaire nos forces à la source.

 Pour l’Église, afin qu’elle ose rejoindre les blessures du monde avec la compassion du Christ. Seigneur, nous te prions.

Pour les hospitaliers de Lourdes, afin que leur service soit toujours enraciné dans une relation vivante avec le Christ. Seigneur, nous te prions.

Pour les personnes malades, isolées ou blessées dans leur dignité, afin qu’elles fassent l’expérience d’un regard qui relève. Seigneur, nous te prions.

Pour chacun de nous en retraite, afin que nous acceptions de nous laisser toucher par l’amour de Dieu là où nous sommes fragiles. Seigneur, nous te prions.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …


Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …

Aujourd’hui, poser un geste de proximité vraie : un regard, une écoute, une présence silencieuse. Et intérieurement dire : « Seigneur, touche-moi comme je touche l’autre. »

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